[Chronique] POISON – Into The Abyss

Mike Elektrökuthör

Archéologue du Metal (Thrash Old School en particulier) à la recherche de la petite pépite méconnue ou mésestimée. Les 80's/90's regorgent de groupes comme ça et c'est mon devoir de les trouver, les écouter et partager mon avis sur ma découverte.
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Aaaaah ! POISON ! Qui ne connait pas ce groupe magnifique ? Mais si, cherchez bien. Les mecs qui ressemblaient à des nanas avec le maquillage, les permanentes, qui jouaient du Glam sur des instruments rose ou vert fluo et qui ont fait un carton en Amérique. Non ? Toujours pas ? Tant mieux parce que ce n’est pas de ces taties dont il est question ici!! Non, ce POISON là est allemand, porte des fringues crades, des chaînes, des cartouchières, des moustaches à rendre jaloux Emiliano Zapata, des clous et orne ses pochettes de croix renversées et tout le tralala. Ah oui, j’aillais oublier, ce POISON joue du Thrash/Death avec des relents Black par-ci par-là pour un rendu incroyablement homogène.

– C’est nul ton truc, il n’y a que 4 titres. C’est de l’arnaque !!

En effet, 4 titres ça peut sembler court. Sauf que quand tu regardes la durée du disque… bah il dure 32 minutes. Rien que ça. Et en général, des titres aussi long (entre 7 et 9 minutes chacun) c’est vite ennuyeux mais POISON réussi un sacré tour de force en proposant des chansons variées avec des changements de riffs et de rythmes quasi constant. On a droit à des moments presque épiques combinés à des passages frôlant le Doom, des solos dantesques et des parties Thrash ultra rapides (« Sphynx », « Alive (Undead) »). Comme je le disais plus haut, le Black Metal est à la fête lui aussi puisqu’on retrouve des éléments typiques du genre sur « Slave Of The Crucifix ». Comprenez riffing infernal et blast à 200km/h. 9 minutes 30 de violence avec un break tout en arpège, accompagné de respirations « zombiesques ». Malsain à souhait mais jouissif.
Souvent, on dit qu’il faut garder le meilleur pour la fin. Je crois que ça n’aura jamais été aussi vrai. « Yog Sothoth « est le titre le plus court (7 : 13 tout de même) mais le plus intense et le plus efficace. Riffs rapides, furieux mais avec un soupçon de mélodie et un zeste de technique. Tout pour plaire. Dans cet Enfer personnifié musicalement, les vocaux de Virgin Slaughter (haha) rendent la musique de POISON encore plus démoniaque.

En proposant une musique proche de HELLHAMMER et SODOM mais en version plus violente, POISON ouvre une sorte de brèche que beaucoup d’autres groupes prendront plus tard. On retrouve beaucoup d’éléments qui seront réutilisés dans le Black et le Death un peu plus tard. Volontairement ou non, POISON pose des bases essentielles aux 2 courants encore en gestation à l’époque. Simple hasard ou temps d’avance ?? Aucune idée…
« Into The Abyss » fut d’abord une démo sortie en 87 et rééditée en 93 sous la forme d’un album à part entière. Le reste de la discographie n’est composé que de démos et d’une compilation dont la qualité sonore ferait fuir du monde. De ce fait, « Into The Abyss », version 93, bénéficie d’un son plutôt « correct » si on regarde les productions précédentes.

Petite parenthèse : La disparition du groupe serait due à Roadrunner qui à l’époque leur avait proposé un contrat et une participation à un split avec d’autres groupes. Ce contrat interdisait au groupe de signer avec un autre label pendant 1 an avec la promesse d’un contrat plus avantageux à la clé. Mais au bout de 6 mois, POISON se serait séparé puisque Roadrunner a préféré garder VIOLENT FORCE et PARADOX. Un truc comme ça. Triste fin pour un groupe aussi prometteur

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