[Interview] ghUSa

Thorsten GRIMBERGEN
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417334_417629704964982_1342923105_nINTERVIEW ghUSa avec L. Chuck D.

par Thorsten GRIMBERGEN

 

 

 

Salut à tous, pour ma première interview avec Lords Of Chaos, j’ai le plaisir d’effectuer celle de ghUSa, groupe de Death Metal français formé par L. Chuck D. en 1989 et dont le double album intitulé 25 Years Of Death Metal est récemment sorti chez Great Dane Records.

    • Bonjour à toi Chuck, d’où vient le nom du groupe ? (j’ai cru voir dans le teaser de l’album la mention god hates US all)

Le patronyme de la formation est un acronyme comme tu le fais remarquer. Il s’agit bien de God Hates US All ce qui, dans un premier temps, pourrait faire penser à un titre de Slayer mais en remontant la chronologie du groupe tu vois bien que notre nom ne peut pas faire suite à ce titre. Au départ il s’agissait plus d’un jeu de mots entre le nom d’une ville du Népal et notre analyse athéïste du monde qui nous entourait. Depuis nous avons joué le jeu et bien souvent nous effectuons la reprise de Slayer sur scène que nous avons réorchéstrée en version Death Metal.

    • À l’origine, qu’est-ce qui t’ a donné envie de former ghUSa ?

En 1989 il était compliqué pour moi d’intégrer une formation existante, tout d’abord parce que j’étais fort jeune mais aussi par mon côté musical plus extrême. J’échangeais des cassettes au son plus qu’approximatif mais c’était, à l’époque, le seul moyen de faire des découvertes. Et puis j’ai adhéré au mouvement Death Metal naissant à un tel point que j’ai voulu m’intégrer à ce style en proposant ma propre version. J’ai donc acheté une guitare que j’ai maltraitée pendant des mois avant de pouvoir en sortir quelque chose de juste écoutable. L’étape suivante a été de chercher des musiciens en capacité de m’accompagner dans cette veine. Je me souviens parfaitement du premier line-up de la formation, j’avais un punk avec une crête d’environ 40 cm à la basse et mon meilleur ami derrière les fûts. Mon seul regret de cette époque est de n’avoir pu garder aucun souvenir d’enregistrement, comme tu t’en doutes tout était plus difficile techniquement parlant.

    • Quels sont les groupes qui t’ont influencé, ou inspiré ?

ghUSa est un groupe hommage à la scène Old School Suédoise des années 90. Je te dirais donc que nos principales influences sont à chercher du côté de : Dismember, Grave, Entombed, At The Gates, Unleashed, Carnage. Mais je suis heureux de voir que ces influences ne sont pas que les miennes et qu’aujourd’hui des formations comme Smothered, Desearted Fear ou encore Blood Mortized reprennent le flambeau. Dans tous les cas c’est l’approche du son typique qui fait le caractère de ghUSa et en cela je puis remercier Jipouille de St Loup pour la qualité du travail fourni sur notre dernière livraison.

    • Comment avez-vous effectué votre premier enregistrement ?

Notre tout premier enregistrement digne de ce nom date de 1994 sur la Promo Tape que tu retrouves dans le coffret « 25 Years of Death Metal ». Cette captation à eu lieu à Verdelot (77) dans le studio le plus improbable qui m’ait été donné de visiter. Non pas que les installations fussent à ce point désuètes mais parce que ce dernier se trouvait dans une ferme au milieu, heu, de nul part. Pour l’anecdote il fallait que nous passions dans le parc à oies pour aller nous soulager, ce qui à certains moments de la journée devenait une franche rigolade.

Mais à l’époque pas d’enregistreur numérique, non monsieur, nous avons tout fait sur bande avant de le transposer sur datasette afin d’en garder une copie stable. Je n’avais pas non plus accès à une cabine de prise pour le chant et j’ai chanté comme si nous étions en live avec la musique hurlante dans les enceintes et le micro à la main. Mis à part Kéké de Trepalium je ne vois personne qui enregistre encore comme cela aujourd’hui.

    • Abordes-tu toujours la composition de la même manière ?

Absolument pas. Je suis resté guitariste chanteur pendant plus de 20 ans, mais aujourd’hui la perte partielle de l’usage de ma main gauche m’empêche de jouer. Je ne puis donc plus composer de la même manière puisqu’ avant cela j’étais le compositeur unique de ghUSa. Aujourd’hui je passe par des logiciels de composition mais avant cela je m’entoure de musiciens en qui j’ai toute confiance. Ces derniers rédigent une trame plus ou moins avancée et j’y apporte la patte finale par l’intermédiaire d’une orchestration que je définis mais aussi par l’apport de chant qui peut complètement changer la finalité d’un morceau. Qui plus est nous travaillons à distance, ce qui aurait été impensable à l’époque de nos débuts. Comme quoi, en dehors du téléchargement, internet peut avoir du bon.

    • Quel souvenir gardes-tu de votre premier concert ?

J’ai un souvenir mitigé de notre première prestation. En premier lieu j’en garde une merveilleuse pensée juste parce que c’était la première fois que je m’exprimais devant un public, très éparse il faut bien le dire, mais lorsque j’analyse notre performance avec l’expérience je ne puis qu’en rire. Nous étions à quelque chose prêt, complètement ridicules et je me demande comment l’auditoire à pu prendre la chose. S’agissait-il pour eux d’un spectacle comique ou bien cette déferlante de haine non maîtrisée techniquement était un défouloir complet. Quand je repense à tout ce sang répandu ce soir là je pense que la deuxième hypothèse est la bonne. Comme quoi il y a des choses qui ne changent pas.

    • Comment s’est faite l’évolution du groupe depuis sa formation ?

De manière complètement naturelle. J’ai toujours pris toutes les décisions et ma musique a évolué en fonction de ma propre évolution. Ce qui me fait le plus plaisir aujourd’hui c’est que ce n’est plus le cas. De tous temps je n’ai eu qu’un seul et unique filtre le mien, c’est une période que j’ai beaucoup appréciée mais il était temps que je me retrouve moins seul à bord. Le simple fait de savoir que des gars comme Vince ou Heimdall sont avec moi dans tout ce que cela peut comporter dans le terme me ravit considérablement. Je n’ai jamais prétendu être un génie et les erreurs et les choix tronqués que j’ai pu faire lors de ma carrière démontrent qu’il vaut mieux être avec des musiciens moins reconnus mais probablement plus francs que ce que j’ai pu connaître. Nous sommes revenus plus forts que jamais. J’ai également compris que ma manière d’aborder les choses n’était pas forcément salvatrice pour le groupe. J’aime la musique et je ne suis dans ce milieu que pour cela. J’ai toujours eu du mal à considérer que nous puissions réfléchir de manière pragmatique ou commerciale. Mon évolution personnelle m’a démontrée que cette philosophie ne pouvait durer qu’un temps et sans partenariat tu ne diffuses pas ton œuvre.

    • Comment as-tu rencontré les membres qui t’accompagnent actuellement ?

Le hasard d’une promenade sur la toile. Le hasard d’une rencontre. Alors oui je les ai choisi un par un, mais il aura fallu aussi qu’ils acceptent. Tout ceux qui sont passés dans ghUSa m’ont aidé à le construire et je n’aurai jamais assez de mots pour les remercier, même si effectivement j’en ai remercié certains. Mais aucun d’entre eux ne mérite des propos disgracieux ou une opprobre. Je me souviens de ce qu’ils ont fait et du pourquoi ils l’ont fait. Sans eux je ne serais pas à tes côtés en train de répondre à cette interview. Des mouvements sont en cours dans le collectif qu’est devenu ghUSa alors je te dirai comment j’ai rencontré les « nouveaux » sans jamais dénigrer les anciens. Certains devraient en prendre exemple.

    • Quels sont les plans pour ghUSa l’année prochaine ?

2016 !

Je pense prendre ma retraite quelque part entre le 01er Janvier et le 31 Décembre.

Mais avant cela je vais enregistrer un album avec les musiciens de ghUSa. La composition est quasi terminée et nous en sommes au moment de la mise en place des maquettes. Suite à cela nous irons en studio pour capter l’essence même de nos existences, avant de repartir en promo puis de retourner sur les routes comme je le fais depuis ¼ de siècle pour rencontrer les fans de musique et partager un moment avec eux.

Et oublies ce que j’ai pu t’écrire en première partie car j’emmerde tout ceux qui se sont réjouis de l’avoir lu. Ok je suis vieux, mais encore trop jeune pour appréhender le mot retraite.

Merci pour cette interview et surtout n’oublies pas :

« God Hates US All ! »

Merci à vous d’avoir accordé de votre temps, et à bientôt je l’espère.

Crédit Photos : Raphael Bobillot, Phenix Galasso

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