[Chronique] UN AUTOMNE DE PLUS – 2010

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Déconcertant et minimaliste pourraient être les maîtres mots correspondant à Un automne de plus (UADP), si cela n’était pas aussi vrai que faux.

Cela fait quelques temps que j’ai cet album sous le coude, depuis que j’ai découvert le groupe en live en fait, et il m’a fallu un certain temps pour savoir comment je souhaitais en parler.

Plus qu’une chronique traditionnelle, il m’apparaît bien plus pertinent de présenter le projet que j’ai presque envie de qualifier d’humaniste.

UADP est un duo officiant dans un style de screamo hardcore, voire post metal, en fait nous sommes surtout dans le domaine d’une musique à la fois minimaliste et intense très singulière.

Un duo donc, qui a réussi à changer son line up entre sa création en 2010 et aujourd’hui, c’est déjà singulier noterez-vous.

Le projet UADP tourne autour de Romain, guitariste, chanteur, homme orchestre du sample, qui est le membre fondateur et Moon qui l’a rejoint derrière les fûts après deux autres batteurs si je ne me trompe pas.

Je disais donc que j’avais découvert ce groupe dans une micro salle parisienne, entre deux groupes de hardcore/ metalcore plus conventionnels et que la réaction du public fut tout à fait logique face à « la chose ». Pour tout dire nous sommes passés d’une quarantaine de personnes à une petite dizaine de gens comme moi qui sont restés scotchés à se demander s’ils devaient crier à l’escroquerie ou au génie.

C’est effectivement le trait majeur de la formation, être tout à fait singulière.

Pourquoi à l’escroquerie ?
Tout simplement parce que deux personnes sur scène qui proposent un produit complet doivent recourir à l’usage de samples ce qu’UADP fait massivement, Romain passant de longs moments à être d’avantage un ingé son qu’un guitariste ou un chanteur.
A l’escroquerie aussi car il fait un usage assez particulier de la guitare et de sa voix dans la mesure où ceux-ci ne sont utilisés que de manière intense et ponctuelle ou pas du tout, ou à peine rythmique.

Pourquoi au génie ?
Parce que ça marche, vous êtes aussi visuellement déconcertés par l’énorme présence et l’incroyable énergie de ce duo (on peut facilement penser au White Strippes des débuts dans le concept) que par la complexité de l’exercice d’exécution mais aussi de composition.
UADP utilise absolument tout ce qui peut lui passer par les mains de bribes de musiques de films, au son cacophonique d’une sirène à trois tons en passant par n’importe quel bruit de la vie.

Après ce concert j’ai d’ailleurs pris la peine d’échanger avec Moon, elle-même déconcertée par ce projet qu’elle a récemment rejoint puis plus tard avec Romain qui lui-même se demande s’il doit ou non ajouter quelque chose ou quelqu’un…

Vous pourrez trouver ça curieux, je trouve ça très intéressant tant j’ai l’habitude de groupes qui savent où ils veulent aller mais sont loin d’être sûrs d’y arriver alors que là nous avons un groupe qui est à l’absolu opposé de cette démarche.

UADP part d’une volonté de transmettre des impressions, des sentiments en utilisant des contrastes forts entre son coté screamo naturel et son coté ambiant artificiel, entre tout et rien.

C’est véritablement un concept « sensoriel » assez intéressant qui de fait ne peut s’adresser à tout le monde, pourtant je n’ai pas du tout envie de parler de quelque chose d’élitiste qui induirait une idée prétentieuse voire une notion de chiant.

Concernant l’album « 2010 » sorti fin 2013, (là vous abusez du déconcertant les UADP), à part vous dire qu’il contient sept titres qui représentent à merveille le concept décrit, vous donner un avis individuel sur chaque titre n’a pas vraiment de sens ni d’intérêt.

L’écouter vous donnera une petite idée de ce que ça donne (il est en téléchargement gratuit) mais sincèrement il ne vous démontrera pas ce qu’il y a derrière.

Si vous recherchez des expériences différentes, une manière d’aborder la musique avec une foule de minimalismes menant à une complexité d’ensemble allez les voir, jugez dans le vrai car c’est là tout l’intérêt.

Pour clore cette atypique chronique, je ne mettrai pas de note, le projet est trop personnel et surtout trop particulier pour cela, je peux mettre 0 parce que ça ne correspond à aucune référence ou 10 pour la même raison.

Quoi qu’il en soit, impossible de dire si ce projet doit coopter d’autres musiciens en son sein ou s’il doit rester un duo, impossible de dire s’il a vocation à être éphémère ou durable, ce qui est certain c’est que dans tous les cas de figure il ne peut laisser indifférent.

 

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