[Chronique] SLAYER – Repentless

Mike Elektrökuthör
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Dire que cet album était attendu comme le messie serait un euphémisme. Et tout a été fait pour nous mettre l’eau à la bouche. Interviews, extraits de l’album, révélation du nom et de la pochette et une date de sortie.
Je l’avoue clairement, l’annonce de ce disque me laissait froid. Plus de Hanneman pour écrire les morceaux. Un Gary Holt pour le remplacer, mais à qui on ne laisse pas la possibilité de participer à l’écriture. En plus, les nombreuses interviews de Kerry King, qui en plus avoue qu’il est le principal compositeur, laissaient présager le pire (critiques envers tout le monde, comportement de con). L’éviction de Lombardo par ce dernier, a fait grincer de nombreuses dents auprès de beaucoup de fans.  Heureusement qu’ils ont choisi de reprendre Bostaph car Dave nous faisait plus du pilotage automatique qu’autre chose sur les 2 dernières offrandes.
Bref, « Repentless » n’avait pas vu le jour, que je commençais déjà à affûter mes couteaux pour un taillage en pièces dans les règles de l’art. 14 ans sans un bon album, il n’y avait plus rien à espérer.

Pourtant… il y avait une rumeur qui courait de la part de gens qui ont pu y jeter une oreille un peu avant la sortie officielle. Une rumeur comme quoi ce disque ne serait pas si mal, pire, qu’il serait bien. Même certains magazines annonçaient « Repentless » comme le grand retour tant attendu de SLAYER. Cependant, je ne pouvais m’empêcher de continuer à lui en vouloir d’être ce qu’il était, un énième album des massacreurs. Une déception de plus et un autre album à ajouter sur mon tableau des « albums qui ne méritent pas d’exister ».

Puis lors de la sortie, je vais chez mon disquaire préféré pour acheter ce que certains appelaient déjà le Saint Graal. Et même le disquaire s’y mets à me dire que ce nouveau cru est de bonne facture et que SLAYER est de retour. On va bien voir, à nous 2.

Premier constat bien amer, SLAYER continu dans son concept de l’auto repompe qu’il avait lancé sur « World Painted Blood ». Comment ? Vous n’aviez pas remarqué que « Delusions Of Saviour » était copié sur le riff d’intro de « Cult » ? Que « Take Control » commençait comme « Supremist » ? Que « Piano Wire » débutait comme « Chemical Warfare » ? Et que « When The Stillness Comes » avait presque le même arpège que « 213 » ? Pfff… révisez votre SLAYER les gens !

Malgré ces petits désagréments, SLAYER propose quelque chose de nouveau et il était temps. Si le groupe est très souvent cité pour sa vélocité, ici il réussi un coup de mettre en misant plus sur la lourdeur que sur la vitesse. Du coup, on se retrouve avec pas mal de mid tempo comme « Vices », « Cast The First Stone » (le break est d’un classique mais ça tue), « Chasing Death », « Piano Wire » (composé par Hannemann et que je ne trouve exceptionnel soit dit en passant), « Pride In Prejudice » et « When The Stillness Comes » (dont le final est tellement frustrant, moi qui m’attendais à ce que ça parte bien comme il faut…).
Si je devais nommer 2 titres qui valent vraiment la peine, ça serait « Atrocity Vendor » grâce à son début bien Old School, ses solos astucieusement placés et d’une efficacité remarquable, et « You Against You » qui est mon coup de cœur de l’album. C’est du déjà entendu mais ça fait du bien dans les cages à miel. Tout est bon là dedans. Du grand SLAYER comme je n’en ai pas entendu depuis longtemps.

Sans être « L’album de l’année », ni « Le grand retour » de SLAYER, je dois reconnaitre que j’ai été agréablement surpris. Peut être parce que je m’attendais à une bouse totale. Au lieu de ça, on se retrouve avec 2 très bons titres (« Atrocity Vendor » et « You Against You »), 1 titre plutôt bon (« Repentless » qui me plait de plus en plus à force de l’entendre) et le reste est passable. Ce qui ne fait pas de ce disque un très bon album mais on est loin du ratage que j’attendais.
L’auto repompe et le manque d’originalité montre un groupe en perte de vitesse, qui se traîne mais qui parvient tout de même à redresser un peu la barre grâce à quelques bonnes idées par-ci par là. SLAYER signe là un album plus lourd et moins rapide que d’habitude et le résultat est plutôt acceptable mais on est loin de la période de gloire du groupe.

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