[Chronique] NITEHAWKS – Vendetta

Herbert Al West - Réanimateur Recalé
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Note : 8/10

Nouvelle livraison du label polonais Skol Records, spécialisé dans l’extraction de pépites oubliées issues de groupes old-school tirés des ombres de l’histoire du metal : Tygers of Pan Tang, Sad Iron, Jag Panzer, Sacred Steel, Quartz
Fervent adepte du revival touchant la scène heavy metal dite « classique », et tout particulièrement des sonorités et de l’approche si particulière des eighties, j’ai écouté cet album à la pochette digne du classicisme de ces années folles (et signée Noce), m’attendant à découvrir un groupe ancien dont j’ignorais tout et arraché des limbes du passé, chose à laquelle le label polonais nous avait jusqu’ici habitués.
Une fois l’album écouté, je me suis penché sur l’historique de ce groupe pour me rendre compte que je m’étais totalement fourvoyé ! Car oui, le style est clairement ancré dans le heavy traditionnel de cette période, orienté speed et power metal, mélange flamboyant de ce qu’ont pu proposer Accept ou Running Wild. Oui, le look des membres du groupe, joliment shooté en noir et blanc, nous ramène 30 ans en arrière. Mais les italiens de Nitehawks ne se sont formés qu’en 2015 et il ne leur aura fallu que peu de temps pour accoucher d’un premier album, sans passer par la case demo ou EP. C’est ainsi qu’est sorti, le 30 septembre 2015, un enfant au titre prometteur, Vendetta !
Alors, est-ce ainsi que l’on livre un travail digne de louanges, à une époque où le chemin se révèle souvent long et parsemé d’embûches avant de pouvoir sortir une première œuvre où le style est souvent loin d’être encore défini ? Peut-on encore faire de la musique avec l’insouciance et l’énergie de ces belles années où tout restait encore à composer ? Et bien, à en croire ce que mes oreilles ont entendu au fil des innombrables écoutes auxquelles elles se sont livrées, je peux vous dire que OUI, trois fois OUI, mille fois OUI !!!
Nitehawks fait partie de ce que l’on appelle aujourd’hui la New Wave of Traditional Heavy Metal, et peut d’ores et déjà s’inscrire en digne concurrent d’Enforcer, Steelwing ou Striker. Et pourtant, ces italiens étaient il y a peu quasiment inconnus. Franck Leone (basse) et Fabio Alessandrini (drums) ont joué au sein de Gengis Khan, ils ont justement tourné avec Enforcer, Skull Fist et Vanderbuyst en 2014. Le chanteur Franck Macri avait quant à lui, fait entendre son puissant timbre de voix dans un tribute band consacré à Dio (en compagnie de Fabio déjà). Quant au guitariste, Mike Petrone, au feeling et doigté pourtant remarquables, il était noyé dans l’anonymat le plus total.
Forts cependant d’une envie d’en découdre propre à ceux ayant encore le monde à conquérir, les italiens ont compensé leur jeune âge par une énergie et une maîtrise de leur art de nature à donner des complexes à bien des formations plus expérimentées.
Sous un format à l’ancienne, avec neuf titres courts et ramassés ne jouant jamais les rallonges inutiles ou les redites futiles, Nitehawks nous livre au travers de chaque morceau une leçon d’entrain emportant tout sur son passage. Les ingrédients de la recette sont pourtant simples mais relèvent d’un savoir-faire loin d’être à la portée de n’importe quel cuistot ! Le guitariste assure seul les rythmiques et soli comme un maître en la matière, pouvant sur certains morceaux mériter le titre de guitar-hero (ah, le soli du morceau Nitehawks, avec cette guitare accordée à l’ancienne !!!). Quant au chanteur, Franck Macri, on comprend aisément son passif tant sa voix puissante rappelle celle du grand Ronnie dans sa capacité à littéralement dévorer les morceaux, s’appropriant couplets et refrains comme savent aussi le faire Jorn Lande ou Nils Patrick Johansson. Lors de certains passages, on pense aussi à Bruce Dickinson, comme sur les envolées de Into The Wild ou du très réussi Blackout in Paradise, à l’entêtant refrain. Seule la batterie manque peut-être un peu de puissance et de personnalité, même si elle assure son rôle dans la rythmique de façon plus que correcte.
On passe du heavy costaud (Nitehawks, mon morceau favori !) au hard-rock bien groovy (Never Let You Go), chaque titre possédant une saveur particulière propre à combler nombre d’amoureux du genre. Les riffs sont redoutables, les refrains très efficaces, donnant envie de participer (hormis peut-être celui du premier morceau, Into The Wild, un peu trop simple et répétitif à mon goût, mais ce n’est qu’un avis personnel). Le tout reste homogène tout en proposant une étonnante variété, montrant bien que chaque membre du quatuor a donné du sien dans la conception de l’opus.
J’ai du coup comme une féroce envie de les découvrir sur scène, d’autant plus qu’ils rajoutent à leur encore modeste setlist, en fonction du temps accordé, des titres de Dio, Black Sabbath et Led Zeppelin.
Chose promise par le groupe, le prochain album fera l’objet d’un travail plus approfondi, moins précipité. Mais franchement, si vitesse et spontanéité suffisent à produire un aussi brillant résultat, qu’ils ne changent pas trop et entretiennent le feu ! M’est avis que Nitehawks pourrait bien dans un avenir proche occuper une place de choix dans la vague de la NWOTHM, quelque part tout en haut, là où l’écume rencontre le ciel !

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1 commentaire sur “[Chronique] NITEHAWKS – Vendetta”

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