[Chronique] My Name is Peck, Sean Peck… Part II – DEATH DEALER – Hallowed Ground

Herbert Al West - Réanimateur Recalé
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Après l’assaut des Stukas sur le painkilleresque Ancient Evil, de Cage, Sean Peck poursuit sa blitzkrieg musicale avec un appareil plus racé, plus gracieux sans oublier d’être redoutable. Death Dealer, si l’on reste dans l’imagerie Luftwaffe peut être considéré comme l’équivalent du Messerschmitt Bf 109, avec ses deux mitrailleuses MG 131, celle de gauche nommée Stu Marshall (Dungeon, Empire of Eden) et celle de droite incarnée par Ross « the Boss » Friedmann (le Manowar des débuts, ça vous dit quelque chose ?) ; lance-bombe ETC-250 sous le fuselage également connu sous le nom de Steve Bolognese (rien à voir avec la sauce… oui, je sais,… mais j’ai pas pu m’empêcher !) ; moteur Daimler-Benz DB 600, 12-cylindres en V inversé, vrombissant avec un son de basse terrible signé Mike Davies (Halford);  et un ace of aces aux commandes du bolide, Sean Peck  » himself ».

Il n’y a qu’à jeter un œil sur la pochette pour l’imaginer sur le fuselage du chasseur, image à même de terrifier l’ennemi tandis que le hurlement du canon retentit !

Premier all-star band rejoint par Sean en 2012, Death Dealer doit autant au heavy musclé des années 80 qu’au monde moderne dans lequel il est né. A vrai dire, en l’absence des technologies nouvelles, il n’aurait jamais existé. C’est via internet que Stu a débauché son idole de toujours, Ross Friedmann. C’est encore grâce à internet que les musiciens entrent dans leur processus de création, balayant la distance séparant la Californie, New-York et Sydney, et permettant d’un simple clic à Ross d’envoyer un riff à Stu, laissant le soin à ce dernier de lui apporter une réponse et de continuer la boucle en balançant le tout à Sean. Loin d’enlever toute spontanéité au travail accompli, cette méthode de travail, déjà testée sur le brillant premier opus, Warmaster, semble s’être affinée sur Halloweed Ground et livrer le meilleur des musiciens, gommant l’idée que ce projet n’était somme toute qu’un simple caprice de gratteux ou hasard du destin plus qu’un véritable groupe.

Alors on prend les mêmes ou presque – Rhino ayant cédé sa place derrière les fûts à Steve Bolognese, le mec qui sait comme nul autre faire monter la sauce !… ouais… je sais, elle était facile, mais en même temps c’est vrai… -, et on recommence avec ce petit plus qui fait que tout le monde se connait maintenant et a trouvé ses marques. Death Dealer, c’est du power speed baraqué, mêlant des influences saxonnes (Judas Priest, Iron Maiden), américaines (Manowar, bon, là, on s’en doutait un peu) aussi bien que teutonnes (Plan of Attack ou encore le féroce KILL et son speed Helloweenesque, admirable par la rythmique imposée par le batteur). Les riffs y sont notables, évidemment, redoutables d’efficacité, épais comme des muscles de brontosaure, mais les deux guitares se démarquent essentiellement dans le dialogue qu’elles nouent, ne cessant de se répondre sous forme de soli bien plus longs et marquants que chez CageStu et Ross se livrant avec malice à un duel sans fin au cours duquel jouteurs et auditeurs exultent d’un égal plaisir. Autant dire que ça shredde à tout va, dans une bonne humeur communicative encore plus palpable que sur le premier opus et ne cédant jamais la place à l’épate inutile. Les petites récrés acoustiques viennent aérer le tout, comme sur le superbe pont de Gunslinger, suivi du solo reprenant le thème si célèbre du western The Good, The Bad and The Ugly, signé Ennio Morricone (Metallica doit se demander pourquoi ils n’y ont pas pensé au lieu d’entamer leurs concerts par la reprise symphonique de l’autre thème du film, The Ecstasy of Gold), allant jusqu’au flamenco sur le court instrumental Llega el Diablo.

Si le côté bourrin de Cage vous a séduit, vous allez adorer les véloces et féroces Break the Silence (hit assez convenu mais rehaussé de jouissifs soli et d’un refrain strident fédérateur), Corruption of Blood avec son pré-refrain viril à vous gonfler biceps et pectoraux, Total Devastation et ses screams impressionnants. Et si vous êtes gourmet et recherchez plus de finesse qu’au sein du main band de Sean, vous allez également trouver votre bonheur, et plus encore, avec une belle part laissée aux mid-tempo, comme sur le très « Manowar » Way of the Gun, ou le pesant et menaçant U-666, sorte de mix entre Iced Earth pour la rythmique et Bruce Dickinson pour l’impressionnante maîtrise vocale d’un Sean en pleine possession de ses moyens, rappelant ici le style et les envolées du Air Raid Siren. L’influence de Judas Priest pèse ici d’un poids plus léger que chez Cage, et se révèle en tous cas plus diversifiée : certes, I am the Revolution aurait sans peine pu trouver sa place au sein de Painkiller, mais The Anthem, avec son thème plus léger (influence Ross « Manowar » the Boss) aurait parfaitement pu s’intégrer à l’album Ram It Down, tandis que Plan of Attack et ses exigences vocales (plus loin, encore plus loin, toujours plus loin) ramène à l’époque de Sin After Sin, lorsqu’Halford était poussé dans ses derniers retranchements.

Côté performances vocales, on s’arrêtera aussi sur Séance, avec une intro toute en émotion maîtrisée culminant sur un cri primal à vous arracher les oreilles. Le swashbuckler Skull and Crossbones s’avance quant à lui sur un terrain que maîtrise un autre grand vocaliste, Tim Ripper Owens, alternant voix claire et notes suraiguës, allant jusqu’à nous enchanter avec son funèbre chant de pirate allant vers sa potence.

La production est au diapason, réussissant l’exploit de mettre en avant guitares et voix sans pour autant mettre de côté la basse de Mike Davies, omniprésente et audible même dans les morceaux les plus costauds (écoutez I am The Revolution histoire de vous faire une idée !).

Avec ce deuxième album, Death Dealer s’impose comme un chêne colossal, fort de ses racines comme de l’air ambiant qu’il respire, devant tout à l’écart d’âge entre ses deux shredders ainsi qu’à la performance déconcertante d’un chanteur décidément en verve.

 Morceaux recommandés : …. TOUS !!!

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