[Chronique] HOLOCAUSTO – Campo De Etermínio

Mike Elektrökuthör
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Quand SLAYER a balancé « Angel Of Death » à la face du monde, beaucoup de gens se sont offusqués à l’idée qu’on puisse traiter d’un sujet aussi sensible que l’Holocauste de cette manière dans une chanson. On pensait surement tenir là le summum du mauvais gout.
En tout cas, ça aura influencé certains groupes qui utiliseront l’imagerie nazie à des fins provocatrices.

Retour au Brésil.

En cherchant, on peut tomber sur une photo d’Igor Cavalera portant un casque orné d’une croix gammée et en poussant bien on tombe sur des groupes qui utilisent vraiment l’image à outrance comme ESCOLA ALEMÃ avec ses pochettes faites à partir de photos d’archives, EXTERMINATOR  dont le seul et unique album possède une cover plus que douteuse et bien sûr HOLOCAUSTO avec, non seulement, la pochette sans équivoque et un look… des plus osés. Comprenez uniformes militaires, cartouchières et brassards nazis. Le groupe est aussi le dépositaire de la marque « War Metal ». Ah oui, j’allais oublier, des pseudos qui feraient hurler Manuel Valls.
Valério « Exterminator » (Guitare), Anderson « Guerillheiro » (Basse), Rodrigo « Führer » (Chant) et Armando « Nuclear Soldier » (Batterie). Et c’est d’eux qu’on va parler aujourd’hui.
De plus, le Allmusic considère HOLOCAUSTO comme étant « probablement le groupe  de Metal le plus polémique au Brésil ».

Formé en 85, HOLOCAUSTO pratique un Black-Thrash nerveux et haineux. C’est encore une fois Cogumelo qui permettra au groupe de sortir son premier album au titre évocateur « Campo De Extermínio ». Rien que là, tu sais que ça ne va pas rigoler.

L’album s’ouvre sur une intro mélangeant coup de feu, discours d’Hitler et foule qui acclame pour enchaîner avec le titre éponyme. Evidemment, le son est assez moisi, Cogumelo, ce n’est pas Roadrunner non plus. Au menu : Riffs mal exécutés par moment, rythmes mal maîtrisés, lignes de chant atroces mais avec une particularité qu’il est important de noter, c’est en portugais. Les textes ne volent pas haut non plus, nazis, 3ème Reich, extermination, camps de la mort blablabla…

Un album tout moche et ses défauts ne font rien pour l’aider et pourtant… ça envoie le pâté tout le long. Du premier au dernier titre, tout est fait pour faire headbanger l’auditeur. Rien que les morceaux « Campo de Extermínio », « Forças Terroristas », « Scória », « Facção Revolucionária Armada » et « Regimento Da Morte » valent leur pesant d’or et justifieraient l’achat du disque.
Le reste n’est pas forcément à jeter, loin de là, mais me transcende moins que les titres précités. Après ce n’est que mon avis personnel. Le plus dur me semble être de passer au-delà du son pourri (moins que sur « I.N.R.I. mais quand même) et de l’amateurisme qui jaillit de chaque morceau et qui s’entend lors de l’exécution de ces derniers. Les fans de Raw Black Metal cradingue auront surement l’impression d’entendre de la variété car il y a largement pire dans le domaine.

Si on est assez éloigné du chef d’œuvre, il faut reconnaître que par rapport à ses voisins d’EXTERMINATOR, HOLOCAUSTO reste une référence en matière de Black Thrash à l’image nazie. « Campo de Extermínio » est et restera d’ailleurs leur meilleur album. Après, le groupe va s’éparpiller en faisant du mauvais Thrash « Technique » pour finir sur du Crossover sans aucun intérêt.

PS : Je recommande fortement le titre « War Machine… Rommel » de la démo « Indiscriminata Attack Two » de ROMMEL donc, le break acoustique est de toute beauté.

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