[Chronique] HARDLINE – Human Nature

Herbert Al West - Réanimateur Recalé
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album_cover_hardline-hn-cover-hi_57c57932085b2Site Officiel

Dr Herbert a mené son enquête sur un sujet épineux et qui concerne tout le monde, et je ne parle pas de l’univers étriqué des fans de metal, non, je m’adresse carrément aux 7 433 046 393 personnes que compte la planète en ce 06 décembre 2016 !!! Car tous, à des degrés divers, nous sommes témoins et souffrons du réchauffement climatique : la banquise fond, les terres cèdent allègrement du terrain aux océans déchaînés, des cyclones et tempêtes ravagent des villes entières, les climats changent ! Et sur les épaules de qui pèse la faute ? Les usines des chinois et des ricains ? Les vaches qui pètent ? Les voitures qui polluent ? L’oeuvre cinématographique de Rocco Siffredi ? Que nenni ! Tout cela, c’est la faute à Gioeli ! Johnny Gioeli ! Le chanteur américain aux épaules et au torse de nageur professionnel qui commença véritablement ses méfaits en 1992, aidé de son frère Joey, au sein du groupe Hardline ! Hardline, le groupe qui n’eut pas de bol et accoucha d’un album exceptionnel, Double Eclipse, juste au moment où le hard rock agonisait sous les coups du grunge et d’autres styles plus bruts. Car comment ne pas résister au tubesque Hot Chérie, morceau qui a, chez l’une de mes consœurs, provoqué la « danse de la piche frétilleuse » (ouais, pour les détails, vous verrez avec elle, je préfère sinon laisser fonctionner votre imagination, moi, je me suis bien marré !).

Silence radio après ce que beaucoup croyaient être une mort clinique. Le bonhomme est depuis devenu LA voix d’Axel Rudi Pell (1998), et également, pour les fans du petit bonhomme Sonic (vous savez, le hérisson super dynamique de la saga Sega !), c’est aussi le comparse du guitariste Jun Senoue au sein de Crush 40 (ouais, allez voir, c’est assez étrange, un concept typiquement japonais, mais ça dure aussi depuis 1998 et ‘y a un paquet de fans qui connaissent les compos par cœur !!!). Voix puissante, chaude comme la braise et sensible comme le vent, le gaillard a du coffre et donne toujours l’impression d’en avoir encore sous la pédale ! Et quel sens de l’interprétation, du rythme. Un instrument à lui tout seul ! C’est bien simple, ce bonhomme, tu lui donnes l’annuaire à chanter, et il te tire des larmes ou te redonne la banane quand tu es au fond d’une déprime sévère, limite HP, gavé de Prozac et autres anxiolytiques. Ce mec-là, il devrait carrément être remboursé par la Sécu… ce qui serait d’ailleurs financièrement intéressant, tant ses diverses sorties sont devenues fréquentes (un ARP tous les deux ans, et un Hardline entre les deux, sans oublier Crush Truc !).

Côté Hardline, il aura fallu attendre dix ans et dix kilos de cheveux en moins pour qu’un successeur à Double Eclipse arrive. Et depuis voilà, nous en sommes déjà à la cinquième sortie. Tout s’est en fait accéléré en 2009, depuis qu’Hardline est devenu une valeur sûre pour le label Frontiers. Connaissant la tendance du label à créer, mélanger, calibrer, digérer, et faire que beaucoup de sorties restent des projets sans lendemain, on peut être sûr après quatre albums et un live sortis sous la même étiquette que le combo a trouvé son équilibre et un certain succès. Côté line-up, plus grand chose à voir avec le groupe d’origine. Seul Johnny est encore là, son frère ayant quitté l’aventure. Mais depuis, le compositeur et claviériste Alessandro Del Vecchio, l’une des pointures de chez Frontiers, est entré dans l’équipe, formant désormais avec Johnny le nouveau cœur du groupe depuis Danger Zone (2012).

Côté musique, on retrouve le hard-rock d’origine, lorgnant parfois vers Bon Jovi (Nobody’s Fool, Trapped In Muddy Waters) mâtiné de quelques sonorités à la Tesla (Nobody’s Fool). Mais le groupe n’a pas besoin de regarder chez le voisin pour faire de l’efficace, enfilant les hits en puissance comme d’autres des conquêtes d’un soir (Where Will We Go From Here, l’irrésistible Running On Empty, le superbe The World Is Falling Down), morceaux donnant tous irrésistiblement envie de reprendre la chansonnette sous le soleil, les bras ouverts en croix… ouais, c’est mieux comme ça, avec une caméra qui te filme en tournant autour de toi alors que le guitariste joue dans le fond son solo de la mort qui tue ! Quand les claviers prennent de l’ampleur, on verse dans l’AOR de grande classe, dans un style assez proche de Find Me (autre poulain de chez Frontiers), Where The North Wind Blows ayant des airs de Road to Nowhere. La guitare n’est pas en reste, Josh Ramos nous livrant des soli inspirés, tels celui, très Gary Moore dans l’âme, de Trapped In Muddy Waters, ou celui, plus torturé, d’In The Dead Of The Night. Et puis il y a les ballades, évidemment, avec la très classique mais néanmoins superbe Human Nature, débutant au piano et à la guitare sèche, forte d’un Johnny Gioeli propre à emballer un stade entier de groupies éperdues, qui va prendre son envol et conclure l’essai sur un break final montant, montant, et nous menant irrésistiblement à l’orgasme. Et le solo de guitare est là pour nous cueillir doucement, passionnément, quand la pression retombe et que l’on a soudain envie que tout recommence ! Il est fort le Johnny ! Déception par contre avec le beaucoup trop sirupeux Take You Home, morceau encore une fois bien interprété (mais comment pourrait-il en être autrement, je vous dis que le bonhomme est capable de faire pleurer en annonçant une hausse des impôts !) mais s’étirant inutilement sans savoir où aller. Petite faute de goût qui ne viendra pas entacher un album réussi de bout en bout et confirmant la bonne santé du second groupe du sieur Gioeli.

Et quand je vais vous dire que le bonhomme infatigable est sur le point de sortir un album solo… Cela portera le doux nom de Colorblind, se monte en crowdfunding, et c’est ici si vous voulez participer à cette nouvelle aventure !

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