[Chronique] EVILDEAD – Annihilation Of Civilization

Mike Elektrökuthör
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Après avoir quitté AGENT STEEL, Juan Garcia, talentueux guitariste, décide de former un nouveau groupe avec quelques anciens compagnons d’ABATTOIR.

EVILDEAD, comme le célèbre film de Sam Raimi avec Bruce Campbell, voit le jour en 87 et sort, 2 ans plus tard, « Annihilation Of Civilization ».
Fini de rire, EVILDEAD nous balance son Thrash made in Bay Area avec un message fort : La Fin Du Monde !! Rien que ça. Dans un esprit proche de NUCLEAR ASSAULT, le groupe nous informe des dangers à venir et qu’à cause de la pollution, les guerres qui pullulent à travers le monde, la consommation de masse, les virus mortels, le monde tel que nous le connaissons est voué à disparaître et nous avec !! Armageddon dans ta face !! BOOM !!
Toutes ces thématiques sont accompagnées de riffs tranchants, incisifs et techniques, soutenus par une section rythmique ultra rapide (Bien que le batteur, Rob Alaniz, semble parfois taper comme un autiste… je précise que je n’ai rien contre les autistes !) mais qui parvient toutefois à ralentir le tempo de façon astucieuse (« The Awakening », « Annihilation Of Civilization »). Les solos sont de grosses vagues déferlantes de notes enchainées à la vitesse de l’éclair, avec une précision plus que redoutable et démontrent tout le talent et le génie des musiciens. Les morceaux sont relativement variés, on alterne les accélérations (« Future Shock ») et les ralentissements (« Gone Shooting »), les breaks destructeurs et mélodiques, avec un magnifique passage acoustique sur « Holy Trials » accompagné d’un sublime solo avant de repartir de plus belle.
EVILDEAD envoie son Thrash haineux et balance tout ce qu’il a sur le cœur de façon à faire prendre conscience à l’auditeur dubitatif de ce qui l’entoure et que ce n’est vraiment pas beau à voir. Cette conviction rend la musique du groupe jouissive car le rendu semble plus qu’honnête et la démarche est bien plus qu’honorable. Si on ajoute à ça, une production bien claire, bien lisse mais qui reste dans le thème du style pratiqué, on a tous les ingrédients pour un très bon album de Thrash mais…

… en 89, faire du Thrash commence à devenir ringard, la horde venue de Floride semble s’approprier tous les fans qui recherchent des groupes plus extrêmes et c’est vers DEATH, MORBID ANGEL, CANNIBAL CORPSE, OBITUARY, TERRORIZER qu’ils se tournent désormais. Le Thrash de la Bay Area a déjà ses chefs de file avec TESTAMENT, FORBIDDEN, DEATH ANGEL et VIO-LENCE, du coup EVILDEAD fait figure de grand retardataire, ce qui l’empêchera de sortir du trou dans lequel il est destiné à rester. Comme quoi, on peut arriver avec les meilleures intentions du monde, du talent et une bonne démarche artistique, le fait d’arriver en retard fera que les meilleures parts du gâteau auront déjà été bouffées et qu’on vous aura laissé 2-3 miettes à grignoter. Dommage quand on voit le potentiel de groupe, il y aura bien un 2ème album en 91 mais ça ne sauvera pas les meubles…

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