[Chronique] DIARY OF DESTRUCTION – Dark Road To Recovery

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Je ne bouderai jamais mon plaisir de présenter de tels albums made in France.
Diary Of Destruction (DOD) est un groupe atypique qui officie dans un genre death metal légèrement « coré » ou disons plutôt actuel.
Le groupe aurait pu tout aussi bien s’appeler « Diary Of Perfection » ou « Diary Of The Queen Of Pig Squeal ».
Atypique, disais-je, de par la rapidité de progression affichée par le groupe mais aussi de par son art de construire un album.
Notons que DOD n’a pas perdu de temps : il sort sa première démo en 2009, un premier EP réussi l’année suivante et s’atèle à ce « Dark Road To Recovery » en 2012 qui verra le jour en avril 2013.
La tête de proue de ce navire qu’est DOD se nomme Audrey, elle utilise avec brio une voix claire, mesurée et en aucun cas opportuniste. Elle sert de contre poids à la seconde corde (vocale) de la demoiselle qui maîtrise un chant pig squeal très caractéristique.
Elle utilise ses deux voix sur des phrasés assez ambitieux où des erreurs de justesse ne pardonneraient pas.
Ne nous le cachons pas, avoir une vocaliste de cette qualité dans un groupe, sans faire de l’ombre aux autres musiciens, est un atout indéniable.
L’autre force de ce groupe réside justement dans son aptitude à construire des titres à la fois ultra mélodiques et rythmiquement déstructurés.
Le résultat pourrait déjà donner un bon album mais il se trouve que la formation est ambitieuse et a fait le choix de développer tout un album concept.
Je rappelle que nous parlons bien d’un premier album.
Plus qu’un titre, « Dark Road To Recovery » est surtout l’annonce du programme.
A titre exceptionnel, je vais détailler la liste des titres de cet album qui, évocateurs, vous racontent toute l’histoire développée dans ce concept :

– Dazzling Dark : c’est une intro inquiétante, interprétée tout en pig squeal ;
– Last Request : le groupe développe l’ensemble de son savoir-faire ;
– That’s It : un des titres centraux de l’album ;
– Working Through Pain : un titre à la fois plus agressif et résigné en même temps ;
– My Dull Soul: un titre “ballade” qui tourne mal ;
– All Begins By Treason : un interlude instrumental sombre ;
– Ask For Forgiveness : un titre plus sage ;
– Hope And Despair : un titre rapide, blasté et hargneux ;
– Two Years Again : un titre plus posé ;
– Rehab : un titre instrumental et dépouillé à la guitare acoustique ;
– Hit The Road : un titre assez fonceur ;
– I Shine : un final aérien tout en chant clair.

Tout un concept, comme je vous le disais, où les rythmiques sont non seulement très travaillées mais aussi parfaitement ciselées sur le propos des textes.
Le mixage et le mastering sont parfaits, il faut dire qu’ils sont l’œuvre de Jim Fogarty qui a largement fait ses preuves dans le domaine.

Il est extrêmement difficile de trouver des défauts à cet album. Peut-être pourra-t-on regretter de ne pas avoir plus d’envolées des guitares qui restent très contenues dans la base rythmique.
Peut-être pourra-t-on regretter un artwork un peu stéréotypé qui ne reflète pas vraiment son contenu.
Celui-ci a été réalisé par Mike D’Antonio (bassiste de Killswitch Engage), habitué des réalisations de pochettes (Hatebreed, Killswitch…). Si ces pochettes sont graphiquement bien réalisées elles ne sont pas nécessairement très personnalisées et pourraient être utilisées aussi bien par un groupe que par un autre. Je trouve que l’idée aurait pu être plus finement exploitée.

De toute évidence le groupe est à la hauteur de ses ambitions lors des prestations scéniques ; c’est une question que l’on peut légitimement se poser lorsqu’un groupe affiche un produit parfaitement masterisé avec autant de contraintes rythmiques et de variations vocales.

Je conclue donc très positivement sur cet incroyable produit pour un premier album auquel je pourrais attribuer la note de la perfection. Cela dit, il faut quelquefois savoir se montrer exigeant lorsque l’on sent que tout n’a pas encore été mis sur la table.

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