[Chronique] ATRUM TEMPESTAS – Néant

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atrum

Note : 7/10

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Un peu comme un effet de mode, « l’atmosphérique » ou le « post quelque chose » a le vent en poupe chez les groupes pratiquant le Metal Noir. Et ce n’est pas en France que l’on pourra affirmer le contraire. Mais si pour l’auditeur néophyte ces groupes peuvent à peu près tous se ressembler il faut bien reconnaitre que ce n’est plus le cas lorsque l’on se plonge plus profondément dans leurs compositions. ATRUM TEMPESTAS est souvent décrit comme un projet de Black Metal atmosphérique mais il faut bien reconnaitre que leur musique dépasse largement cette dénomination. Avec un nom et un 1er EP en latin (Ne Deus Crede – 2012) puis un 1er album avec titres en français on pourrait penser que le groupe est originaire de l’hexagone mais ATRUM TEMPESTAS est un duo composé des finlandais Perttunen et Kylmäaho qui se partagent voix et instruments.

Il est à noter que même si l’un des protagonistes (Perttunen) officie également au sein de CATAMENIA, on ne retrouvera rien en commun entre ces 2 groupes. ATRUM TEMPESTAS (orage sombre ou orage noir en latin) aime les contrastes, en atteste le nom de groupe versus la couleur dominante de la pochette et propose une musique plutôt complexe, pas évidente à définir. Sur une base à l’atmosphère mélancolique, la musique lorgne souvent vers le Doom ainsi que le Post-Rock, le tout sans renier ses racines Black Metal.

Si les premiers instants du titre d’ouverture « Quitter ceux qui étaient déjà partis » peuvent conduire l’auditeur vers des paysages sonores de Black Metal dépressif le morceau évolue et affiche rapidement un visage beaucoup plus doux et mélancolique. Le titre alterne passages hyper mélodiques, très prenant avec d’autres passages, hélas, sans réelle émotion, parfois trop simplistes. L’apparition de quelques touches de violon fait tout de même son petit effet. La musique est chargée d’émotions tout comme les voix. A noter tout de même qu’une des voix Black est un peu forcée, un peu caricaturale comme sur les 1ers albums d’ANCIENT par exemple.

Vient ensuite le titre « S’éclipser » et son superbe travail sur l’ambiance. Toujours dans un souci de contraste, la basse ronde et généreuse vous enveloppe dans son nuage et vous procure une sensation de bien être pendant que les voix et les guitares, légèrement en retrait, vous lacèrent le visage et anéantissent tout sentiment de joie. Les dernières minutes du titre perdent malheureusement en intensité en proposant des parties moins recherchées. Les guitares sont dissonantes et les voix moins percutantes. Dommage…

L’album se termine sur le très aérien « Et après … le néant » qui reprend tout les éléments qui font la force (guitares bien inspirés, alternance de voix, variété des rythmes de batterie, mélancolie exacerbée, …) mais aussi la faiblesse (voix caricaturale, passages un peu longs voire complètement à côté de la plaque, …) des compositions du duo. Beaucoup d’idées et d’éléments (guitares sèches, piano, multitude de cymbales, …) sont jetés dans ce morceau assez expérimental et on peut se rendre compte du talent de composition des musiciens. A eux maintenant de faire le tri dans cet amas de matière pour peut-être exprimer une musique toujours aussi riche mais peut-être un peu plus directe.

Dans l’ensemble, «Néant» est plutôt agréable à écouter. Il est bien difficile de dire quelles sont les influences du combo ce qui fait que le groupe sonne originalement. Vous ne devez pas avoir peur des nombreux changements d’humeur, du sentiment de schizophrénie qui plane sur cet album si vous souhaitez l’aborder. Sur «Néant» traine comme un air de désolation, pas vraiment un paysage d’hiver aux allures de désert blanc, mais plutôt comme une ville désolée, triste et morne battue par une pluie fine et persistante. Le voyage est certes accrocheur mais les titres en eux-mêmes ne sont peut-être pas aussi forts que les noms qu’ils portent. L’album n’est pas parfait car il manque un peu de diversité au sein de chaque chanson et il aurait été bon de mettre l’accent sur les passages plus atmosphériques, plus forts en émotions que sur les passages plus simplistes qui servent de transition un peu maladroite. Néanmoins, le groupe prouve ici son talent pour créer de belles choses et espérons qu’à l’avenir cet orage, très sombre certes, se transforme en tempête plutôt qu’en phénomène localisé.

Tracklisting

  1. Quitter ceux qui étaient déjà partis
  2. S’éclipser
  3. Et après… le néant

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