[Chronique] AKROMA – La Cène

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akroma

Note : 6.5/10

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AKROMA, projet issu de l’imagination fertile de deux hommes : Alain « Bob » Germonville (paroles, concept & chant) et Matthieu Morand (musique, concept, guitares, orchestrations), a pour concept de mettre en musique les thèmes propres à la religion chrétienne et plus particulièrement ceux évoqués dans la Bible.

Le groupe sort ainsi en 2006 « Sept », concept basé autour des 7 péchés capitaux, puis « Seth » en 2009 qui passe en revue les 10 plaies qui frappèrent l’Egypte alors que le Pharaon refusait de libérer le peuple hébreu tenu en esclavage. Cette fois-ci, AKROMA s’est attaqué au dernier repas que Jésus prit avec ses Apôtres la veille de sa mort : La Cène.

L’album se présente donc sous la forme de 12 titres prenant les noms des 12 invités au repas. Pierre, Thomas, Jacques, Matthieu et, bien sûr, Judas pour ne citer que les plus connus. Là où le groupe pousse le concept encore plus loin c’est dans le fait d’avoir invité un chanteur différent, en plus du chanteur principal, sur chacun des titres de l’album. Parmi la liste des « guests » figurent des noms connus de la scène métallique française comme S.A.S. de l’Argilière (MISANTHROPE) ou Black Messiah (SETH).

Souvent décrite comme du Black Metal symphonique, la musique d’AKROMA se rapproche plus, selon moi, d’une sorte d’Opera Metal Extrême très symphonique mais avec des touches de Black Metal uniquement. Un mix entre MISANTHROPE et ANOREXIA NERVOSA pourrait éventuellement vous donner une idée de leur son. Mais, malheureusement, le groupe n’arrive pas à se hisser au niveau de ces deux formations. Que ce soit bien clair : si les musiciens sont techniquement parfaits et les compositions sont rondement menées de bout en bout, elles ne font pas toujours mouche.

Les compositions sont un peu stéréotypées avec un démarrage en trombe et des rythmiques soutenues. Mais les titres trainent souvent en longueur (plus de 6 minutes par titre pour une durée totale de 1h15… c’est long) et l’attention décroit au fil des minutes. Le chant principal, exclusivement en français, pourra en rebuter plus d’un. Ce dernier prend plusieurs couleurs avec, par moments, un chant typiquement Black Metal et, à d’autres moments, un chant beaucoup plus aigu, voire criard, à la limite de l’agaçant. Les interventions des 12 invités ne suffisent malheureusement pas à hausser le niveau des titres. Pire : on a parfois l’impression que les guests donnent une leçon de chant et que l’album aurait pu être de meilleure qualité avec une autre personne derrière le micro. A noter également les incursions d’une voix féminine, certes très belle et techniquement parfaite, mais qui manque cruellement de charisme. Le titre « Simon », en écoute sur le site internet du groupe, est la parfaite illustration de tout ce qui a été évoqué.

La production est assez puissante mais beaucoup trop clean à mon goût et donne à la musique un aspect synthétique. Par ailleurs, la basse est complétement absente… Pour apprécier cet album, l’écoute sur téléphone ou autre support numérique est à proscrire car vous ne pourrez pas entendre toutes les subtilités de la musique. Au casque ou dans votre salon avec un gros gros caisson de basse sera plus approprié.

Pour conclure, le concept est fort intéressant et il faudrait se pencher sur les textes pour approfondir les thématiques proposés par La Cène. Malheureusement la qualité intrinsèque de la musique ne suffit pas pour faire de ce disque un incontournable de la scène française. Je préfère largement retourner m’écouter un petit « Misanthrope immortel » des familles ou un « New Obscurantis Order »…

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