[Report] NO COMPROMISE FEST 2, La louvière (BE), 06.09.2014

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
Bernard-Henri Leviathan

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Il y a des trucs auxquels on tient, des valeurs, des ancrages, des idées qui nous font irrémédiablement revenir à la source en se disant que, finalement, on n’a pas besoin de grand-chose d’autre. Chez Lords Of Chaos, l’une de ces valeurs bien prégnantes reste le soutien à l’underground. Ce n’est bien sûr pas notre seule valeur et nous ne sommes bien heureusement pas isolés dans cette tentative, des mecs (au masculin, au féminin, des mecs quoi!) qui œuvrent pour faire vivre cette scène en marge des monstres de festival de l’été, des belles pages avec plein de couleurs super chères des magazines, il y en a des bastions complets. Quelque part en Belgique, et rayonnants à des kilomètres au-delà des frontières, Christine et David en font résolument partie. Pour la deuxième année consécutive, ce couple de passionnés a su monter de ses petites mains un véritable festival au délicieux charme underground. L’origine de l’initiative est suffisamment étonnante pour être relatée ici en 4 mots: 25 ans de mariage. Le NO COMPROMISE FEST, premier du nom, était placé sous le signe d’une commémoration d’un jour d’engagement et d’oiseaux chantant. « Aucun bénéfice pour nous, juste des dépenses », si la première édition était un cadeau 100% gratuit offert au public pour le simple plaisir d’une fête entre passionnés, les 15 euros en pré-vente pour assister au show de 11 groupes, cette année, faisaient encore figure de Noël avant l’heure ! ATTIC, EVIL INVADERS, HORACLE, SURPUISSANCE, HAMMERHEAD… si une incompatibilité d’emploi du temps m’a empêché à la dernière minute de voir tous ces beaux noms fouler les planches de la Taverne du Théâtre l’an dernier, nulle question cette fois-ci de me laisser pourrir le restant de l’année avec l’amer goût du regret. En route pour le marathon!

Onze groupes à l’affiche (après annulation de DIABOLIC NIGHT (Allemagne)), il fallait forcément débuter tôt pour caser tout le monde sur une même journée. Pour moi, le problème est simple : entre situation personnelle et route, il est impossible d’arriver à temps. Je tiens donc à m’excuser auprès de SEPULCHRAL VOICES (Belgique), WITCHTRAIL (Belgique) et surtout HÜRLEMENT (France) d’avoir manqué leur set et j’arrive juste pour la prestation de BULLDOZING BASTARD.

A propos de HÜRLEMENT, je vous mets là le compte rendu de mon pote Michel de MUSIC IN BELGIUM qui, lui, est arrivé à l’heure : très bon groupe, chanteur doté d’une excellente voix, cover de TRUST avec David, l’organisateur, au micro. Alors bien sûr, mon pote Michel a le verbe habituellement plus agile mais je n’avais pas de quoi noter son éloge et c’est tout ce dont je me souviens ! Bref, photo avec François Porte (guitare) et Alexis Roy-Petit (chant) pour compenser !

Pendant ce temps, BULDOZING BASTARD (Allemagne) débute son set avec une bonne dose de Metal aux accents Punk, quelque part pas très loin de l’expression la plus archaïque du Black de VENOM ou des trémas de MOTÖRHEAD. On va chercher loin dans les racines du mal. La voix est partagée entre Irön Kommander (basse), Genözider (guitare) et sa moustache de rigueur. Le son est très claquant et, malgré quelques approximations en termes de soli et de tenue de rythme, la formule somme toute assez simpliste fait son effet. La salle est encore peu remplie mais les fans old-school, toute panoplie dehors, sont déjà bien en forme. Un bon départ de mon côté.

Coup d’œil sur la Taverne du Théâtre qui se présente comme un café-concert agencé pour recevoir régulièrement des groupes sur sa scène. Au dehors, la petite place a été aménagée pour l’événement entre grandes tablées, étales de disquaires, et… le stand EMANES METAL RECORDS qui permet de bonnes retrouvailles avec Laurent, boss et illustre passionné. Quelques heures plus tard, je rentrerai d’ailleurs le portefeuille plus léger… Il faut dire, entre autres, qu’à ce moment précis il n’existe plus sur le label que trois exemplaires de « De Sang et D’Acier », le premier album de HÜRLEMENT, avant rupture de stock… alors forcément, tu comprends…

En parlant d’EMANES, là, c’est l’heure pour son second poulain d’entrer en scène. Dire que j’attendais de voir SANCTUAIRE (France) est un doux euphémisme vu la résonance qu’a eu sur moi « Sainte Mort », son second album sorti dans l’année. Comme je le disais il y a peu sur un fameux réseau social, je vous donne d’ores et déjà rendez-vous en fin d’année mais il est fort à parier que cet album restera pour moi la meilleure sortie de l’année ! David prend la peine d’introduire chacun des groupes et, sur une atmosphère sombre et le tintement de cloches, les gars débarquent et ouvrent ce qui sera une véritable messe pour l’enfer. S’étant récemment séparé de son bassiste, le groupe réapparaît sous forme de trio. L’interprétation se fait plus brute et dépouillée de quelques arrangements d’ambiance du studio, ce qui a le mérite de donner cette agréable impression de ne pas écouter un CD en plein concert. Le groupe est bien en place et pour tenter de rattraper les 25 minutes de retard qu’il y a déjà au compteur de la journée, Florent B-Manquat prend le parti de ne pas intervenir entre les morceaux, ce qui ajoute à l’atmosphère nihiliste du groupe. « Les Tueurs de L’Eclipse », « Les Visages De La Peur », les premiers rangs reprennent quelques refrains en chœur. L’instrumental « Interlude/Ruines » apporte encore un peu de noirceur mais, seule ombre au tableau (si on peut dire), les rayons de lumière du jour atteignent la scène alors que la poésie de ces textes-là doit certainement révéler encore d’autres secrets sous le magnétisme d’une lune pleine. La reprise de HIGH POWER, « L’Ange Au Regard Noir », apporte encore un peu plus de bonheur aux fans dans la salle. A l’issue de cette excellente prestation, le groupe quitte la scène sur une musique spatiale et sombre.

Maintenant place à ELIMINATOR (Allemagne) qui sera, après la confirmation de SANCTUAIRE, ma révélation de ce festival. Autant « Krieg Thrash », l’album sorti en 2012, était un excellent condensé de Thrash old-school, autant en live la vélocité et le tabassage à l’état pur prend tout son sens. Vocalement, la reprise du micro par Pete Blitzkrieg (guitare), après le départ de Victorious Death, apporte à mon sens une nette plus-value de par son timbre plus aigu et animal. Il impressionne notamment en couplant sa voix à des soli bestiaux renvoyant directement à la jeunesse fougueuse de Dave Mustaine ou la maturité de Chuck Schuldiner. Venomancer (basse) donne également de sa voix plus grave et Victorious Death refait une apparition le temps d’un morceau. Bracelets à clou, guitares pointues, l’image va de pair avec les riffs speed et les blasts secs. Voilà bien une sauvagerie dont le metal moderne ne détient plus les clés, le public sait le reconnaître en remuant consciencieusement les coudes dans le ventre des voisins. A mi-set quelques problèmes techniques viennent troubler la fête. Le micro est remplacé mais les grattes sont décidément très fortes. Cette parenthèse n’empêchera pas le groupe de poursuivre le show efficacement et moi de rejoindre leur stand de merch’ en passant par la case rencontre avec SANCTUAIRE !

A cette étape de la journée, il est temps de sortir du chapeau un groupe qui saura faire la liaison entre les divers styles proposés à l’affiche, nul doute que TRIUMPHANT (Autriche) est le plus qualifié dans cet exercice. Après une sombre introduction, un peu longue mais faite pour les grands espaces (quand le groupe peut monter sur scène au dernier moment), la troupe nous balance sa sauce où riffs Thrash et harmonies Heavy reposent sur une bonne base Black. Pas de chance, les quelques problèmes techniques semblent réapparaître, le micro ne fonctionne pas et Bekim Leatherdemon (chant) tente désespérément de faire signe à l’ingé son. Bien que le maquillage et le cuir soient de sortie, les sourires communicatifs restent affichés tout au long du set sur le visage des musiciens. Le public est aux anges et David, porté par la foule, tente d’en être un. Après un petit raté au démarrage nécessitant un réaccordage, le groupe présente sa toute dernière chanson qui, avec son intro à la MAIDEN, son rire démoniaque, ses blasts Thrash/Black, est à l’image de ce que TRIUMPHANT sait faire de mieux. Quelques cris suraigus et passages déclamés en voix claire apporte toujours ce petit côté MERCYFUL FATE qui n’est en rien déplaisant. Les présentations sont faîtes avec le guitariste intérimaire et Bekim demande à David s’il dispose d’encore un peu de temps avant de lui faire un beau bisou sur le front. Le public en redemande et le groupe s’excuse de devoir le quitter. Des gens décidément bien polis !

Puisqu’on a ouvert la porte des enfers, autant foncer tête baissée dans l’antre du Black Metal des grands anciens. De l’atmosphère fumante et grisée, STAHLSARG (Angleterre) émerge, menaçant, et vient jeter sa désolation sur la Taverne du Théâtre. Exit les couleurs, le show se regarde en noir et blanc, s’écoute avec misanthropie. Peintures de cadavre et bracelets épineux, la mise en condition est parfaite. Krieg (guitare), perché sur une petite estrade d’où ne sort qu’un faisceau de lumière inondant les traits les plus secs de son visage, fait froid dans le dos. STAHLSARG pratique un true Black froid et empli d’une agressivité jouissive. Metzger alterne son chant entre cris écorchés et growls Death très graves. Les riffs et rythmes assassins ne laissent que peu de place aux ralentissements et aux mélodies. Pendant toute la durée de son set, le groupe contrôle parfaitement là où il souhaite emmener le public. Voici ce qu’on appelle un moment de pure intensité !

Ne pouvant faire plus Black, il est temps de ressortir la carte du Heavy et c’est ELVENSTORM (France) qui va s’y coller. Après un premier album plutôt pas mal accueilli par ma collègue Moonawolf, nous sommes aujourd’hui l’un de ces jours si particuliers pour un groupe de musique puisque « Blood Leads To Glory », leur second album (toujours signé sur l’excellent label Infernö Records), sort dans les bacs. Après la traditionnelle intro symphonique où le groupe apparaît de dos, la déferlante Speed mélodique ne cessera de nous plonger dans un esprit guerrier typique des groupes tels que WARLOCK (référence forcément évidente dès qu’une demoiselle se poste derrière le micro), WHITE SKULL ou… CRYSTAL VIPER que l’on ne tardera plus maintenant à voir débarquer. Si Laura Ferreux se présente comme une excellente frontwoman, tout sourire derrière son pied de micro en forme de crucifix, ses trois acolytes ne font en aucun cas de la figuration. Le niveau technique est élevé malgré quelques aigus limités côté chant et un William Duclot (basse) semblant avoir plus de mal à se joindre à l’ambiance collective. Petit bonus surprise, Marta Gabriel (CRYSTAL VIPER) nous fait l’honneur d’une apparition en avant-première en venant chanter sur « Mistress From Hell », un titre du nouvel album qui la voit déjà apparaitre en guest. Après la vague hivernale lancée par STAHLSARG, aucun doute, ELVENSTORM a su assurer le réchauffement climatique.

Retour aux coulées de lave noire, ERAZOR (Allemagne) vient défendre l’idée que le NO COMPROMISE FEST porte bien son nom ! Pas de fioritures, pas d’arrangements superflus, leur Black/Thrash Metal, comme ils le décrivent, s’apprécient d’un bloc. Ici, ça « blaste » à mort. Les yeux cernés de noir, Alexander Schulz et Max Werner (guitares) offrent des riffs d’un speed excellent alors qu’il est hors de question pour Roman (batterie), le casque vissé sur les oreilles, de descendre en BPM. Les growls graves de Black Demon s’apparentent davantage au Death et c’est sur ce point que, personnellement, j’émettrai davantage de réserves. La voix manquant de variations, elle m’apparaît comme fort monotone au fur et à mesure de la prestation. Le public accroche même si semblant prendre un sérieux coup de barre, il ne réagit plus aussi aisément à l’appel de l’adrénaline. En tout cas, après ce coup de pied au derrière, je vais soigner le coup de barre par quelques « rondelles » du côté de chez Cricri… Oui, ça fout un peu les boules mais les rondelles de Cricri ne sont rien d’autre que des beignets de calmar. Pas dég ! D’ailleurs, liant contact avec le sympathique habitué du coin, je me fais offrir la mousse qui fera descendre le tout ! Des journées comme ça, je vous assure, ça ne se graverait pas sur le papier qu’il faudrait l’inventer !

Après dix sets de qualité, il ne reste qu’à la grosse tête d’affiche, CRYSTAL VIPER (Pologne) de clore cette édition. Les quelques réglages préalables prennent un peu plus de temps que prévu car les problèmes de micro reviennent. L’ingé-son se démène comme un diable et le concert peut commencer mais, avant cela, David prend le temps de remercier publiquement, et avec une émotion palpable, le manager du groupe qui a rendu possible cette affiche. Des flammes qui craquent, une ambiance épique à souhait et les quatre musiciens, couverts de sang, semblent sortir d’un combat pour en entamer un autre : la conquête d’un public bien chaud. Bien que Marta Gabriel soit un petit bout de femme, elle n’est en rien frêle meneuse. Elle entraîne le groupe de sa voix puissante, telle une digne fille de notre regretté Ronnie James Dio, oscillant entre beaux graves et aigus étirés. La prestation est ultra-carrée et les hymnes du groupe, comme « Witch’s Mark » ou encore « Metal Nation », se succèdent. Le rythme sait également se ralentir et s’alourdir comme à l’image du très épique « Sleeping Swords » où, à nouveau, l’esprit de DIO n’est jamais bien loin. La set-list pioche allégrement dans les 5 albums. Bon alors, on a le petit moment instru avec le solo de batterie mais vous savez ce que j’en pense… Non? Un peu chiant, quoi ! Tomasz Danczak, lui, en profite pour jouer avec le public au son de ses percussions. Pendant ce temps, il y a un chieur qui balance des cris aigus dès qu’il y a une pause sonore. Il y a toujours un chieur qui balance des cris aigus dès qu’il y a une pause sonore. Puis c’est au tour d’Andy Wave de balancer son solo tout en « Eruption ». Pour la seconde partie du concert, Marta lâche sa gratte pour remplir pleinement son rôle de frontwoman et d’animatrice de scène. Après avoir fait chanter le public, le groupe nous quitte sur un « The Last Axeman » détonant.

Avec près de 14 heures de concert, un peu vanné mais bien content, je me dis qu’on a vraiment trouvé là un couple qui a le sens du spectacle ! La seule chose qu’on pourra encore déplorer est le peu de monde qui s’est déplacé pour l’événement. Nous étions le 6 septembre et la concurrence était rude. De l’autre côté, en France, on entendait parler du FALL OF SUMMER, du RAISMES FEST, du GOHELLE FEST, du machin ou autre chose FEST. Bien sûr, peut-être vous dîtes vous que nous sommes face à un petit événement, underground, mais la passion est là, la volonté de soutenir la scène de la rue est là, la chaleur de se sentir appartenir à une communauté est là et la qualité est aussi incontestablement là. L’un des objectifs de ce live report sera également de vous motiver à venir en juger par vous-même l’année prochaine, ne serait-ce que par curiosité. Alors je peux vous promettre à quasiment 100% que vous n’en ressortirez pas déçus. Allez, le temps de saluer quelques musiciens, notre couple du jour, l’équipe EMANES et de récupérer la démo de MORTAL SCEPTER (jeune groupe nordiste découvert il y a peu et dont je vous reparlerai rapidement), il est temps de prendre congé de nos hôtes. Maintenant, Christine et David, dodo !

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