[Report] MACHINE HEAD, 20.02.2016, Aeronef – Lille : Back to Business !

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Machine Head : Back to Business !

Machine FUCKING Head !

Voilà ce qu’on pouvait entendre de toute part à l’intérieur d’un Aéronef chauffé à blanc ce samedi soir ! Nous étions tous rassemblés pour ce nouveau concept qu’est « An Evening With Machine Head ». L’idée est simple : pas de première partie, des petites salles dans des villes plus éloignées des capitales et un show de 2h15-2h30 piochant dans l’intégralité des albums du combo californien.

Si la recette peut surprendre sur le papier, elle s’affirme sans souci en live, montrant à quel point le groupe est devenu un véritable bulldozer (huhu).

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Sous la houlette du charismatique Robb Flynn, c’est devant une salle sold out suintant la sueur que le groupe fait son retour après une semaine catastrophique mêlant annulation de concerts, maladie et traitements divers. Chaque fan du groupe a tremblé en voyant les news hebdomadaires. Tous les autres concerts avaient été annulés, seul Lille restait en suspens. On était en droit de se demander si le show allait avoir lieu et si oui, dans quelles conditions !

Bien fidèle à sa réputation et à sa dévotion auprès de ses fans, Mr Flynn a été là du début jusqu à la fin, 2h15 où il a géré le chant aussi bien clair que saturé en plus de ses formidables parties rythmiques et lead ! Un leader impérial, visiblement content d’être là, qui ne cessera d’haranguer la foule pourtant déjà acquise à sa cause.

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Un concert qu’il a été chercher dans ses propres retranchements et rien que pour ça on ne peut lui montrer que du respect. Malgré le statut très mainstream du combo, de la super puissance qu’est devenu Machine Head, il est bon de voir qu’ils se soucient encore de leurs fans, qu’ils préfèrent arrêter les festivals et ne jouer que pour leur fan base en proposant un show de qualité et à un prix modique de surcroît (25 € en l’occurrence pour un groupe qui a headliné la plupart des grands fest, chapeau !).

Alors voilà malgré mon arrivée à la salle en mode grumpy, j’ai du reconnaître le talent du groupe à venir chercher l’auditeur dans ses tripes à grand coup de rythmique brise-nuques, d’harmonies de guitare magnifiques, d’alternance entre les chants tantôt murmurés et cleans, tantôt aux aboiements rythmés du sieur Flynn. Phil Demmel n’aura pas été en reste et il tiendra d’une main de maître ses parties, toujours aussi souriant et énergique. Seul bémol le concernant, un solo plus que dispensable mêlant effet de floyd bidon et joujou avec ses pédales. Enfin, on lui pardonnera.

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On constate également un Dave Mc Clain toujours aussi enragé, martyrisant ses fûts tout le long du set et faisant chanceler l’estrade qui lui était consacrée dès la première chanson.

Et que dire de Jared MacEachern? Un véritable mélange sauvage entre un Jason Newsted survolté et une tête de Ted Nugent en pleine crise de rage. Il bondit dans tous les sens, scandant l’intégralité des lyrics à qui veux bien les entendre, enchaînant les grimaces les plus possédées pour le plus grand bonheur des fans.

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Malgré ma réticence du début, le groupe a su me prouver sa bonne volonté, venir chercher l’intégralité de l’assistance aussi bien avec les vieux tubes (Ten Ton Hammer , Old , etc.) qu’en donnant des interprétations fidèles de leurs titres les plus complexes et habités (Descend the Shade of the Night où Flynn viendra chercher une électro acoustique en plus de sa Flying habituelle, ou encore Darkness Within).

On parcourra aisément la discographie du groupe, se laissant emporter par le côté roots du Thrash de Burn my Eyes jusqu’aux sonorités plus Prog de The Locust et du p’tit dernier Bloodstone & Diamonds.

Jusqu’au bout, la salle fut un véritable chaudron où l’air se faisait rare, où les slammeurs pullulaient et où les seuls ventilateurs étaient les cheveux des headbangueurs synchronisés.

Le combo nous a montré qu’il était capable de continuer à capter les foules et qu’il n’avait besoin de personne pour continuer sa croisade, qu’il dicterait ses règles et que le public lui était définitivement acquis.

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PS :

Ce public, parlons-en, voilà mon épine au pied, ce qui a été pour moi la chose la plus dure à supporter pendant ce concert et qui a fortement entamé mon (h)ardeur pour la soirée. L’attente précédent le concert a été une véritable torture pour mes nerfs et mes convictions.

Navré de tout ce que j’ai pu voir et entendre aux quatre coins de la salle, constater (pour la plupart de l’audience) que la plupart n’était qu’un ramassis d’Hispters à écarteurs en mal de sensations, d’ados hystériques gloussant entre eux et arborant de délicieuses vestes à patchs aux couleurs de Muse, Linkin Park, ne jurant que par des pseudos groupes de … (insérez des sous-genres de -core avec pleins de couleurs et paillettes). Vous me direz, on a tous été jeunes, faut bien commencer etc. etc.hipster-trap

Voir des patchs des Red Hot à côté d’un pentagramme, ne voir que les gamins en questions ne connaissent que les refrains des deux derniers singles du groupe, voir un mec sortir son bel I-phone pour utiliser Shazam pour identifier « Sad But True » de Metallica qui passe avant le show (quoique le titre coïncidait bien à la situation… ), entendre que le meilleur groupe de Thrash c’est Cancer Bats… Et bah ça donne envie de distribuer des baffes par paquets de 100 avec des cartes de fidélité et programmes de retraite, d’attacher sur une chaise ces « fans » pour leur faire écouter du Dark Angel à fond, leur faire bouffer leurs jolis poils prépubères dont ils sont si fiers, à coup d’album de Vio-lence et autre Heathen.

Parce que sous la couche bien lisse de Machine Head, le sieur Flynn vient quand même du coeur undeground du Thrash, on peut lui reprocher des tas de choses (qui a dit sa vague néo ?? Bon, ok, t’as raison sur ce coup-là mais commence pas à prendre l’habitude, c’est mauvais pour les dents) mais ce type a quand même écrit des putains de chefs d’oeuvres pour Forbidden (Chalice Of Blood, As Good As Dead, etc.) et a suivi ses envies tout le long de sa carrière assurant des shows un peu partout dans le monde, allant jusqu’à jouer avec des couches ou mettre sa propre santé en jeu pour ce putain de milieu. Alors oui, ça me fait chier que des mecs scandent « Now We Die » et ne connaissent pas un quart des racines du groupe que ce soit le Thrash comme Exodus, Exhorder ou leurs influences plus Punk/Crossover de DRI ou Suicidals Tendancies.

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Même si le groupe a donné une très bonne prestation, je peux pas m’empêcher d’avoir un goût amer dans la bouche et de me dire qu’ils ont loupé quelque chose et qu’ils ont fini par livrer leur coeur à des poseurs ….

Maman !!! Au secours j’suis devenu un vieux con ….. 😀

Hunter pour LOC

PS 2 : Un grand merci à « à gauche de la Lune » et à Freyja pour les accréditations 😉

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8 Commentaires le [Report] MACHINE HEAD, 20.02.2016, Aeronef – Lille : Back to Business !

  1. Wait – donc, les hipsters sont des cons parce qu’ils ne connaissaient par le chanteur de Machine Head avant qu’il soit populaire dans les mêmes cercles qu’aujourd’hui ? Parce qu’ils ne connaissent pas l’histoire du groupe sur le bout des doigts, ou parce qu’ils l’apprécient sincèrement mais pas pour les “bonnes raisons”, ou encore parce qu’ils ne partagent pas ton sectarisme musical ? Tu devrais t’interroger sur ce qu’est un hipster. Ou investir dans un miroir, le résultat sera le même.

    L’article est bon, le coup de gueule est d’une hypocrisie risible.

    • ALors pour le coup tu as un peu retenu ce qui t’arrangeait ^^ Le Cas de Machine Head n’est qu’un cas parmi d’autres, il n’est pas question ici de juger un niveau de connaissance (sous quel prétexte ?) mais de constater le manque d’envie justement de s’ouvrir et de s’informer sur ce qu on écoute et son contexte 😉
      et “Mon Sectarisme musical” va de Django Reinhardt à Dissection en Passant par Sunn 0)), Dvorak , Down,Overkill, Skull fist ou encore Skid Row alors il se porte plutôt bien merci pour lui 😀

    • Ps : Pays de Galles indépendant !!!!

  2. Boh tu sais faut comprendre notre collègue, son ex faisait du cheval avec un hipster au Sénégal, un jour l’étrier à lâché et les voilà rendus en taxi, bref je passe sur les détails de l’aventure c’était pas de chance.
    Et tu as raison, les hipsters c’est pas comme ces saloperies de jeunes à cheveux bleu.

  3. Bernard-Henri Leviathan // 26 février 2016 á 12 h 56 min // Répondre

    Moi, quand j’étais petit, je pensais qu’un hipster c’était un mec qui écoutait Machine Head! Je dis ça, ça remonte à y a 20 ans…

  4. Moi aussi, l’attente pré-concert est de plus en plus un calvaire tant j’entends de conneries et d’abérrations venant de “fans” ne connaissant rien à rien. J’en prends mon parti et décide d’en rire, tout seul quand je le suis et me disant que je deviens peut-être un vieux con aussi. On pourra jamais rien empêcher et puis libre à chacun de se tromper de salle.

  5. le hipster est au look (entre autre) ce que maitre Gimms est à la musique: une hérésie…. Hunter tu as tout à fait raison

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