[Report] DU METAL A LA CAMPAGNE – 9ème édition – 16 septembre 2016

Bernard-Henri Leviathan

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Après des semaines de bonne chaleur, première grosse nuit pluvieuse. Quelques inrebutables dressent leur toile de tente déjà détrempée. Il fait sombre, on marche dans un couloir de végétation, se crottant déjà de la boue environnante mais on s’en fout pas mal, c’est du Metal à la campagne !

Il y a la queue et la nouvelle organisation, nécessitant de tous passer par le même sas, rend l’accès plus difficile qu’à l’accoutumée. Il faut dire que les efforts du festival paient et qu’il accueille un public toujours plus important et, c’est ce qui rend la manifestation incongrue, toujours plus hétéroclite. Enfin bref, pris dans la file, je manque les premiers titres de NOISE EMISSION CONTROL venu ouvrir cette première soirée.

Du Metal A La Campagne, depuis 9 ans c’est un état d’esprit participant à la démocratisation du genre musical, le soutien à la scène française et locale, dans un cadre original et pour une prix dérisoire. L’expérience est réellement à vivre, nous continuons de le clamer et de l’encourager.

Seul véritable souci à mon sens : la programmation qui reste (même si ce soir me fera heureusement dire le contraire) prioritairement tournée vers le Metal moderne, Core et autres assimilés. C’est une remarque toute personnelle mais il me manque tout de même quelques représentants d’autres embranchements plus old-school qui me permettraient de ressortir non pas heureux mais indéniablement conquis. Surtout que le vivier est là, le public aussi et voilà qui permettrait à certaines personnes qui viennent ici, chaque année, par curiosité, la découverte du véritable spectre que couvre le Metal.

Normalement, j’ai fini de ronchonner pour le restant du reportage car la suite s’avère de qualité grâce à une organisation qui se démène pour offrir le meilleur avec professionnalisme. Les efforts, on les repère tout de suite. Le site est réfléchi pour la convivialité, les changements de plateau seront tenus d’une main de maître et on retrouve, entre autres, la petite touche personnelle qu’est la « Metal Bier », bière du festival !

Ah oui, tiens, dernière râlerie c’est promis : on sent l’intention extrêmement louable de vouloir offrir des concerts de proximité pour le public, sans barrières et fosse photo… sauf que quand tu essaies justement de shooter, tu comprends vite qu’il vaut mieux balancer l’appareil pour bouger les cervicales en collectif, parce que je ne vois pas comment faire sans me prendre l’objectif dans l’oeil !

NOISE EMISSION CONTROL, bien connu dans notre région, est donc déjà sur scène pour balancer son bon gros Rock/Punk sauvage, avec un tout nouvel EP notamment sous les bras. La dynamique est lancée et le groupe propose un set dans lequel le public est directement inclus. Les musiciens savent le motiver, Fred (au chant) s’immisce notamment dans le public et lui demande de se jeter sur lui alors qu’il hurle de toutes ses tripes. Des titres comme ce tout neuf « L’An Pire » prouvent qu’on peut bien remplir un morceau même lorsqu’il est court. NOISE EMISSION CONTROL repart assez vite mais a su, en 35 minutes, rendre au festival un public déjà bien échauffé.

Courte pause et c’est déjà l’heure d’accueillir ceux pour qui allait ma plus grande motivation, ceux pour qui l’affiche se démocratisait : BLAZING WAR MACHINE. C’est par le biais de notre partenaire ELLIE PROMOTION que j’ai découvert ce groupe et j’avais rapidement adhéré à leur Metal extrême entre Black Metal Sympho et Dark Metal Electro. Restait donc à les voir évoluer sur scène. Après une longue intro atmosphérique, sur fond de chants religieux – ambiance qui se poursuivra parfois entre les titres pour ne jamais laisser retomber la tension – la belle Irina, Franky Costanza, et leur troupe débarquent. L’accueil du public est déjà gros. Circle Pit, Wall Of Death, tout y passe. Musicalement, le groupe est excellent, les chants extrêmes variés se répondent, c’est mélodique et violent à la fois, c’est visuel et horrifique. Costanza y va de son petit mot, derrière ses fûts, pour fédérer l’esprit Metal. Même si la démarche du groupe, ancrée dans notre ère, est davantage de délivrer de nouveaux titres par le biais de clips vidéo, il me tarde de pouvoir poser l’oreille sur un vrai nouveau disque ! En attendant, le groupe se retire et le public est à genou !

Je profite du changement de plateau pour aller visiter le petit village du festival (non, pas Rexpoëde… les stands de merch quoi!). C’est là que je fais la rencontre de Sébastien Camus, luthier installé sur Douai, qui me présente ses guitares et basses aux courbes séduisantes, toutes personnelles et répondant au nom de SLEDGE GUITARS. Bref, je tombe amoureux (des instruments, hein!) et il va falloir aller creuser l’activité de ce Monsieur d’un peu plus près.

Backdrop et kakemonos, la scène aux couleurs de DEFICIENCY est prête ! Le groupe alsacien vient balancer son Thrash entre tradition et modernité et se montre heureux de monter sur les planches après une période d’interruption et un premier concert sans cheveux longs, dixit Laurent Gisonna, son chanteur-guitariste. La paire de gratteux nous envoie quelques bons soli et harmonisations à l’ancienne au milieu de gros riffs lourds. Derrière, Vianney Habert, à la basse, investit l’espace, donne matière aux photographes en faisant le pitre, cale même un bon tapping sur son manche. Le chant alterne entre gueulantes à la Cavalera et envolées mélodiques typiques du Thrash de certains groupes des années 80 tels qu’ANTHRAX ou DEATH ANGEL, par exemple. Vous vous doutez bien, c’est ce visage qui me porte davantage, le groupe lorgnant quand même un peu trop à mon goût vers le bastonnage actuel! Et le public, lui ? Il reste heureux coûte que coûte !

Cette année, grande première pour le festival depuis toujours tourné vers la scène francophone. Le voici qu’il s’offre le luxe, sans toutefois déroger à ses valeurs, d’installer une tête d’affiche internationale et lourde de sens : les pionniers du Grind, NAPALM DEATH.

Que dire ? Connaissant bien sûr le groupe au travers de sa discographie, je n’avais jamais eu l’occasion de voir le groupe sur scène. Bordel. De la première à la dernière note, j’ai cette impression d’être sous un rouleau compresseur où chaque chanson est un hymne à la folie. A côté du placide Shane Embury, bassiste de son état, Marc Greenway est complètement possédé malgré son apparence d’Anglais sage entre les morceaux, surtout lorsqu’il s’essaie au français. En à peine une chanson, on le voit déjà se vider de son eau. Il arpente la scène de long en large, se déchirant les cordes vocales. Chaque titre a son effet blitzkrieg et met la foule en mouvement continu. Les fans investissent les planches à tour de rôle, dont un qui n’a pas saisi que le stage diving nécessite à un moment qu’on se barre de la scène! Le groupe nous laisse de manière assez brute, sur de gros larsens de basse dignes d’un album de SUNN O))). Clairement une expérience à tenter une  fois dans sa vie !

C’est ainsi que se termine cette première soirée de neuvième édition du Metal A La Campagne. Demain, elle se poursuivra avec 11 autres représentants du Metal évoluant dans des styles me parlant, pour la plupart, tout de même moins…. Ce sera sans moi, même si toutes mes pensées accompagnent les musiciens et l’organisation que je remercie pour l’invitation et à qui je souhaite encore des années d’existence ! Peut-être l’an prochain la programmation ouvrira-t-elle encore un peu les horizons ? On verra ça. Là, tout de suite, je me cale un bon BLAZING WAR MACHINE dans la voiture, et je retourne en ville.

 

 

 

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