[Report] ATAVISMA + ORUGA + DOOMFORGE – le 02.12.2016 – Le Midland, Lille

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
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15036749_1848180852083215_3576412331531153692_nDeath, Heavy, Pagan, Thrash, Black, Modern Metal, Melodic Metal,… on n’arrête pas l’asso Dark Moon Brotherhood, petite troupe de passionnés motivée pour pondre des affiches très régulières en se renouvelant toujours. Le public lillois peut franchement s’estimer heureux d’avoir telle structure pour animer nos caves sombres. Et vu qu’il est question de bas-fonds, de ténèbres, ce soir au Midland c’est Doom ! On se prépare pour l’apocalypse, avec des tas d’accords aussi graves que le fond du slip et l’ambiance de communion de circonstance. Et pour une fois, j’arrive avant que les premières notes ne soient lâchées. Je retrouve mon pote Fred de ZAANG à qui je propose, pour la douceur de vos yeux (voyez comme je porte intérêt à votre confort), une association dans le cadre de ce report. Les clichés joints portent donc (presque) exclusivement son regard et je le remercie grandement pour le prêt de son oeuvre.

C’est une chance, la soirée débute par DOOMFORGE et, croyez-moi, vu le nombre de dates manquées, il m’aurait été tout bonnement impardonnable de ne pas être parmi les élus de ce concert ! La dernière fois que j’ai eu la chance de voir le quintet franco-belge, il officiait en trio… ce qui remonte à pas moins de 4 ou 5 ans !!! Un lugubre clavier installe l’atmosphère et le charisme de Jaws The ToothMaster, batteur/chanteur emblématique d’un certain vivier underground local, n’hésitant pas à se lever pour mieux haranguer le public, est déjà au rendez-vous. Tout y est pour lancer une messe en 4 actes épiques, intenses et théâtraux. Il est indéniable à l’écoute de ces morceaux fouillés que le recrutement d’Eric Warlord au clavier et de Wen Diamond en seconde voix (et prenant le devant de la scène) aura permis une totale liberté d’arrangements. Le groupe va développer son éventail de compétences au travers d’un Doom traditionnel et pourtant lorgnant vers divers sous-rejetons du style. De sonorités légendaires des 70’s au Heavy, jusqu’aux limites du Death, on passe ainsi d’atmosphères sépulcrales où des incantations sont soutenues par un orgue funeste, aux interventions angéliques et flutées de Wen ou encore à la basse d’Yvan DeathRites ouvrant un « Humanity Is Deception » par une intro ésotérique. Et de manière parsemée, entre deux riffs creusés dans la tourbe, Quentin The Wizard joue de sa pédale wha-wha le temps de soli bien fumeux. Awesome, comme on dit aux States ! Moi, je suis fan!

Changement d’ambiance et c’est ORUGA qui prend la suite. Le groupe de bûcherons pour qui la barbe est le second art, nous parle de son split dernièrement annoncé sur les réseaux sociaux. Après avoir écumé de nombreuses scènes et conquis de nombreux fans, le quintet nordiste tire sa révérence… mais pas sans nous plomber une (avant) dernière fois sous les jetées de lave noire déversées par son Doom/Sludge/Death un peu plus linéaire que DOOMFORGE mais à l’ambiance très personnelle et cohérente. Le set est très professionnel, parfaitement en place, et l’une des particularités du groupe restera le décalage amusant entre des morceaux massifs et oppressants, à l’interprétation habitée, et des interventions intermédiaires très chaleureuses et porteuses de bonne humeur. Le groupe se veut proche du public et le montre déjà en jouant à ses côtés, devant la scène. Pour le reste, nous sommes happés dans un martellement hypnotique, agrémenté de larsens et autres variations de décibels. La voix gutturale de C. nous agrippe et des blasts typés Black permettent au public de lâcher un peu de sauvagerie. Il ne nous reste plus maintenant qu’à attendre les suites que donneront chacun de ces musiciens à un parcours musical qu’il serait dommage de voir mourir.

Enfin, c’est au tour d’ATAVISMA, venu de Paris pour clore la soirée en enfonçant le clou de la bestialité. Très sobrement mais ingénieusement éclairé d’un unique spot rouge, une bouteille de vin rouge sur la scène (à l’instar d’un regretté Peter Steele), l’ambiance est installée. Je découvre ce soir, ce Doom très Death (ou ce Death assez Doom) emmené par la voix ultra-caverneuse de L. et qui me rappelle assez vite le son des Israéliens de SONNE ADAM, ce qui n’est pas pour me déplaire. C’est obscur et lugubre, voire primitif. Il y a cette image d’un groupe tout droit sorti du centre brûlant de la Terre, certains appelleront ça l’Enfer. C’est si bas qu’on y voit pousser les racines de notre propre folie. Ouais, il y a aussi de la poésie derrière toute cette noirceur. Côté set, les titres se déroulent autour de riffs incisifs, de rythmiques à la lourdeur bourdonnante, et tout cela encadré par la précision de C. à la batterie. Il y a cependant un ou deux soli qui m’apparaissent comme manquant un peu de cohérence avec le corps des morceaux. On sent néanmoins le groupe lancé sur une démarche de travail qui lui permettra certainement d’atteindre rapidement ses objectifs… la courte carrière du groupe affiche déjà quelques belles dates à son actif.

Après tous ces kilomètres faits sous terre au cours de la soirée, heureusement que les potes sont encore là pour m’aider à ré-atteindre le plancher de la salle à coups de verres à bière ! Juste le temps d’une petite pub pour « Tjara Pics », la future page de Jan Vervaeke (autre spécimen de cette belle race de messieurs-photo/vidéo qui arpentent salles et bars pour soutenir les groupes) et il est l’heure de reprendre la route. Mais quelque chose me dit que l’asso Dark Moon Brotherhood va refaire parler d’elle d’ici peu… MERCYLESS + CRUCHBURN + IN PURULENCE en janvier, à Lille… ça vous botte ?!

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A propos Bernard-Henri Leviathan
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