[Report] Alcatraz Metal Festival, 13 & 14 août 2016, Kortrijk (Be)

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
Bernard-Henri Leviathan

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Jour 2 pour le festival belge, le premier s’est fait sans moi mais que voulez-vous, la vie n’est pas toujours une ligne toute droite… Et puis vu les moments intenses que l’Alcatraz représente (un groupe, les potes, une bière, un groupe, une bière, les potes, un groupe, une frite, plus de potes… ah si, ils sont là-bas, deux bières, un groupe, une bière, un burger, tiens un autre pote…), voilà le genre de journée qui en vaut plusieurs en même temps.

Cependant, à revenir sur l’affiche, je peux vous parler du premier jour comme si j’y étais. « Pas terrible, un si bon groupe pourtant! Mais ils étaient mous sur scène… », « Whouah, c’était énorme! Quelle classe! Quelle claque! Une grande leçon de Doom ! », « Oui enfin, la période FM années 80, c’est pas la meilleure… et puis sa voix a fort vieilli tout de même ! », « Bah c’est du Metal moderne… je ne comprends pas trop l’engouement autour de ça », « Musicalement c’est quand même assez chiant… et puis en tête d’affiche je ne comprends pas bien… mais bon, elle est belle alors… », « En plein jour ça perd de son effet, quel dommage! », « Aaah voilà mon pote Jean-Marc du groupe DOOMFORGE », « Tu prends THE RUNAWAY, le même trip avec la même énergie ! », « Ils nous ont fait le même show que sur la dernière tournée. Après ça reste sympa… », « Très Rock’n’Roll. », « L’un des meilleurs concerts de la journée, et puis le Big 4 c’est culte! », « De toute façon, à part l’album “Psalm 69”, j’ai toujours trouvé ça pénible. »,

On mélange le tout et il ne vous reste plus qu’à relier aux groupes adéquats : Mon pote Jean-Marc de DOOMFORGE, THUNDERMOTHER, METAL CHURCH, THE ANSWER, CANDLEMASS, AVATAR, TRIPTYKON, ANTHRAX, MINISTRY, AIRBOURNE, WHITESNAKE, WITHIN TEMPTATION.

Enfin bref, au vu de l’affiche toujours, tout ne pouvait que s’annoncer meilleur pour cette seconde journée.

L’esprit Alcatraz, le voilà :  avant même les premières mesures de FLOTSAM & JETSAM, sans même chercher un peu je me trouve une bière collée dans les mains, face au gratin. Je vous présente donc Michel (MUSIC IN BELGIUM… mais si, je vous ai déjà parlé de mon pote Michel), Claude et JC (HAIRCUTS THAT KILL… mais si je vous ai déjà parlé de mes potes Claude et JC). Et puis il y a toujours plein de monde pas loin. Tiens, là un peu de DRAKKAR, je croise même notre Axel Meuriche national (Sounds Like Hell, Metal Cunt, Metallian) et bien d’autres…

Mais bon, là on en est en pleine ouverture sous le signe du Thrash, et pas des moindres puisqu’à FLOTSAM & JETSAM succèdera le grand EXODUS ! Curieux que de retrouver ces deux pointures en opening act et pourtant le choix ne semble pas si bancal tant les deux groupes arrivent en l’espace d’1h45 à secouer le public et bien l’échauffer pour la suite. En effet, avec un set de moitié tourné vers leurs deux premiers albums, il ne faut que trois chansons à FLOTSAM & JETSAM pour lancer le premier Circle pit de la journée. Il faut dire que le combo « Dreams Of Death » / « Hammerhead » et sa superbe ligne de basse a de quoi émoustiller.

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EXODUS, c’est un cran au dessus dans l’agression : pas de temps mort et 40 minutes de claque sur le haut du crâne, sans compter que le soleil commence à montrer ce dont il est capable. Steve Souza, que nous sommes à peu près tous heureux de retrouver depuis son retour en 2014, donne de sa sueur et joue les Moïse – comme dirait mon pote Michel – en scindant le public pour un Wall of death au son du « Bonded By Blood » binaire mais tellement mythique. Une excellente prestation!

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Rien qu’à entendre le soundcheck du groupe suivant, avec ce son de gratte ultra grave et moderne, je sais que ça ne va pas le faire. Je l’avoue, je n’ai jamais véritablement écouté DEVILDRIVER mais Dez Fafara et moi, ce n’est pas d’emblée une histoire d’amour. J’avais bien envisagé de piquer le report de Michel sur Music In Belgium mais je ne sais pas ce qu’il a foutu, il parle kébab à ce moment de la journée… Il ne me reste donc qu’à le suivre parce qu’il me donne faim! Allez, de loin je repère quand même quelques bons soli et un frontman souriant. Pour le reste, qu’est-ce que c’est chiant ! Sans compter le fait que je crois bien ne m’être jamais autant fait insulter à un concert ! Motherfucker toi-même, tiens !

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C’est pour les mecs un peu grincheux comme moi que l’orga a dû se creuser les méninges et trouver la solution en plaçant KORPIKLAANI à la suite. Et puis c’est pour les mecs un peu remplis comme moi que l’orga a dû se creuser les méninges et trouver la solution en créant l’espace VIP. Parce qu’à ce moment de la journée, les copains nous cherchent pour nous payer une nouvelle bière alors, avec Michel, nous décidons d’aller nous cacher à l’espace VIP (c’est vrai quoi, un peu de respect !). « Qu’est-ce vous buvez les gars ? », nous tombons sur Alain Boucly, le pro de l’image qui, lui, a eu un pass photo parce que c’est loin d’être un charlatan. Là, c’est le moment de faire un choix… « Bah…une bière ? » répond-on. Un chic type cet Alain Boucly ! D’ailleurs, le voilà lancé dans une gigue sous les accents folkloriques de KORPIKLAANI qui nous encourage avec un « Beer, beer » sautillant. Le set festif du groupe fait également bel effet sur le public. Quant à moi, je reste en admiration devant la démonstration de capoeira sans fausse note qu’exécute le violoniste !

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Il y a toujours un moment dans une manifestation de metalleux où le macho ressort… avec Lita Ford montant sur scène, c’est maintenant ! Il faut dire que Lita Ford, dans la mémoire collective, c’est ça :

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Rhaaa, bave, bave… non mais visez un peu cette superbe lutherie BC Rich !!!

Et c’est avec quelques autres spécimens de ses magnifiques guitares que la dame du rock nous livre une très bonne prestation en jouant la carte de son histoire, promouvant ainsi son autobiographie éditée en début d’année mais bizarrement pas du tout son dernier album. On aura donc droit au tube de l’époque THE RUNAWAYS (« Cherry Bomb ») en version plus metal, aux 2 titres qui ont fait le tour des compils K7 faites maison (« Close My Eyes Forever », le duo avec Ozzy interprété ici par son guitariste, « Can’t Catch Me » co-écrite par Lemmy et qui permet à Lita de lui rendre un vibrant hommage), à son retour aux affaires après quelques années d’errances (« Living Like A Runaway ») et même à la reprise d’Elton John, « The Bitch Is Back ». Lita est toujours une guitariste très cool, comme la qualifiait Slash, par contre on se serait bien passé du solo de batterie qu’elle annonce avec fierté… et ce, même s’il s’agit de Bobby Rock qu’elle annonce aussi avec fierté!

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Vu que nous sommes en plein trip archéologique, c’est le moment que choisissent Claude et Michel, sous un fallacieux prétexte mettant en scène coffre de voiture, glacière et bière gratuite, pour ressortir des trésors d’archives. Ce que nous tenons à ce moment-là entre les mains, mes amis, n’est autre que la racine même de ce qui donnera naissance à un ensemble de groupes locaux de Metal en vigueur de nos jours… photos d’époque, coupures de presse, contacts, tout y est et croyez-moi, ça vaut de l’or. J’y étais, j’ai tout vu et ça valait bien de manquer les premiers riffs d’Alexis Laiho qui, au même moment, en a certainement autant à faire de l’underground local que de sa première corde de guitare ! Il ne sait pas ce qu’il manque!

Justement, autre retour en arrière pour moi : CHILDREN OF BODOM. Les années lycées ! « Something Wild », « Hatebreeder », « Tokyo Warhearts », les désaccords entre mes potes et moi sur le fait que fun, oui, mais quand même un peu repiqué sur MALMSTEEN et STRATOVARIUS (ça, c’était moi !). Bref, je n’avais encore jamais eu l’occasion de les voir live mais les « Lake Bodom », « Silent Night, Bodom Night », « Hate Me ! » et « Everytime I Die » me laissent un agréable goût de nostalgie. C’était quand même toute une époque. Moins sensible à leur discographie plus moderne, la suite du set est cependant bien défendue par des musiciens accomplis qui ne sont plus à présenter, même si un peu moins de « blancs » entre les morceaux aurait rendu la prestation encore plus fluide.

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SOULFLY sur scène, c’est une pure merveille… surtout quand on y assiste du Metal Market, à faire ses petites emplettes à 1€ le CD avec du DIO à fond dans les oreilles !!! Oh mince, on s’était pourtant dépêchés et nous voilà déjà à la dernière chanson, nous permettant juste d’apercevoir un Max Cavalera en jogging rouge de toute beauté, hurlant de tout son soûl et quittant la scène sur un début massacré de « The Trooper » de vous-savez-qui… Quelle bande d’étourdis ! Pas sûr que j’aurais su en dire plus en restant sur place mais heureusement, Blackdog est toujours là pour attester le fait que les fans en ont certainement eu pour leur argent !

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Pourquoi KREATOR à ce niveau de l’affiche et EXODUS en ouverture ? Voilà qui fait partie des mystères insondables de l’Alcatraz. Toujours est-il que lorsque Mille et sa bande investissent la scène, on sent tout de suite les moyens mis pour un plus gros spectacle. J’en étais resté à l’idée assez sombre et brutale de KREATOR mais après sa méthodique entrée sur le « Choir Of The Damned », j’ai le sentiment de m’être fourvoyé sévèrement. Des gais lurons les mecs ! Pyrotechnie, feux d’artifice, petits gars masqués venant allumer des pétards, serpentins, confettis et canon à fumée ! Il y a bien un grand brun chevelu au devant de la scène mais non, pas de trace de Moon boots à la Simmons ! Quand on ferme les yeux pourtant, le bon niveau d’agression est là, on se sent proie au sanguinaire prédateur… Incongru. Côté setlist le groupe pioche allégrement dans sa discographie jusqu’au très bon « Phantom Antichrist » sorti il y a quand même maintenant 4 ans, en passant par un « From Flood Into Fire » interrompu par une coupure de courant malencontreuse et un « Pleasure To Kill » encore plus rapide que sa partition d’origine, laissant Jürgen Reil un peu en difficulté derrière ses fûts ! Côté public, on est en plein Wall of death, là !

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La nuit commence à tomber, c’est l’heure des têtes d’affiche. Gros décors et intro dans la pure démesure de Richard Strauss, AVANTASIA entre en scène. Cette fois j’ai grandi un peu, je suis à la fac au moment du premier album d’AVANTASIA et il fait mouche chez moi… ne serait-ce que par la présence des grands Andre Matos, David DeFeis et Michael Kiske! Tobias Sammet se souvient lui aussi de cette première fois où il a réentendu l’ex-HELLOWEEN pousser la chansonnette metallique, annonce-t-il avant un « Reach Out For The Light » d’antan. Malgré le fait qu’il commence à prendre de l’âge (oui Michel, il n’a pas encore atteint ta sagesse mais quand même), Tobias reste incontestablement ce meneur jouvenceau à l’aise dans ses bottes, haranguant la foule, blaguant (je serais assez tenté de le croire lorsqu’il annonce « Farewell » comme une chanson piquée à Céline Dion) et sautillant. Dans l’idée du concept, le concert est une véritable pochette surprise, on se demande quel intervenant débarquera à la prochaine chanson. Sur cette édition-ci, nous avons droit au formidable Michael Kiske donc, aux maniérés Bob Catley (MAGNUM) et Eric Martin (Mr BIG), à l’expressif Ronnie Atkins (PRETTY MAIDS), à la coach lyrique Amanda Somerville, au monstre Jorn Lande (ARK, MASTERPLAN, etc.) et Sascha Paeth à la guitare. Un tableau de chasse déjà conséquent même si, affiche faisant, nous attendions l’arrivée de Dee Snider, présent sur le dernier album du Metal Opera ambulant… il n’est pas venu, qu’à cela ne tienne il y a peu à patienter avant la clôture de cette édition par TWISTED SISTER !

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Mais d’abord, bière, potes et promenade digestive… de ce fait, comme des lièvres face aux tortues, nous manquons les premières chansons et surtout « Burn In Hell » que diable ! Michel m’avait rudement sermonné lorsque je m’étais écrié que TWISTED SISTER, même lieu, même heure, deux ans auparavant, ça sentait le réchauffé (ingratitude, irrespect, etc. Vous voyez le genre). Mais force est de constater qu’il faut lui donner raison. Je ne réalisais pas moi, jeune insouciant, qu’il s’agissait là de la dernière occasion de les voir sur scène. Le groupe, accompagné pour l’occasion par Mike Portnoy à la batterie, vient en effet tirer sa révérence en offrant, ce soir, sa toute dernière date en Europe après 40 ans de décibels et de festivités. Pour cela, il met le paquet : setlist impeccable (avec l’incontournable gimmick « We’re Not Gonna Take It » repris 4 ou 5 fois), grand messe puissante avec un Dee au top de sa forme, discours d’adieu à tour de rôle afin de laisser le public orphelin, larme à l’œil mais sacrément heureux ! Et puis, ce n’est pas comme s’il ne nous avait pas couchés sur son testament, nous léguant une discographie solide et intemporelle. (Par contre, niveau photos, vu le monde devant la scène et n’ayant pas eu de pass, je vous refourgue mes clichés d’il y a 2 ans… faut pas déc !)

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C’est donc sur ces pensées que s’achève cette nouvelle édition de l’Alcatraz Metal Fest qui confirmera, une année encore et je ne cesserai de le répéter, son statut d’un des meilleurs festivals de… bah du monde, tiens, allons-y. Le seul suffisamment grand pour voir du beau monde, avec une belle fluidité dans l’organisation, sans en perdre une miette (enfin, si tu restes en place…) et suffisamment petit pour ne jamais perdre tes potes !

Tiens, d’ailleurs où sont-ils ? Hé! Ouhouh ? …

Bon… il ne me reste qu’à écouter mes CDS à 1€….

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A propos Bernard-Henri Leviathan
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