[Live Report] Glenn Hughes + Jared James Nichols + Martin Barre – La Poudrière, Leffrinckoucke, 16.10.2015

Bernard-Henri Leviathan

concert - Glenn Hughes Martin Barre (Copier)

Voilà un petit moment que je n’avais pas profité des affiches assez incroyables que nous offrent la ville de Leffrinckoucke et l’asso nordiste « C Comme Ca ». Après le report de Michael Schenker que je vous avais concocté, c’est une autre pointure de l’histoire du Rock qui vient fouler les planches de la Poudrière. Non mais vous y croiriez vous si, sur la route du boulot, vous voyiez placardé aux quatre coins d’une ville pas forcément réputée pour son essence rock’nroll, le nom de GLENN HUGHES ! The Voice Of Rock quand même… à Dunkerque… je vous assure, c’est à vivre !

C’est une habitude maintenant pour ces rendez-vous, si ce n’est pas directement un grand nom – souvent issu des 70’s – qui trône en haut de l’affiche, c’est un «  ex-de… » (je m’étonne d’ailleurs n’être encore jamais tombé sur « Mlle machin ex-de Bernard-Henri Leviathan »…). Et cette fois-ci, c’est à l’ex-JETHRO TULL, Martin Barre, que revient la joie de tenir la tradition. Enfin… Glenn est aussi crédité ici ex-DEEP PURPLE mais bon, si l’on comprend l’intérêt marketing du message, il serait très restrictif de ne cantonner l’artiste qu’à ces deux, trois années de carrière musicale correspondantes. La set-list de ce soir le prouvera notamment : Glenn, c’est des projets et des groupes à tout va, dont bon nombre aussi nécessaires les uns que les autres !

Enfin, un troisième nom en petits caractères vient s’insérer sur l’affiche : Jared James Nichols, inconnu pour ma part. La soirée promet son lot de découverte donc… mais vu la consonance, ce n’est encore une fois pas la scène locale qui sera mise à l’honneur pour ouvrir le concert, seul véritable point qui me chagrine… mais j’y reviendrai car il ne s’agirait pas non plus de parler trop vite.

Arrivée dans la fosse à photographes : l’occasion de retrouver des collègues, notamment le célèbre Alain Boucly. Mais pas trop le temps de discuter, les amplis chauffent déjà. Il y a inversion dans l’affiche, certainement pour respecter les lois de la montée en intensité, c’est donc Martin Barre et sa troupe, choristes en option, qui ouvrent les festivités.

L’ambiance est feutrée entre beaux jeux de lumière et son impeccable offrant une belle présence à la basse qui, pour le remercier, nous gratifie de quelques excellents slaps ou solo. Il n’y a pas à dire, Martin Barre est un guitariste doué qui sait s’entourer (le jeu des sosies est toujours en vogue dans les concerts et cette fois-ci, c’est mon pote Jay qui gagne : « le chanteur, c’est Cyril Lignac »… médaille d’or  !) Durant le set, on aura forcément droit au Folk/Rock Prog de JETHRO TULL (« Minstrel In The Gallery », « A song For Jeffrey », « Fat Man » ou le très attendu « Locomotive Breath » forcément) mais également à une ou deux reprises du bluesman Bobby Parker ou le très élégant « Eleanor Rigby » des BEATLES dans une belle version réarrangée. Pas de flûte, ni de saxophone cette fois-ci et le Blues/Rock tout en finesse, aussi agréable soit-il, lasse tout de même au bout d’un moment. La fin du set arrive donc à point nommé car se fait surtout sentir l’envie de décibels !

Et du décibel, on va en avoir la dose ! Si l’on ne peut pas se fier aux allures de jeunes thrasheux de la Bay Area du trio entrant en scène, le Hard Blues de Jared James Nichols a de quoi coller de la semelle sur le fessier ! Ici, pas d’artifices, du gros son dans son plus simple appareil. Ce jeune échevelé, sans doute élevé à Hendrix, Stevie Ray Vaughan, l’influence sudiste, ou les boogies les plus roots de Van Halen, balance de son énergie par palette. Maltraitant sa guitare déjà couverte de sueur dès le second titre, s’agenouillant pour faire hurler son ampli, slidant à tout va, se lançant dans des soli sauvages, passant du picking au violoning, tout en proposant quelques reprises de MOUTAIN ou GRAND FUNK RAILROAD, Jared James Nichols c’est le Thomas Edison de la musique, de l’électricité tout simplement ! Et le plus costaud, c’est que tout cela est réalisé uniquement au doigt ! Je vous disais qu’on était dans le plus simple appareil. Seulement pour en arriver là, ils ont sacrément dû saigner les doigts ! Si les avis restent tranchés dans l’assemblée, à raison d’une sonorisation inégale dans la salle, cette belle découverte aura eu, chez moi, l’effet du rêve américain, un peu l’orgasme sans capote quoi!

Pourtant, me jetant sur le stand de merch durant le court changement de plateau pour acquérir « Highwayman », EP fraîchement sorti (et en profiter pour tenir la pose avec le géant gratteux… ils sont vraiment géants ces Américains… pas que dans les films), je dois avouer ma déception à son écoute sur le chemin du retour tant son caractère posé ne retranscrit pas l’adrénaline ressentie sur scène… mais bon, ici on parle studio, c’est une toute autre histoire. Enfin quand même… dix balles l’EP sympa mais pas tellement plus, avec deux reprises sur les cinq titres, ça chatouille le derrière…

Deux murs d’ampli se dressent sur la scène – Orange d’un côté, Marshall de l’autre – et l’attente est de courte durée pour voir entrer le grand Glenn Hughes avec, il faut le dire, une touffe de cheveux véritablement affreuse. C’est dans ces moments-là que je remercie la vie d’être chauve ! L’affiche aurait bien pu l’annoncer également, heureusement nous avions eu l’information auparavant : sur cette tournée, le maestro se voit accompagné (et ce n’est pas rien) de Doug Aldrich, autre habitué des grandes voix entre autres Dio et Coverdale ! Avec une association comme celle-ci, on ne peut qu’envisager le ravage… enfin, si l’on fait abstraction des grandes longueurs souvent pénibles : solo très habile de guitare, solo de voix où l’on perd Hughes dans les méandres (bien que remarquables) de son étendue vocale, re-solo de guitare, solo de guitare et batterie… mais bon, quand on connait le personnage, on sait qu’on n’y coupera pas ! En dehors de ça, le set est impeccable et varié puisque piochant de TRAPEZE (« Way Back To The Bone », « Touch My Life ») à BLACK COUNTRY COMMUNION (« One Last Soul », « Black Country »), en passant par les classiques solo (« Soul Mover », « Orion »), HUGHES/THRALL (« First Step Of Love ») et les classiques évidents de PURPLE (l’ouverture obligatoire sur « Stormbringer », « Mistreated », « Sail Away » et la clôture évidente sur « Burn »). Surprise! Avec l’arrivée de Doug, nous avons même droit à l’excellent « Good To Be Bad » de WHITESNAKE ! Glenn Hughes fera des merveilles sur ce titre, faisant totalement honneur à la voix d’or – l’autre – de son ancien compère.
Le son est gros, très gros… trop gros même. A un tel point qu’on pourrait voir des mains sortir des murs d’ampli pour venir directement filer des baffes ! Mes oreilles s’en souviendront le lendemain. Mais ceci est de ma faute, il ne fallait pas souhaiter autant de décibels en début de soirée ! Enfin, même sans oreilles, je peux dire que j’ai assisté là à une belle fête funky offerte au fan que j’ai pu être, et servie par un trio de monstres du Rock à l’expérience qui n’est plus à questionner.

Voilà donc une soirée à placer encore au rang des succès de l’asso et de la ville! Ce n’est pourtant pas fini. Cette année, la nouveauté à La Poudrière est de proposer une « after ». Et pour revenir à ce que je disais un peu plus haut, c’est ici qu’est laissée un peu de place à la scène locale. Quelques miettes en vérité… car, malheureusement, pas question de grande scène. Un petit coin de la salle accueille donc SPLEEN, groupe dunkerquois, qui proposera un dernier concert fait à base de reprises de grands classiques du Rock et du Hard. Seulement, si une poignée de personnes se postent en auditeur, quand tu t’es pris une grosse claque scénique, ce n’est pas une évidence de maintenir encore son attention. L’interprétation n’est pas mauvaise mais les reprises en tout genre ne sont véritablement pas ce qui me porte. Je décide donc de m’en retourner, saluant cependant l’initiative même si la véritable nouveauté, à l’avenir, serait de placer le local en ouverture sur la grande scène. Les grands événements locaux qui font aussi vivre le fond local… ça c’est de la bonne idée !

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