[News] « Un jour, un album » – thème : 100% français

Bernard-Henri Leviathan

Depuis toutes ces semaines où nous avons lancé la rubrique « Un jour, un album », et même si certains groupes sont déjà passés çà et là, nous ne nous étions pas encore réellement penchés sur la manière dont notre pays s’est emparée de la musique que nous aimons tant. Notre patrimoine national est grand. Nous vous parlions il y a peu de « Made In France – 40 ans de Metal », véritable encyclopédie regroupant près de 4200 groupes français ayant eu ou ayant toujours une place dans la grande mosaïque du metal français depuis 1976…. 4200 groupes, c’est dire si le paysage est foisonnant… Nous, on en a choisi 6…. c’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup! Comme dirait Aniron, soyons chauvin! Bienvenue en France!

 

Mercredi 24 juin : KELLS – « Anachromie », par Freyja

S’il est un groupe français que je retiens parmi les autres, c’est KELLS! Groupe lyonnais à la carrière aussi prometteuse qu’éphémère, il nous offre entre 2005 et 2014 3 albums aux ambiances diverses tirant leurs influences musicales du Néo, du Djent ou encore du sympho. En 2012, après plusieurs reports, sort « Anachromie » dont j’ai décidé de vous parler aujourd’hui car il est, selon moi, le plus abouti et le plus symbolique. Après 2 précédents albums très bons et sans prétention (si ce n’est un excellent duo avec Candice de ETHS sur le second), KELLS entre définitivement dans la cour des grands avec cet opus à l’enregistrement impeccable et au titre énigmatique. Virginie au chant nous laisse à bout de souffle avec ses alternances de chants clairs et gruntés qu’elle reprend en live avec une facilité déconcertante. Et le live, parlons-en! Sur scène, le groupe se révèle, technique, énergie, professionnalisme, tout y est et les grands de la scène sympho ne s’y trompent pas. TARJA, EPICA, LEAVES EYES,… emmènent KELLS sur leurs tournées internationales. Malheureusement, après des conflits internes, le groupe décide de ne plus donner signe de vie à leurs fans, pourtant de plus en plus nombreux, alors même qu’un 4e album devait voir le jour. Ne manquez pas sur cet album les titres « Bleus », « Emmurés », « Le manège déchanté ». Bonne semaine !

 

Jeudi 25 juin : FORLORN EMOTION – « The Sweet Decline », par Bernard-Henri Leviathan

Pour cette semaine « groupes 100% français », notre nation regorge de tant de perles, notamment dans cet underground que j’affectionne, qu’il m’est difficile de faire un choix. Je décide donc de me pencher sur un souvenir de jeunesse. 1997, je me déleste de 38 francs pour acheter le numéro 26 – numéro de juillet – de Hard Rock Magazine. Peter Steele (TYPE O NEGATIVE) fait la couverture tandis que le sampler présente Gregor Macintosh (PARADISE LOST) sur fond jaune. Je feuillète le magazine en passant les pistes de la compil’, et là, coincé entre les groupes précités, MISANTHROPE ou encore EMPEROR, je fais la découverte de ce qui restera un fameux pansement à mes écorchures adolescentes : FORLORN EMOTION et son titre « A Part Of Me » ! Un été à tourner dans mon walkman, puis j’arrive enfin à me procurer « The Sweet Decline », l’album, qui, un jour, disparait dans les limbes des prêts jamais revenus…. C’est presque 20 ans plus tard, ému, que je remets la main sur un exemplaire CD. Faites d’un Metal froid aux mélodies de cristal et à la toile de fond mélancolique, assez avant-gardistes pour l’époque, les 8 chansons dans lesquelles se mêlent Metal Indus, Gothique, Doom, Death/Thrash, Rock ambiant, s’avèrent assez inclassables mais terriblement envoûtantes. FORLORN EMOTION a une personnalité singulière, une sensibilité marquée, et « The Sweet Decline » a sa petite place bien à lui dans le paysage metallique des années 90, décennie d’expérimentations. Après une poignée de démos, « The Sweet Decline » restera l’ultime témoignage d’un groupe unique. Phil Reinhalter et Frédéric Fievez partent fonder DIVISION ALPHA, JC Majka et Jérôme Blanquet poursuivront avec MONDPROJEKT, et Karine Loez (sœur des frangins de SUP) se fera plus discrète. UNDEAD PROPHECIES, PUTRID OFFAL, SUP sont d’autres noms qui viendront ensuite s’inscrire dans le CV de ces musiciens. On ne le savait pas encore à l’époque mais on tenait là une tranche de ce qui fait la fierté du Metal extrême français actuel et je suis bien heureux de n’être pas passé à côté. De votre côté, si besoin, en fouinant ci et là, on peut toujours trouver des séances de rattrapage…. Que je vous conseille amplement.

 

Vendredi 26 juin : AGRESSOR/LOUDBLAST – « Licensed To Thrash », par Thrashmaniac

Aujourd’hui, je vous emmène en 1987, date de sortie du premier disque de Metal Extreme français… Bon ok, pas tout à fait, avant il y a eu « Acceleration Process » de MORSURE en 1985, dans le genre Speed Metal, mais là, on franchit une nouvelle étape avec ce Split LP « Licensed To Thrash » qui réunit AGRESSOR d’Antibes et LOUDBLAST de Lille!!! La face A, celle d’AGRESSOR, comprend six titres dont une intro, la finement nommée « Satan’s Sodomy ». Tandis que la face B, celle de LOUDBLAST, comprend quatre titres. Nous sommes donc en 1987, le Thrash a déjà ses albums cultes, « Kill’em All », « Reign In Blood » ou « Bonded by Blood », tandis qu’en France, on en est encore au Speed Metal avec les KILLERS, ADX ou SORTILEGE. Quelques groupes se forment dans la scène Underground, inspirés par ces albums venus des U.S.A. ou d’Allemagne. Niveau production, c’est du old school, 100% authentique avec des musiciens qui se débrouillent relativement bien, Alex COLIN-TOCQUAINE va se révéler l’un des meilleurs guitaristes nationaux, tandis que LOUDBLAST va progressivement passer du Thrash au Death Metal sur leurs albums suivants. Ce qui fait le charme de ce Split LP, c’est cette production justement et également les envolées aiguës produites par Alex et Stéphane BURIEZ de LOUDBLAST, qu’ils abandonneront rapidement. Les deux groupes jouent bien et leurs compos sont bien ficelées, on retrouve même des tempos se rapprochant des blast beats qui se généraliseront plus tard!! Pour les nostalgiques, ce Split LP a été réédité récemment en LP mais aussi en CD, agrémentés de bonus tirés des démos des deux groupes! Pour moi, ce fut une très bonne découverte prouvant qu’en France aussi on pouvait faire du Thrash sans avoir de complexes par rapport aux autres pays!!!

 

Samedi 27 juin : OLD’N’GLAM – « Ten Shades Of Grey », par Wicasa Wakan

La France étant à l’honneur pour le thème de la semaine, autant parler des copains… Après tout, la mode étant au lobbyisme décomplexé, au piston et autres cirages de pompes, pourquoi nous en priver ? Partons donc vers la Lorraine avec nos gros sabots afin de voir ce qu’il s’y passe ! Par ici on ne fait pas dans la dentelle, on préfère la porter, c’est plus sympa et drôlement plus fun. OLD’N’GLAM, porte bien son nom, c’est Glam (Glam Metal), comme nos bons vieux groupes des années 80, et c’est vieux, comme la bonne soupe qu’on fait dans les vieux pots ! OLD’N’GLAM c’est une espèce de best of de la B.O. de notre jeunesse, notre jeunesse à nous, les quinquados… Sorti en 2019, « Ten Shades Of Grey » ravira donc les nostalgiques de la grande époque et les amateurs qui apprécient que l’on fasse du neuf avec du vieux !

 

 

Dimanche 28 juin : REGARDE LES HOMMES TOMBER – Album éponyme, par Ceridwen

Cette semaine, on fait honneur à notre pays qui regorge de bons groupes. Formé en 2011, REGARDE LES HOMMES TOMBER ou RLHT pour les habitués, est un groupe composé de musiciens issus de différentes formations. De part les expériences de chacun, il nous offre un univers musical regroupant plusieurs styles. En 2013 sort leur premier album éponyme. Album aux atmosphères lourdes, pesantes, apocalyptiques… La froideur des textes et la voix tiraillée et déchirée viennent rajouter une couche à l’ambiance générale. L’artwork vient sceller le tout. Cet album est de très haute volée, tout est parfaitement imbriqué. Si vous ne connaissez pas encore et si vous aimez ce genre d’ambiance, je vous le conseille fortement. Et si vous connaissez déjà, bonne réécoute !

 

 

 

Lundi 29 juin : ETHS – « III », par Aniron

Soyons Chauvin! Cette semaine, nous parlons de groupes français, alors tout naturellement, après vous avoir déjà parlé de GOJIRA il y a quelques semaines, ce sera le tour d’ETHS. Tout le monde connait forcément ETHS. Les Marseillais se sont surtout fait connaitre début des années 2000 et surtout dès 2004 avec SOMA, et le single « Crucifère ». 2007, verra la naissance du petit frère, « Teratologie », avant une absence entre 2009 et 2012. « III » succédera donc aux précédents albums, en 2012. « III » restera mon préféré du groupe. Mené par le puissant single « Adonaï », l’album rassemble tout ce qui a fait le succès d’ETHS depuis ses débuts, Candice et ses growls magistraux, une écriture de texte très travaillée avec un univers très sombre. « III » inclura des cordes sur la plupart des morceaux, cela leur donnant un coté plus profond. On notera aussi une reprise très très réussie de « Music » de Madonna en bonus track. « III » c’est aussi le dernier album avec Candice au chant, Rachel Aspe reprenant le flambeau en 2013, avant que le groupe ne soit dissous en 2018 après deux concerts d’adieu à Marseille et Paris, avec Candice au chant. Triste destin, alors que l’album sorti avec Rachel, « Ankaa » était très prometteur.

 

On a de beaux paysages en France mais, allez, dès demain, on réouvre les frontières… parce que le Metal n’a pas de bannière. Le Metal c’est un passeport pour un voyage sans fin tout autour du globe! Et ouais!

 

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