[News] Confinement : « Un jour, un album » – Semaine 8

Bernard-Henri Leviathan

Voilà. Même si le déconfinement a un léger goût d’illusion, nous arrivons sur la fin de notre programme. Huit semaines à conter les belles histoires de nos albums préférés. Toutes ces petites pierres qui, l’une après l’autre, ont formé une grande histoire, celle de notre musique si passionnante qui, même si le monde s’écroule, reste aussi forte et nous fait toujours autant vibrer. Nous espérons que vous avez ressenti autant de plaisir à suivre ce rendez-vous quotidien que nous à vous le proposer. « Un jour, un album », nous n’avions véritablement rien inventé mais la formule est bonne… Aussi, nous allons tenté de lui donner une suite, et celle-ci prendra divers visages, suivra des thèmes selon nos envies, les vôtres aussi peut-être alors, comme on dit dans le métier : « Suivez-nous pour de nouvelles recettes »!

PS : Ah oui, je sais pas vous, mais ici, certain.es chroniqueur.euses semblent avoir mal vécu ce confinement… Accrochez-vous, parfois ça pique un peu!

 

Mercredi 6 mai : SAMAEL – « Reign of Light », par Freyja

Sorti en 2004, et tout comme le STRATOVARIUS que je vous proposais la semaine dernière, il est l’un des premiers albums Metal auquel j’ai vraiment accroché, tellement différent de ce que j’écoutais alors. « Reign of Light » dégage une ambiance vraiment particulière, d’ailleurs je n’ai jamais réussi à apprécier aucun autre album du groupe.  Mêlant électro, samples, influences arabisantes et bien sûr Metal, il m’est impossible de dégager des titres à écouter en priorité sur une tracklist où les 10 morceaux s’enchaînent comme s’ils ne faisaient qu’un. Bref, à ajouter d’urgence à votre liste d’albums à (re) découvrir!

 

 

 

Jeudi 7 mai : LACRIMOSA – « Fassade », par Bernard-Henri Leviathan

Certains diront que je rentre dans la mollesse. Sans doute, mais la mollesse sait aussi être d’une beauté infinie. LACRIMOSA est de ces groupes qui savent, dans l’ombre et en toute subtilité, manier l’art de la mélancolie et du romantisme. Passé progressivement des débuts Batcave en 1990 à un Rock/Metal gothique et symphonique – un Requiem Metal baroque oserais-je dire – le duo suisse-allemand Tilo Wolff/Anne Nurmi a su s’imposer comme un incontournable pour les âmes tourmentées. Faisant suite au chef-d’oeuvre « Elodia », le 6ème album, « Fassade », sorti en 2001, a poursuivi sur cette direction grandiloquente, toujours gorgée d’orchestrations magnifiques. C’est celui-ci que j’ai choisi de traiter aujourd’hui, simplement parce que, même si peut-être moins immédiat et moins Metal que son prédécesseur, c’est celui qui me touche le plus. L’album est un long poème meurtri avec ses accès de lumière, et sa tristesse à en tirer des larmes. Et comme à son habitude, toute cette passion est portée par la profondeur de la langue de Goethe. Calqué sur un schéma d’album que le duo affectionnait à l’époque, on retrouve les grands requiems ouvrant et refermant l’œuvre, le single plus calibré en deuxième position, la composition de la timide et belle Anne en 3ème position, puis 4 chansons permettant de varier intensité et tempo. Parmi celles-ci, laissez-vous séduire par les envoûtantes arabesques de hautbois posées entre les riffs solides de « Liebesspiel », par les soli de trompette sur « Warum So Tief » ou encore par le mysticisme d’Anne Nurmi sur « Senses ». Si Wolfgang Amadeus Mozart a une descendance spirituelle, nul est besoin de chercher outre l’androgyne et insondable Tilo Wolff. LACRIMOSA et ses belles illustrations au crayon, trop peu exposés et pourtant si intenses.

 

Vendredi 8 mai : ANTHRAX – « Sound Of White Noise », par Thrashmaniac

Nous sommes en 1993, le Metal n’est plus aussi populaire que ça aux Etats-Unis, la faute à quelques groupes habillés de chemises de bûcherons comme NIRVANA ou PEARL JAM! Certes quelques groupes sont apparus et le Death Metal a fait son apparition au début des 90’s, mais qu’en est-il des groupes de Thrash des 80’s? ANTHRAX par exemple? Après avoir remercié leur chanteur de longue date, depuis 1985, Joey BELLADONNA, les New-Yorkais ont recruté John BUSH, chanteur du groupe ARMORED SAINT qui pratique un Heavy Metal plutôt classique… Beaucoup de fans du groupe de Scott IAN, dont moi-même étaient sceptiques. « Sound of White Noise », m’aura rassuré dès le premier titre « Potter’s Field » et son tempo enlevé!!! La voix de John BUSH colle parfaitement à la musique avec ce timbre légèrement rocailleux, plus agressif que la voix de son prédécesseur!! Vient ensuite « Only » qui est plus mid tempo et qui deviendra un des titres les plus populaires du groupe, jusqu’en 2010.. Sur cet album ANTHRAX se réinvente un peu en évitant le systématique tempo Thrash et les fameuses Mosh parts qui les ont fait connaître. Quand on sait à quel point les membres du groupes ont des goûts musicaux très éclectiques, cela ne surprend pas!! Le groupe se permet quelques écarts stylistiques, tout en restant Heavy, essayant par exemple la ballade sur « Black Lodge », qui est largement supérieure à « Nothing Else Matters »!! Leurs racines Thrash sont encore là comme sur « Invisible », « 1000 Points of Hate » ou « Burst », mais exprimées un peu différemment!! Certains ont qualifié « Sound of White Noise » de « Grunge » (quel vilain mot), probablement à cause du producteur de l’album, Dave JERDEN, qui a produit JANE’S ADDICTION ou ALICE IN CHAINS, mais je ne suis pas d’accord, ANTHRAX reste Metal même si plus foncièrement Thrash et a sû évoluer sans renier son style, pas comme certains de ses collègues… »Sound of White Noise » est l’un des meillurs albums d’ANTHRAX avec John BUSH au chant!!!

 

samedi 9 mai : BAD ENGLISH – « Bad English », par Wicasa Wakan

Bâti sur les cendres encore fûmantes de JOURNEY par ses deux ex-membres Neil Schon et Jonathan Cain, qui retrouve ici ses ex-collègues de THE BABYS, le talentueux Jon Waite au chant et le bassiste Ricky Philips, le tout accompagné par le flamboyant Deen Castronovo aux fûts (d’ailleurs futur JOURNEY), BAD ENGLISH restera à jamais une des plus belles surprises des années 80. Oui je sais, ça fait beaucoup d’ex, de futurs et de futurs ex-… Ceci expliquant peut-être le fait que le groupe ne nous régalera que le temps de 2 superbes albums car c’est bien connu, lorsqu’on essaye de recoller les morceaux avec ses ex, ça ne dure jamais bien longtemps… BAD ENGLISH débarque donc sur les ondes en 1989, c’est le cas de le dire, car comme on le disait à l’époque, son Hard est plutôt FM, soit radio friendly. D’ailleurs pas moins de 6 singles tutoieront les ondes et les sommets des charts avec un N°1, un N°2, un N°5, un N°9 et un N°12 ! Excusez du peu ! L’album se classera par ailleurs platine aux states et le titre « Best Of What I Got » fera la B.O. de « Tango & Cash » avec notre ami Sylvester… Il faut dire qu’à l’époque les groupes de Hard US ont pignon sur rue, c’est d’ailleurs l’année où le Crüe nous gratifie de son « Dr Feelgood » qui deviendra 2ème vente mondiale de l’année derrière U2 ! Ca laisse rêveur… Bref, BAD ENGLISH nous enchante avec ce fantastique premier album éponyme qui sera suivi 2 ans plus tard par le non moins excellent « Backlash », le groupe ayant explosé en vol avant même la sortie de ce dernier. Une carrière trop courte, trop éphémère, aux yeux de certains dont je fais partie, ce groupe restera une étoile filante… Too BAD!

 

Dimanche 10 mai : ANAL YAKOUMARA – « La Daube », par Ceridwen

Aujourd’hui, à la veille du déconfinement, j’ai décidé de vous faire découvrir un album qui me tient particulièrement à coeur, et d’autant plus en ce moment où je me remets à rêver à mes retrouvailles avec les dancefloors marseillais. On ne présente plus la génialissime ANAL KAMASUTRA. En 2016, la bête s’était faite connaître avec le tube planétaire « love d’un voyou » et depuis, plus rien ne semble l’arrêter. L’album éponyme, sorti en 2018 a fait l’effet d’une bombe. Ses titres incontournables nous évoquent à tous quelque chose (de pourri), un souvenir, une émotion (mais vraiment merdique). De « Pookie » à « Copine » en passant par « la dot » cet album est celui des hits et de la maturité.

 

 

 

Lundi 11 mai: … …, par Aniron

– « Aniron? … Aniron?

– Ben attends ch’uis aux toilettes!!!

– Ah pardon! »

 

Mardi 12 mai : SACRED REICH –  « The American Way », par Metalmama

SACRED REICH : c’est un des groupes cultes du mouvement Thrash américain . Ce mouvement a toujours basé une partie de ses textes sur la contestation et la prise de conscience. SACRED REICH représente LE groupe engagé parmi les nombreux groupes de l’époque. Ils ont une démarche et une attitude pour les moins personnelles et uniques. Ils se sont beaucoup positionnés contre la guerre. Dans « The American Way », il est surtout question d’égratigner les valeurs de l’american way of life, d’évoquer la destruction de l’environnement ou l’abrutissement et la dérive de la societé. Mais SACRED REICH, c’est aussi une bande de musiciens très doués, permettant ainsi aux paroles d’être soutenues par des riffs puissants et efficaces (« love..hate », « the american way » entre autres!), une batterie explosive, des soli fluides et techniques, également mis en valeur par une production énorme pour cet album! Le dernier titre « 31 flavours » clôture de manière cool, un album pas spécialement marrant à la base! On retrouve d’ailleurs dans ce titre une énumération de groupes appréciés par SACRED REICH : Metallica, Faith no more, Sting, Jimi Hendrix ou Black Sabbath, entre autres! Ce deuxième album leur a fait franchir un palier qui leur permet de proposer une musique plus efficace et plus mature. Les textes sont plus acérés. Sorti au moment de l’émergence du Death Metal, cet album n’a pas reçu l’accueil qu’il méritait. Pourtant, il est réussi et mérite qu’on le rédecouvre.

 

Alors? Ca vous dit de revenir faire un tour demain? L’air de rien, on n’a pas envie de ranger nos disques!

 

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