[Live Report] RHAPSODY 20th Anniversary + BEAST IN BLACK + SCARLET AURA, au METRONUM, 17 mars 2018

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos !
Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...
Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Dire que cette soirée tenait de l’événement est un doux euphémisme. La tournée d’adieu d’un groupe mythique, Rhapsody (oui, pour l’occasion, “of Fire” a été enlevé, probablement pour des questions de droits, mais aussi pour rappeler le nom originel du groupe), du moins sous son line-up le plus flamboyant. Jugez un peu : Luca Turilli et Dominique Leurquin aux guitares, Patrick Guers à la basse, Alex Holzwarth à la batterie, et bien sûr Fabio Lione au chant ! Ne manquait que le claviériste Alex Staropoli, resté chez lui à s’occuper du futur de… Rhapsody of Fire, étant désormais seul capitaine à bord d’un navire dont l’équipage est désormais composé de nouveaux matelots. A concert-événement, il fallait un show à la hauteur des attentes, et le moins que l’on puisse dire – allez, je vends la mèche -, est que le public allait être gâté.

Mais venir seul eut été criminel, et les roumains de Scarlet Aura ainsi que les finlandais de Beast in Black menaient avec les italiens une tournée promotionnelle de rêve.

C’est avec le quatuor roumain que débutent les hostilités, avec l’entrée en scène d’un ange, Aura Danciulescu, pantalon en cuir, talons aiguilles et ailes déployées dans le dos – faites gaffe quand même pour l’after show, le guitariste-colosse n’est autre que son mari ! Du rock, du metal mélodique sans fioritures, direct, avec des titres simples mais joués avec un entrain communicatif : You are not Alone, Immortal in your Eyes, My Own Nightmare, et la formidable reprise d’Iron MaidenWasting Love, qui n’a absolument pas à rougir devant l’original (allez donc jeter une oreille à leur album de reprises, Memories, vous serez surpris par la qualité des covers !). Aura est une frontwoman accomplie, et le groupe, même si encore peu connu dans nos contrées, a l’habitude d’ouvrir pour des cadors du metal (Tarja il y a peu, et Angra bientôt pour ne citer qu’eux). Leur aisance devant un public déjà bien présent (le concert est sold-out depuis plus de deux mois, tout comme la date parisienne de la veille, faisant des français le public le plus enthousiaste de la tournée mine de rien !) fait plaisir à voir et même si le groupe aura peu de temps pour s’exprimer, il aura su chauffer la salle et donné envie à beaucoup – dont votre serviteur – de les rencontrer sur leur stand après le show. Et la promesse de se revoir bientôt est assurée !

Après une rapide installation – un grand bravo aux roadies -, c’est ensuite au tour de Beast in Black, la nouvelle créature du guitariste Anton Kabanen (Battle Beast), d’envahir la scène, mettant encore une fois son animal fétiche en avant, le lion. Les finlandais chauffent la salle avec l’enregistrement de Night Crawler, de Judas Priest, jouant avec le slogan du groupe, The Beast in Black… The Beast is Back. Puis les musiciens entrent avec le fracassant titre éponyme… et une petite déconvenue refroidit vite l’audience qui ne s’empresse d’ailleurs pas à lever les bras et répondre aux avances du groupe. Ennui technique ? Nul ne le sait, toujours est-il qu’une désagréable impression de play-back commence à remuer les rangs et fait tourner les têtes des spectateurs. Yannis Papadopoulos ouvre la bouche, mais les muscles de sa gorge ne se tendent pas et le son vient visiblement d’ailleurs… L’assaut vocal de cette chanson est pourtant du genre à ne pas laisser de marbre. Un petit tour backstage durant la partie instrumentale, et le chanteur est de retour, livrant enfin la prestation attendue. Ouf ! Nous aurons donc droit au déluge de notes attendu par tous les fans de Battle Beast et de Sabaton. Beast in Black est désormais dans la place et il faudra compter avec lui. Les tubes s’enchaînent et il est presque difficile de se dire que les huit titres qui seront joués ce soir sont tous issus de l’album sorti l’an dernier, le furieux Berserker. Yannis n’hésite jamais à prendre le public à partie et s’adresser à lui de cette voix fluette et faussement fragile qui prend une telle ampleur quand il se lance dans ses lignes de chant. Quel plaisir d’écouter Blood of the Lion et Blind and Frozen, leurs rythmiques et soli imparables (grosse mention au sympathique batteur Sami Hänninen !). Même le titre “metal pop” à la Amaranthe qu’est Crazy, Mad, Insane, avec ses boîtes à rythmes, va emporter les suffrages et remuer la foule, toutes les guitares s’alignant comme des robots, les yeux masqués par des lunettes noires sur les écrans desquelles défilent les trois mots formant le titre de la chanson. Excellent tout cela ! Ne manquait finalement peut-être qu’une reprise… du genre Judas Priest justement, histoire de boucler la boucle et mettre en évidence les capacités du combo (j’avais même une idée de titre, Metal Meltdown ! Alors les gars, si vous me lisez et repassez dans le coin, pensez à cette idée !!!).

Là aussi, promesse de se voir après le show de Rhapsody, et comme Scarlet Aura, l’intégralité du groupe sera effectivement à disposition des fans pour signatures, échanges et photos. Assez rare pour être signalé ! Bravo les gars !

Très vite, la place est faite pour accueillir les titans du hollywood metal. La tension va monter, exploser même quand les lumières vont se ternir pour annoncer l’imminence du show. L’intro In Tenebris retentit avant que n’arrivent sur scène les musiciens, portés par la fougue de Dawn of Victory et celle d’un certain Luca Turilli, qui n’aura de cesse de bondir sur la scène durant toute la durée du set, plus par enthousiasme que par volonté d’attirer l’attention, bien au contraire. C’est Fabio Lione qui va prendre les opérations en main, s’emparant du public comme s’il se saisissait lui-même de l’épée d’émeraude tant convoitée. Son talent est immense sur album, il l’est tout autant sur scène, si ce n’est plus tant on le voit alors travailler sans filets, sans artifices. Non content d’interpréter avec une facilité déconcertante des perles épiques telles que Symphony of Enchanted Lands (argh, quel morceau !!! Il y rajoute même ses capacités de ténor !), Rain of a Thousand Flames ou Beyond the Gates of Infinity, il s’attaque au versant le plus agressif de la discographie du groupe avec des titres comme Knightrider of Doom ou Holy Thunderforce, avant de nous régaler sur des titres plus romantiques tels que les superbes Wings of Destiny ou Lamento Eroico. Le bonhomme n’est également pas avare en échanges avec le public, et le plus souvent en un délicieux français, comme lorsqu’il rend hommage avec humour au grand Christopher Lee, allant même jusqu’à imiter la voix grave de l’acteur, avant de lui dédier un Riding the Winds of Eternity d’anthologie. Les musiciens sont évidemment au diapason, avec une impeccable section rythmique, Alex Holzwarth et ce boucanier de Patrick Guers ayant chacun leur instant de gloire avec un solo les mettant seuls en scène et sous la généreuse  et méritée lumière des projecteurs. Côté guitare, Leurquin et Turilli vont effectuer un boulot tout aussi irréprochable, la technique tranquille de Dominique laissant la place à l’euphorie dont sait si bien faire preuve Luca, celui-ci donnant bien du fil à retordre aux photographes (un grand mérite à eux tant le bonhomme sautait partout !). Et bien entendu, n’oublions pas l’élément important qui a fait de cette soirée une formidable réussite : le public ! Celui-ci était entièrement acquis à la cause du groupe, bien entendu, mais Rhapsody lui servit sur un plateau des morceaux qui ne demandaient qu’à être repris en cœur, de la plus vibrante des façons : Land of Immortals, le festif The Village of Dwarves, et bien sûr, le dantesque et final Emerald Sword, titre attendu sur lequel tout le monde s’époumona.

Les lumières se rallument alors, le show est fini, mais quel show ! Pour beaucoup ce fut quelque chose d’unique, de jamais entendu, renforcé par le sentiment que c’était vraiment la dernière occasion de voir le groupe sous son meilleur jour, n’en déplaise à Mr Staropoli. Une ère se termine, et c’est assurément l’ère des légendes. Elle restera gravée dans les mémoires pour les siècles des siècles, taillée dans l’acier des armures à coups d’épées par le maître de ce genre nouveau auquel peu croyaient il y a déjà vingt ans et qui depuis a fait tant d’émules et gagné des armées de fans.

Pour terminer, un grand merci à SPM Production pour avoir pu rendre tout cela possible, et aux si sympathiques membres de Scarlet Aura et Beast in Black. Et n’oubliez pas, vous deux, vous avez promis de revenir bientôt !

Scarlet Aura Official

Beast in Black Official

Rhapsody Reunion Official

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A propos Herbert Al West - Réanimateur Recalé
Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos ! Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...

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