[Interview] ZAANG, un an après « Perdition »…

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
Bernard-Henri Leviathan

Un an déjà que nous avons parlé de ZAANG, groupe émérite des contrées nordistes. C’était à l’occasion de la sortie de leur excellent et novateur premier album, « Perdition », dont la chronique est à retrouver ici. Un premier anniversaire pour cette œuvre et un concours que le groupe lance actuellement, voilà donc deux belles raisons de leur laisser un peu la parole !

Lors d’une interview, la première question est toujours l’occasion de laisser le groupe se présenter. Comme le disait un collègue il n’y a pas si longtemps : « En même temps on trouve l’info facilement sur le net maintenant ». Alors coupons la poire en deux : pourriez-vous vous présenter en 6 mots (comme vous êtes 6 musiciens, vous pouvez la jouer démocratique) :

Niko : 5 cordes

Mike : 7 cordes

Fred: Pas mieux…

Jay : Cordes  vocales

RV : Touches + potards + voix

Steph : Baguettes

Ça fait beaucoup de cordes tout ça et il y a un peu de triche dans les 6 mots… Avant de nous expliquer d’où vient ce nom peu commun, vous arrive-t-il de « lécher le cul du chat comme un fou » les sombres après-midis de solitude (toute ressemblance avec un film de chevelus dont l’un apprend le cantonais par amour pour une tigresse est totalement fortuite… excellent!) ? 

Jay : Je donne ma langue au chat ! Pour le nom du groupe, il y a tellement d’explications possibles que chacun  a  son interprétation. Pour nous, « Zaang », c’est avant tout  un son  un peu  étrange!

Vous lancez un concours pour faire gagner des albums… vous nous en parlez un peu ?

Fred : L’anniversaire de l’album correspondait avec notre 666ème « like » sur la page Facebook du groupe, l’occasion de fêter ça et faire plancher un peu les plus motivés  pour remporter notre magnifique digipack !

Un an déjà pour la sortie de « Perdition », votre premier album. Pourriez-vous revenir sur sa gestation ? Quel a été le cheminent de la composition à l’édition ? 

Hervé : L’amitié qui nous lie tous a été indispensable pour la concrétisation de cette œuvre commune.

Mike : C’est vrai,  d’ailleurs la gestation de  certains titres a duré près de 5 ans ! On a  pas mal évolué depuis 2008. On avait une idée mais on ne connaissait pas encore le chemin à suivre. Et c’est tous ensemble que nous l’avons trouvé pour accoucher de « Perdition ». On a vraiment beaucoup travaillé pour faire une musique qui nous ressemble et nous réunit. De ce fait, notre approche peut parfois paraître déroutante pour certains auditeurs qui auront besoin de plusieurs écoutes pour vraiment saisir toutes les subtilités de notre univers. Mais bon, ça reste du Prog’ Thrash Pop alternatif, quoi !

Jay : Quand tu lis le livret du cd, tu vois que Mike a composé la majorité des titres, ce fut la partie facile de la création de Perdition, car on a pu se reposer sur l’ inspiration d’un membre dont les compos ont rencontré l’adhésion des autres. La tâche fut plus difficile pour les arrangements car nous voulions peaufiner et penser chaque détail. Cela nous a pris un temps fou, surtout à six. Mais au final, on est très satisfait du résultat !

La musique de ZAANG est très complexe. On y perçoit un bagage culturel varié. Ardue fut ma tâche pour décrire votre album au moment de le chroniquer. Qu’avez-vous voulu mettre dans cet album ? Dans votre musique plus généralement ?

Mike : Comme je le disais précédemment, c’est un peu de nous tous qu’il y a dans « Perdition » ! Initialement, on voulait écrire de la musique progressive avec des titres de moins de 5 minutes. On voulait mixer tout ça avec du Thrash, du Neo, de la New Wave, de la Pop, du Death… Bref, ne se fixer aucune limite. Et on est heureux comme ça !

Jay : Désolé pour le casse-tête, mais la complexité n’est pas calculée. Le ou les compositeurs explorent une manière d’écrire et de penser la musique librement, du  moment que le morceau garde une certaine cohésion et un thème accrocheur.

Fred : ZAANG est une synthèse de nos diverses influences musicales qui sont très vastes, bien au delà du Metal ! Et c’est surtout la musique qui nous plait. On n’a pas d’autre prétention que de la partager avec ceux qui y sont réceptifs.

Quel bilan pouvez-vous faire des réactions du public et des médias, au terme de cette année ? 

Fred : Beaucoup de chroniques, une trentaine, toutes positives ou très encourageantes ! On ne s’attendait pas à un tel résultat pour notre musique si particulière et hors des grands courants à la mode dans le Metal.

Mike :  Je pense que pas mal de gens ont pu découvrir toutes les subtilités de notre musique avec ce disque. Nous avons eu de très belles chroniques en France (tu nous as d’ailleurs particulièrement gâté avec la tienne !) mais ce qui nous a surtout vraiment fait plaisir, ce sont les retours des webzines et magazines étrangers qui ont été vraiment très bons. Nous chantons en français et ils n’ont donc pu juger que la musicalité et de ce côté là, on a découvert que le chant en français pouvait s’exporter. Ça n’augure que du bon pour la suite !

Tout à fait! D’ailleurs, je ne comprends pas l’idée qu’une musique chantée dans la langue natale puisse ne pas s’exporter. Sinon, et vous ? Quel jugement portez-vous aujourd’hui sur votre réalisation ?

Mike : Je ne suis pas perfectionniste et je pense que la musique doit garder un aspect un peu imparfait parfois. Cela dit, ça ne nous empêche pas d’être exigeants ! Avec du recul, il y a des choses qu’on aurait fait différemment si nous avions eu plus de temps. Ce temps nécessaire, on le prendra pour le prochain album et il sera encore meilleur !

Jay : Tout à fait,  on a tout donné sur le moment, il y a  des défauts mais on va s’appuyer dessus pour proposer quelque chose de plus abouti.

RV : « Perdition » nous permet de tracer notre propre sillon et j’espère amener notre pierre à un édifice en perpétuelle évolution. Nous ne sommes que des porteurs de témoin pour faire vivre la musique éternelle.

Question pour Jay : Je te l’ai déjà dit, je trouve que tu as fait un gros travail vocal sur cet album, en expérimentant des timbres variés. Pourra-t-on s’attendre à de nouveaux horizons pour les prochaines compositions (j’y tiens à cette potentielle évolution vers des interventions lyriques à la Patton 😀 ) ?

Jay : Mike Patton ! Tu me gènes, il est tellement incroyable, je me sens vraiment tout petit à côté de lui. En tous cas, merci pour les compliments! J’ai effectivement expérimenté différents timbres car j ‘aime beaucoup  de chanteurs et je suis  sous influence multiple. En plus, la musique de ZAANG, elle même, m’oblige à me creuser la tête pour bien coller à l’émotion de chaque passage. J’essaye d’être spontané, mais ensuite je prends du temps pour bien réfléchir à la pertinence de mes lignes vocales. Pour les prochaines compositions, je vais continuer à explorer ma voix pour enrichir cette palette d’émotions, tout en évitant de me disperser.  Aujourd’hui, je suis un peu plus sûr du chemin à prendre.

Vos textes sont assez noirs et contemporains. Quelle vision portez-vous sur le monde dans lequel nous vivons ? 

RV : Une vision pessimiste de l’Humanité qui finira par se détruire elle-même malgré un potentiel fabuleux qui a permis a l’Homme un progrès considérable.

Jay : Les attitudes extrêmes sont de plus en plus influentes et violentes, que ce soit au niveau financier, politique ou religieux, elles fissurent le ciment qui unit  les gens. Il est de plus en plus difficile de mettre de la légèreté dans tout cela quand on voit la  tournure que cela prend! On parle de mondialisation, la remise en cause ne pourra se faire qu’à ce niveau là !

Étant chroniqueur nordiste, nous côtoyons une même scène underground. On en perçoit votre ancrage dans le livret du CD. Que pensez-vous de cette dernière, en termes de structures, d’accueil, de groupes, etc.?

RV : Nous sommes fiers d’être issus d’une région, qui est en France la 1ère après Paris en ces termes d’émulation et de densité de groupes, d’où sortent de nombreux artistes talentueux, sans concession, dans un monde musical français si aseptisé.

Mike : Effectivement, nous avons la chance de faire partie de cette fameuse scène Metal underground nordiste très riche. On pourrait citer un nombre non exhaustif de groupes comme THE LOSTS, DEAD SEASON, W.I.L.D, MONSTERS, PRAYER’S HATE, HEONIA, UNSTABLE, BEYOND THE HATRED, DUNKELNACHT, et tellement d’autres (désolé pour ceux que j’ai oubliés) ! Cette émulation est vraiment très bonne pour chacun mais là où le bas blesse, c’est au niveau des lieux où jouer… Il y en a de moins en moins, surtout sur la métropole lilloise, qui permettent de jouer dans des conditions décentes…

Fred : C’est bien triste, les endroits d’expression libre disparaissent les uns après les autres, il existe plein de scènes intéressantes en région mais peu éclectiques. Surtout élitistes, il faut faire partie de « réseaux » pour y accéder.

Le visuel d’un album est toujours important pour moi, c’est la première entrée et ce qui donne une « couleur » à la musique. Quelle a été l’idée derrière celui-ci ? Dans ma chronique, je relie les échelles à chaque chanson mais j’ai cru voir passer que cela a été fait un peu par hasard… 

Jay : Effectivement! Pour le nombre d’échelles, on n’avait pas poussé le concept jusque là. Le hasard fait parfois bien les choses !

Il y a eu une belle évolution depuis la démo de 2011 avec un beau niveau technique de chacun. Quel temps consacrez-vous à votre musique par jour ou par semaine ? 

RV : Pas assez malheureusement !

Mike : Pour ma part, j’essaie de jouer un maximum mais avec le boulot et la vie de famille, ça demande une organisation de tous les instants ! Du coup, c’est difficilement quantifiable.

Jay : C’est vrai que l’on aura du mal à te donner un temps exact, mais pour t’éclairer, nous répétons une fois par semaine ensemble et/ou faisons des sessions à deux ou trois pour avancer sur les compositions. Ce choix de travail est aussi dicté par la distance qui nous sépare puisque nous sommes disséminés entre le Hainaut, l’Artois et les Flandres !

Fred : On sait qu’il faudrait en faire plus, composition, résidences, concerts, promo…  Nous aurions besoin de 2 personnes à temps plein… bénévoles bien sûr !

En dehors de la musique, quels sont vos domaines de perdition ?

Mike : Je n’ai pas le temps de me perdre alors j’essaye de toujours savoir où j’en suis.

Fred : Photo, plongée, voyages…

Jay : La musique, encore et toujours !

Quels sont vos projets pour la suite ? Des dates de prévues ?

Mike : Un deuxième album en cours d’écriture qu’on espère sortir en 2018 et quelques dates début 2017 pour se remettre le pied à l’étrier.

Dans ce cas, bonne route à vous les mecs! On se fait la bise ? 

Mike : Avec plaisir et la prochaine fois qu’on se trouve en vacances dans le même coin, on essaye absolument de se capter! OK cher BHL ? (Of course!)

RV : Bien sur, ch’ti mi oblige !

 

 

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A propos Bernard-Henri Leviathan
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