[Interview] SUPURATION Hellfest 2014

Blackdog

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Fétichiste des cheveux chez Lords Of Chaos Webzine
Je ne fais pas ce que je veux avec mes cheveux et c'est frustrant.
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Voyez-vous, il y a des groupes qui marquent votre jeunesse pour diverses raisons.
Dans le cas de certains, c’est leur singularité, c’est ici le cas avec SUPURATION qui est intimement lié à son faux jumeau SUP.
C’est donc avec un plaisir non dissimulé que j’ai reçu la nouvelle de leur présence sur scène au Hellfest et surtout que j’ai pu échanger quelques instants avec eux.
J’avais entre autre un souvenir de dédicace en 1997 à la Fnac de Créteil (et oui, c’était possible ça à l’époque) et un souvenir bien précis de ce que ce groupe produisait comme musique au moment de les interviewer… 

Vous sortez juste de scène, quel ressenti avez-vous ? 

– On a un super ressenti, cela fait longtemps que nous n’avions pas eu une ambiance aussi chaude avec un très bon retour du public.
Vu notre musique, on n’a pas trop l’habitude que le public lève les bras, il est plus attentif.

– Ce n’est pas souvent qu’on a l’opportunité de jouer dans des lieux comme ça, en général on joue dans des lieux plus confinés mais on s’est fait plaisir.
Je pense que les gens qui sont venus nous voir se sont fait plaisir aussi, en tout cas ils ne sont pas partis !

D’ailleurs c’est une expérience ce genre de grande scène, vous en faite peu par manque de choix ou justement pour l’aspect confiné d’autres lieux ?

C’est bien à faire de temps en temps, c’est une bonne expérience mais c’est vrai qu’il faut pouvoir…

Je dois être honnête, ça fait un moment que je ne vous ai pas vus sur scène, ça remonte à mes années lycées à la fin des années 90. Je me souviens que vous aviez vraiment une image assez particulière, un peu ovniesque, un peu à part.
Même si SUPURATION était bien classé dans le Death, c’était à part et là je retrouve exactement la même ambiance…

Oui, on a fait six albums depuis…

C’est un peu la signature du groupe, on est un peu inclassables. On est un peu une sorte d’ovni dans n’importe quel festival, c’est pour ça qu’on aime bien jouer dans des petits lieux avec des gens qui connaissent le groupe, un peu des fans.
On a une bonne fanbase, là les gens comprennent un peu plus.
Là, le Hellfest ça va, on joue l’album The Cube, c’est quand même un album qui parle à beaucoup de gens.
Avec SUP, on a un sujet un peu différent alors c’est vrai que c’est plus facile de faire des festivals qu’avec SUPURATION.

D’ailleurs avec The Cube, vous avez créé une trilogie, c’était prémédité ou c’est plutôt un premier projet que vous avez voulu étoffer par la suite ?

On a sorti « Incubation » en 2003, une sorte de prequel à « the Cube », ça correspondait à l’anniversaire de l’album de 1993 et on a décidé à ce moment de faire une trilogie, l’idée est née à ce moment là.

Vous avez l’impression d’avoir gardé le même public au fil de cette trilogie ou de l’avoir vu évoluer ? 

Je pense que l’album « the Cube » a plus marqué que le reste mais l’ensemble reste cohérent.

Je pense qu’on ne retrouvera jamais le ressenti de l’époque. A cette époque les gens achetaient un disque et ils l’écoutaient cent fois alors que maintenant on achète cent albums pour les écouter une fois, c’est différent.

On l’a dit vous avez une musique atypique et finalement, je le vois aujourd’hui, assez intemporelle, vous n’avez jamais eu envie de vous dédouaner de cette singularité ?

Bah on l’assume…

Là dans le public je m’étais bien mis au milieu, on voit que les gens restent mais qu’ils hésitent aussi à bouger, je viens de voir Benighted avant où c’est un bordel sans nom…

Oui les gens sont plus attentifs, là c’est un album qui raconte une histoire avec sa progression, les gens sont plus concentrés…

Après ça vient aussi de la construction, on avait déjà constaté ça à l’époque, on fait beaucoup de breaks, beaucoup de changements, du coup s’il te vient à l’idée de lancer un circle, tu te retrouve rapidement tout seul, cassé dans la course, tu n’as plus cette énergie.
D’ailleurs, pour Benighted, tu as un album à soulever les foules super bien fait. Nous, c’est différent, c’est plus torturé et clairement, c’est pas le même style. La différence de public est énorme.

C’est vrai que je vous retrouve un peu comme je vous ai un peu « lâchés »…

C’était un peu le but recherché, c’est totalement assumé de faire un truc un peu alambiqué.

Le dernier volet date de 2013, vous en êtes où des projets ?

Du coup SUPURATION ce n’est pas encore tout à fait terminé, on a encore quelque projets sous ce nom, on va surement sortir la trilogie en BD, en deux volumes et ça va nous emmener vers le prochain album de SUP qui est déjà en cours.

Vous allez donc bien garder les deux projets SUP/SUPURATION comme à l’époque ?

De toute façon, si tu remarques bien à la fin de l’album « The Cube », la dernière phrase est aussi la première phrase de l’album « Hegemony » de SUP. Ca laisse perdurer l’histoire et ça permet à SUP de revenir après.
On est en pleine phase de composition dessus…

Justement en matière d’inspiration il y a toujours ces mêmes thèmes, ces idées de manipulation de l’esprit, dès l’enfance, pourquoi ce choix ? 

Ce sont des thèmes qui sont récurrents dans nos albums c’est vrai, je ne sais pas d’où ça vient mais c’est ce qui nous plait, ces histoires un peu tragiques, un peu malsaines, torturées.
Dans tous les albums, il y a les mêmes thèmes, que ce soit la mère, l’enfant, c’est toujours ça…mais je ne sais pas vraiment pourquoi.

On peut le prendre comme quelque chose de totalement science fiction ou au contraire d’assez réaliste, c’est ce qui vous plait dans ces sujets ?

C’est ça, ne serait-ce que dans « Incubation » c’est le coté réel du « Cube ».

Dans les trois albums du triptyque c’est la même histoire mais retranscrite de différentes façons.
Le « Cube », le premier, c’était vraiment l’âme après la mort, son voyage après le suicide.
Alors que quand on regarde « Incubation », c’est vraiment ce voyage qui a été transcrit dans la vie réelle de la fille.
On retrouve le même principe dans le « Cube 3 », avec la phase de réincarnation de l’âme.
On retrouve la même base de titres et on peut même reconnaître certains riffs qui sont carrément assumés et volontaires par rapport au concept de l’histoire.

Autant « Incubation » a été fait de riffs composés avant, autant le « Cube 3 » utilise des riffs à connotation de « The cube ».

Oui, ça crée des ponts, c’est la même structure.

Quand on revient un peu aux débuts du groupe, on parlait volontiers du « gang des lillois » avec ces groupes du nord comme vous ou Loudblast. Stéphane Buriez faisait d’ailleurs partie du groupe au tout début. Vous aviez quelle vision de ça à l’époque, vous saviez où vous vouliez aller ?

Quand tu as 20 ans tu ne peux pas savoir, on ne se posait pas beaucoup de question. C’est clair qu’on ne se projetait pas ici…

Justement des groupes de l’époque comme Loudblast, c’est facile de prendre l’exemple, ont beaucoup évolué. Vous non, vous ne craignez pas de finir par vous déconnecter du public ?

Nous c’est un peu différent de Loudblast, le groupe à beaucoup évolué alors que nous on garde comme on a dit cette volonté d’homogénéité, c’est un peu qui m’aime me suive.
Tu aimes Sup ou tu n’aime pas, il n’y a pas d’autre alternative, c’est nous quoi…

C’est avec plaisir vous l’aurez compris que j’ai retrouvé les frères LOEZ pour cette interview. 

Interview Supuration
C’est vrai, à vingt ans on imagine et ne peut imaginer ce qu’on fera vingt ans plus tard, cet échange en est la preuve !
Alors pour choisir une des deux seules alternatives possibles, moi j’aime SUP et aussi SUPURATION, ou l’inverse…

 

 

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