[Interview] SONIC WINTER

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Bonjour Jean-Marc,
Il y a peu je découvrais votre singulier projet Sonic Winter  avec votre premier album « Magical Silver Bullets and Hell Birdsongs ». Il m’a semblé, outre le fait de le chroniquer dans nos pages, tout à fait pertinent d’aborder ce projet autour d’une interview.
Je te remercie donc pour ce moment d’échange. 

Je définis volontiers Sonic Winter comme un collectif de musiciens qui tourne autour de toi et Francis, pourrais-tu nous éclairer sur vos origines musicales respectives ?

Je suis un amoureux du blues, c’est ma base de jeu de guitariste, toujours à la recherche du groove et de la mélodie sur quelques notes, ensuite je suis fan a mort de Black Sabbath, Uriah Heep, Deep Purple et Jimi Hendrix pour leur capacités à se réinventer.
Quand a Francis en tant que pianiste c’est le jazz et la musique électronique avec des références comme Chick Corea et Jean-Michel Jarre.

A quel moment la création de Sonic Winter s’est elle imposée et avec quelle ambition initiale ?

Au départ nous n’étions que deux petits français expatriés à Glasgow en Ecosse. Pour passer le temps agréablement par de longues journées de pluie nous nous amusions a jammer, je n’avais plus rien fait en musique depuis dix ans, pour nous deux c’était juste enregistrer quelques titres en souvenir de ces bons moments, et puis boum badaboum nous avons envoyé 4 titres a des radios internet au Royaume-Uni et U.S.A qui nous ont passé en boucle, les auditeurs ont commencé à demander s’il y avait un album. La demi-finale du UK Songwriting Contest en 2012 avec « Miles Away » a agit comme une piqure de rappel pour remonter un groupe. L’ambition initiale qui l’est toujours était de se faire plaisir avec nos amis.

Il y a une douzaine de musiciens des quatre coins du monde qui interviennent dans ce projet, comment ce sont fait les rencontres ?

Nous n’arrivions pas à former un line-up sur Glasgow, les gens ne comprenaient pas notre approche, trop diversifiée pour eux, voir même incohérente pour certains. J’ai donc recontacté mes amis de longue date, ceux avec qui j’avais joué, et aussi ceux étant déjà dans des groupes dont j’appréciais la musique. Il n’y a que moi qui connaisse tout le monde en chair et en os, la plupart des musiciens ayant participé à l’album ne se sont jamais rencontré.

C’est relativement compliqué de composer à plusieurs lorsque l’on n’est pas ensemble physiquement, comment cela s’est-il passé ? Avez-vous composé une base retravaillée ensuite par les autres musiciens, est-ce l’inverse, avez-vous trouvez une autre alternative ?

Je pars en général de la manière suivante, je compose le titre a la guitare acoustique, musique et paroles, nous le mettons en place avec Francis (guitare électrique, claviers, boite à rythmes). Ensuite nous enregistrons en studio à Glasgow toutes les guitares de base au clic, notre ingénieur du son monte un programme de batterie, je chante un guide vocal et Francis rajoute les parties keyboard ou sound design s’il en a déjà trouvé, et après c’est carte blanche au musicien a qui j’envoie le titre de coller son univers sonore. Celui-ci me renvoie dans un premier temps un fichier mix de son travail et par la suite tous ses fichiers séparés, nous enregistrons alors guitare solo et autres s’il y a lieu et faisons le montage et le mixage final en studio. Pareil système lorsque je n’envoie qu’un titre en instrumental le chanteur a liberté totale de la composition de la ligne de chant et de son interprétation.

L’univers de Sonic Winter s’inscrit dans un rock à la limite du psychédélique (voir en plein dedans à certains moments), d’un rock prog et de la pop mid 60’s au 70’s, quelles sont vos principales influences et surtout qu’est-ce qui vous y a amenés ?

Nos principales influences sont Uriah Heep, Black Sabbath, Iron Butterfly, Hawkwind, King Krimson, Van Der Graaf Generator, Fleetwood Mac, Deep Purple, Steppenwolf, The Sweet, Blue Oyster Cult, The Doors, Pavlov’s dog, The Pretty Things.
La sensation de liberté, la collaboration sans limite par des musiciens d’horizons complètement différents se retrouvant au sein d’un même groupe pour créer une alchimie unique non formatée presque mystique nous y ont amenés. Il n’y a qu’à écouter «Song Dance » par Pavlov’s Dog ou « Circle Of Hands » par Uriah Heep, c’est tout simplement beau, ça dépasse le cadre de la musique, ces titres auraient pu être des peintures, des sculptures, des romans.

Le mix de cet album est tout à fait intéressant, dans la chronique que tu n’as pas encore lue, j’aborde notamment « Bad news from Badsville » dont les loops ultra cycliques de voix et de samples dominent une guitare solo très en retrait et qui pourtant tient tout le morceau. C’est tout à fait représentatif d’un son « d’époque ». Qui a réalisé ce mix et avec quels critères ?

J’étais en effet parti avec l’idée d’un bloc sonore voix et samples dominant un fil conducteur en retrait qu’est effectivement la guitare solo, j’ai donc expliqué à notre ingénieur du son « Dan » un vieux de la vieille qui était musicien pour « Midge Ure/Ultravox et Mick Ronson » de nous faire un mix avec le concept d’un corps humain. Pour « Bad news from Badsville » le squelette est la guitare solo sous la chair et la peau, il maintient debout le corps qu’est le reste, le faisant avancer. Les yeux de Dan ont pétillés, me disant « Let’s go for it crazy french man ! » et il l’a fait.

« Magical Silver Bullets and Hell Birdsongs » est sorti sur plateforme sans réelle promotion pour l’heure, quel retour faites-vous dessus pour le moment ?

Tout se passe bien pour l’instant, c’est le meilleur moyen pour nous de vendre simplement notre album sans avoir à faire une tonne de paperasse auprès de distributeurs, je m’occupe de faire la promo sur internet du mieux que je peux, Cela nous permet de garder aussi le contact avec les gens qui nous suivent, il y a interaction avec eux, ils nous envoient des contacts pour les radios, magazines, en parlent à leur amis etc. Nous sommes depuis peu en vente chez Cultura et Gibert Musique dans les bacs, mais parmi tant d’autres…

On compte actuellement nombre de formations typées voire copiées Black Sabbath, quelques fois Deep Purple ou alors purement Stoner et qui sont dans un regain de mode auprès du monde Metal. Vous vous trouvez dans une singularité toute différente quel public pensez-vous cibler principalement ?

La question a mille euro ! J’étais à New-York l’été dernier pour prendre des contacts et vendre l’album dans les boutiques de disques, invariablement les vendeurs écoutaient et nous mettait dans le bac Hard-Rock/Métal, les radios U.S nous programme systématiquement dans le même registre de shows. J’étais étonné même si j’adore ces deux styles. Il y a bien un public ciblé « World Music » pourquoi n’y aurait-il pas un public ciblé « World Rock » pour nous.

Globalement quels retours avez-vous sur votre travail pour le moment ?

Le plus beau retour que nous ayons eu sur notre travail est venu de quelqu’un qui a dit : « Sonic Winter c’est comme les bonbons Haribo, on ne sait pas comment en définir la saveur mais on en reprend ! » Dans les messages des internautes c’est souvent le plaisir de ne pas s’ennuyer en écoutant notre album « Ouf ! » et ensuite c’est effectivement encore plus de passages radios, de propositions de jouer live, de ventes physique car bizarrement par rapport à d’autres groupes nous ne vendons presque pas d’albums en format digital.

Un groupe peut se contenter de produire des albums surtout à notre époque de dématérialisation mais la scène reste souvent une finalité, comment pensez-vous vous produire et où ?

Toute la question dépendra de l’organisation et du temps de chacun car beaucoup sont engagés dans d’autres projets en France, Royaume-Uni, Scandinavie et U.S.A, l’idée serait de changer de formation par rapport à la situation géographique pour déplacer le moins de monde possible car bien que 12 personnes soient impliquées dans le premier album un groupe de 5 ou 6 musiciens pourraient plus facilement prendre la route pour jouer, de plus avec ce système de permutation les interprétations des morceaux renaitraient constamment. J’aimerai aussi avoir sur scène un concept visuel avec des performances qui illustre notre musique. Et ou ? Pour l’instant la majorité des contacts que nous avons sont au Canada, U.S.A et Scandinavie. Time Will Tell !

Pour terminer cette interview, open bar, qu’aimerais-tu ajouter que nous n’avons pas abordé ?

Nous travaillons sur un deuxième album avec une partie de nos amis du premier et quelques nouveaux venus ainsi qu’un ensemble de 10 musiciens classique cordes et piano de Tbilissi en Géorgie avec qui nous avons composé un instrumental de dix minutes, tout cela encore à distance…

Je te remercie pour ces réponses.

C’était un vrai plaisir !
A bientôt
Jean-Marc

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