[Interview] Nicolas, Blue Lightning

A quelques jours de la tant attendue 10ème édition du festival de Mourcourt, j’ai posé quelques questions à Nicolas, son fondateur et organisateur…

Bonjour Nicolas, à quelques jours de l’inauguration de cette 10ème édition, j’imagine que tu dois être un peu stressé?

Oui, et de plus en plus, c’est beaucoup de préparation, beaucoup de choses à faire et peu de temps pour m’y consacrer. Comme j’ai d’autres projets et activités à côté, ce n’est pas spécialement évident mais d’ici quelques jours je serai à plein temps sur le festival.

Niveau logistique, c’est un festival qui prend beaucoup de temps j’imagine, le temps de contacter les groupes etc, ça prend combien de temps?

En amont, il y a bien sûr tout le travail de booking qui est très très long. Je crois que j’ai commencé en Décembre, trouver la tête d’affiche, négocier avec la tête d’affiche, voir pour les autres groupes, il y a toujours aussi des changements, des groupes qui splitent, qui finalement ne peuvent pas venir, ça prend donc quelques mois. Ensuite il y a la partie administrative, les sponsors, la gestion de l’autorisation de la ville, la SABAM etc et trouver des sponsors pour m’aider à financer le festival en faisant l’affiche en parallèle et le gros poste qui est bien évidemment la promo. Distribuer les flyers, coller les affiches, prévenir les médias ce qui prend aussi beaucoup de temps. Et dans la dernière ligne droite, les préparatifs dans la salle. La salle du relais du Vieux Comté est vide, il faut donc totalement l’équiper, construire la scène, mettre le matériel son, lumière et aménager le reste de la salle. Il y a énormément de boulot sur la salle la dernière semaine et il faut absolument que tout soit prêt pour quand FREEDOM CALL débarque pour ses balances.

A propos de la salle, il y a toujours une ambiance très particulière à Mourcourt, très familiale, très chaleureuse, est ce que tu t’imaginerais produire un festival dans une autre salle?

Je suis totalement d’accord avec toi, cette salle a vraiment quelque chose, j’adore aussi et franchement je pouvais difficilement trouver mieux pour ce que je voulais faire dans le cadre de ces festivals. Je pense qu’il y aura d’autres événements qui pourraient avoir lieu ailleurs mais rien n’est fait encore, ce sera vraiment difficile de faire ailleurs qu’au Relais du Vieux Comté.

La tête d’affiche de cette édition est donc FREEDOM CALL, un groupe d’envergure, comment les as-tu choisi et comment s’est passé le premier contact avec eux?

J’ai quelques groupes dans le collimateur, qui sont des groupes d’envergure moyenne, qui tournent dans la région, dont le style m’intéresse aussi et je les surveille (c’est comme ça que ça s’était passé pour SERENITY par exemple). Pour FREEDOM CALL c’est un peu autre chose, c’était le 10ème, je voulais marquer le coup et j’avais déjà été en contact avec eux pour un festival qui n’avait pas abouti dans le cadre de Mons 2015. Le premier contact était déjà pris et je suis reparti de là pour les amener à Mourcourt plutôt qu’à Mons.

Aux côtés de FREEDOM CALL, il y a 10 autres groupes, qui sont tous des groupes dans des registres très différents, comme toujours à Mourcourt on va avoir droit à une grande diversité de styles, ce qui est une très bonne chose. Même question que pour FREEDOM CALL, comment les as-tu choisi? Et est ce que ce n’est pas trop difficile de ne pas laisser parler ses goûts personnels?

Si, c’est très difficile, ce sera en effet assez éclectique, peut-être plus encore que les autres fois. Il y a des groupes locaux, de la région de Tournai et de Lille, comme la plupart ont déjà joué ça n’a pas été facile car je ne voulais que des groupes qui n’avaient jamais joué à Mourcourt. Il y a aussi des opportunités, un groupe qui cherche une date sur le secteur à cette période, il y a des coups de cœur personnels, il y a vraiment de tout, des groupes que j’ai rencontré sur des événements à gauche et à droite. Par contre il faut savoir que quand je publie la pré-affiche avec uniquement la tête d’affiche, le festival est déjà booké.

Toujours à propos de l’histoire du festival, est-ce que tu te rappelles de la première édition, et est-ce que tu as une petite histoire, anecdote sur cette édition?

A Mourcourt il y a eu un “brouillon” qui était un festival de Hard Core, et qui ne compte pas dans l’énumération des 10 éditions. La première édition metal était avec DRAKKAR en tête d’affiche et je n’avais eu la clé de la salle que vers 16h alors que le concert commençait à 20h. Ce qui veut dire que pour le montage on n’avait plus que quelques heures, ce n’était bien sûr pas prévu, mais la personne qui gérait la salle à cette époque ne s’était pas rendue compte de l’ampleur de mon projet et de la logistique que cela demandait. Alors avec seulement 4heures pour tout monter, il a fallu simplifier plein de choses, comme les lumières, le son. Gros coup de stress quand DRAKKAR est arrivé et que rien n’était prêt mais finalement tout s’est bien fini.

Quelle est la plus grande satisfaction et la plus grande frustration quand on organise un festival comme celui de Mourcourt?

Il y a plusieurs satisfactions, comme le fait d’avoir amené des groupes tels que les têtes d’affiche qui sont venus. D’avoir pu répondre à leurs attentes au niveau technique et organisationnel. il y a aussi cette ambiance familiale, l’impression d’avoir créé quelque chose. La plus grande frustration c’est le temps que ça nécessite et le public qui ne répond pas toujours présent, ce qui fait que financièrement c’est difficile de s’y retrouver et que certains projets qui auraient pu être fait avec des groupes assez importants n’ont pas pu voir le jour de peur que le public ne suive pas et d’y laisser une grosse somme d’argent.

Comment on peut expliquer que les gens ne viennent pas, le prix est dérisoire au vu de la programmation que tu proposes et surtout quel message voudrais tu faire passer pour faire comprendre aux gens que c’est important de faire vivre ces petits événements?

Le pourquoi est un vrai mystère, à chaque édition je crois avoir compris et à la suivante je me rends compte que non, il y a beaucoup de gens qui me disent que le problème est la salle, le fait qu’elle soit excentrée par rapport à Tournai. Honnêtement je ne crois pas, les gens viennent de partout en Belgique. Je pense qu’il y a un désintérêt des gens pour les événements de petites et moyennes envergure en général. Les gens se tournent vers les gros événements comme le Hellfest ou le Graspop qui sont des “valeurs sûres”. L’aspect découverte est un peu en perte de vitesse. Internet peut aussi faire du mal. Des vidéos live de FREEDOM CALL on en trouve par dizaines sur YouTube par exemple, mais est ce que c’est la même chose? Je peux garantir que non! Le mieux est toujours le live. En plus Mourcourt permet de rencontrer les artistes, ils jouent sur une scène qui n’est pas très haute. Ce sont des aspects que l’on ne retrouvera pas au Graspop par exemple. C’est important aussi pour les petits groupes. Tous les gros groupes d’aujourd’hui ont commencé petits, si personne n’était allé voir FREEDOM CALL quand ils jouaient dans les café-concert près de chez eux, ils n’en seraient peut être pas là aujourd’hui, c’est aussi important de soutenir les groupes locaux.

Tu parlais tout à l’heure de Blue Lightning qui organise l’événement. Peux tu nous en parler un peu plus?

A la base, Blue Lightning est le nom de ma boîte de prestations événementiel, en gros, équipement technique de tous les événements, concerts, festivals, sonorisation de mariages, anniversaire, conférences, aménagement de stands sur des salons, … absolument tout ce qui nécessite du son et de la lumière. C’est l’activité principale de la boîte, et puis, plus occasionnellement, la partie un peu plus visible pour le public, la partie organisation d’événements. Il y a bien sûr Mourcourt, mais aussi toutes les plus petites dates qui ont lieu dans les café-concert comme le Midland à Lille ou le Cornwall à Tournai. ET un troisième volet, la partie booking/soutien de groupes. Je suis ingé-son de plusieurs groupes que je soutiens activement.

Je n’ai plus de questions, je te laisse ajouter le dernier point

Les objectifs du festival à Mourcourt étaient d’amener des groupes que l’on a pas l’habitude de voir dans la région et de permettre aux groupes locaux de jouer à leurs côtés dans des conditions techniques auxquelles ils ne sont pas toujours habitué, le tout dans une ambiance chaleureuse, familiale et conviviale. Je voulais aussi casser les clichés qui entourent la culture metal, de montrer au grand public que ce n’est pas que du bruit et de la violence. Je voudrais grandement remercier les bénévoles. j’ai la chance d’avoir une armée de bénévoles qui m’aident au montage, au démontage qui m’épaulent le jour J pour que tout se déroule au mieux.

Merci beaucoup Nicolas et au plaisir de se voir le 30 juin!

Merci, à bientôt!

 

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