[Interview] Ne Obliviscaris

On a pu remarquer sur toutes les affiches de festivals 2015, un nouveau venu assez récurrent, un groupe de metal progressif extrême de Melbourne qui commence à faire sérieusement parler de lui : Ne Obliviscaris .

Graspop, Hellfest, Resurrection Fest, Metaldays, Bloodstock Open Air, Brutal Assault, Summerbreeze, Motocultor, j’en passe et des meilleurs… quasiment aucun festival européen n’a échappé aux Australiens cette année. Mais l’Europe ne s’arrêtera pas là pour eux puisque j’apprends, à l’heure où j’écris ces lignes, qu’ils assureront la première partie de Cradle Of Filth sur une tournée qui débutera mi-octobre.

Chez Lords Of Chaos, il nous a donc semblé qu’un entretien avec Benjamin Baret, le guitariste expatrié français de Ne Obliviscaris, tombait à point nommé. Et pour cela quoi de mieux que de me faire épauler par RottenDrums (groupie de son état – Note de BHL : et quel état!), qui avait déjà chroniqué le second album des Australiens « Citadel » (2015).


RottenDrums :Salut Benji et déjà merci de nous accorder cette interview.

Je trouve votre ascension assez fulgurante, d’après vous quel en a été le déclencheur ? Depuis combien de temps le groupe existe-t-il ?

Bonjour ! Eh bien moi je ne trouve pas, le groupe existe depuis 11 ans déjà, même si le premier full-length CD « Portal Of I » est sorti en 2012. Les choses se sont officiellement accélérées lorsque nous avons signé chez Season of Mist (Marseille) et sorti notre deuxième galette, « Citadel ». C’est vraiment depuis 2013 que les choses ont commencé à sérieusement bouger, mais de 2005 à 2012, pas grand-chose.

C’est juste délirant cette histoire de crowdfunding. Est-ce que vous vous attendiez à autant d’engouement ? Quelles portes cela vous a-t-il ouvertes ? Comment avez-vous mis cette somme à contribution ?

Nous étions plutôt confiants sur le fait que nous allions atteindre les 40.000 AUD initialement prévus, mais pas en 38 heures… et le résultat final était effectivement dingue. Il y avait beaucoup d’excellentes récompenses à choper. C’était une belle opportunité pour beaucoup de fans de s’offrir quelque chose d’unique venant du groupe. On a même été un peu victimes de notre succès, c’était un boulot de dingue d’organiser tout ça. Après on a dépensé ça en billets d’avion, location de vans et chambres d’hôtel ! L’Australie, c’est loin et nous sommes 7 à voyager, c’est de l’argent investi et, j’espère, bien investi. Le temps nous le dira… Nous avons promis une tournée mondiale et il reste encore beaucoup d’endroits où nous ne sommes pas allés.

Que projetez-vous pour l’année à venir ? Et pour la suite ? Un troisième album est-il déjà en cours de composition ?

Continuer de tourner tant que les promoteurs veulent de nous.
Un troisième album sera évidemment enregistré lorsqu’on aura un peu de temps pour l’écrire. Pour la composition, c’est à peu près en permanence mais vu les compositions de Ne Obliviscaris, ça prend tout de même beaucoup de temps avant d’être satisfaits du résultat et d’avoir toutes les pièces du puzzle.

Et pour ce qui est de l’outre-Atlantique, prévoyez-vous une tournée de ce côté-là ? Est-ce aussi accessible pour un groupe anglophone que l’Europe ? Vous pensez revenir rapidement ?

Les U.S.A c’est un marché très spécial. Il y a vraiment d’un côté les pays Anglo-Saxons (U.K, U.S.A/Canada, Australie ) et de l’autre l’Europe. Ils n’écoutent pas du tout le même style de metal et bien que les ventes d’album soient bonnes outre-atlantique, les propositions que l’on reçoit sont médiocres. Après c’est facile de trouver une offre pourrie et d’aller perdre de l’argent pendant 5 semaines, mais le groupe n’en est vraiment plus là, on a des femmes et des enfants à nourrir.

C’était la première fois que vous veniez en Europe ? Qu’avez-vous pensé du public ? Musique mise à part, dans quel pays vous êtes-vous le plus plus ?

Oui, cet été 2015 a été la première fois que Ne Obliviscaris jouait en Europe. Le public et l’accueil a partout été excellent, nous avons eu la chance d’être programmés sur 12 festivals européens, ce qui nous a permis de jouer pour littéralement 100 fois plus de monde que si nous avions fait des club shows à la place. Nous nous sommes beaucoup plus dans les pays de l’E
st comme la Slovénie ou la Roumanie. Les gens sont fantastiques, la vie est simple et les paysages magnifiques, ils adoooorent le metal et sont très reconnaissants quand des groupes font le déplacement jusqu’à chez eux. Pas du genre à juger tous les groupes les bras croisés sans bouger.

Et pour toi Benji, ça fait quoi de revenir au bercail avec ton groupe et de jouer en France à Clisson, à Bordeaux ou encore au Motocultor ? Tu étais déjà allé au Hellfest en tant que festivalier ?

Pour moi, évidemment, c’était très spécial. Depuis le temps que je les saoulais pour aller jouer en France, on a été servis puisqu’on a joué dans les deux plus gros festivals de metal du pays. Le concert à Bordeaux, c’était juste histoire de, mais fallait vraiment que ça se fasse. Je suis déjà allé au Hellfest mais jamais pour les 3 jours, j’étais également allé au Furyfest il y a moult lunes. J’étais impressionné par l’organisation et l’effort mis en oeuvre dans les décors. Vraiment bien! On peut être fiers d’avoir ça en France.

Quand vous êtes sur scène à l’autre bout du monde et que vous voyez la réaction de vos fans et du public par rapport à vos chansons, que se passe-t-il dans votre tête ?

C’est fantastique, évidemment, d’avoir des gens qui connaissent votre musique par cœur, qui vous attendent avec tous les CDs/Vinyls que vous avez sortis, les t-shirts et même les tatouages du groupe, ça fait chaud au cœur.Et de voir tant de gens heureux après avoir joué, ça je ne pense pas pouvoir m’en passer.

RottenDrums: Votre musique est plutôt complexe sans être forcément élitiste. On retrouve pas mal d’atmosphères différentes parfois au sein d’un même morceau. Comment se passe le processus de composition ?

J’écris beaucoup de riffs et de squelettes de chansons que nous jammons en répétition, chacun y apporte sa touche, il y a également beaucoup d’improvisation. Parfois nous pouvons écrire 10 minutes de musique en une session, et parfois rien pendant des semaines. Une fois que la musique est écrite, les chanteurs écrivent leurs textes. Chacune des chansons de NeO a eu 25 versions différentes avant d’avoir leur forme finale.

Comment est la scène metal à Melbourne ? en Australie ? Des groupes que l’on devrait découvrir ?

La scène metal de Melbourne est absolument fantastique, et la scène australienne tout court aussi d’ailleurs. La liste des groupes est assez longue : Be’lakor, Psycroptic, Alarum, Sydonia, A Million Dead Birds Laughing, Hadal Maw, Malignant Monster, Caligula’s Horse, Arcane … Tous ces groupes ont une touche particulière et originale. Une scène qui gagne vraiment à être découverte, très éclectique.

Three words to describe french food ?
Too fucking good

Qu’est ce qu’il y a de pire en France ?

Personne ne parle un anglais décent, même dans les secteurs où ils sont sensés le parler. Et les péages sont incroyablement chers.

Quelle chanson conseilleriez-vous à quelqu’un qui veut découvrir le groupe ?

“Devour me Colossus” ou “And Plague Flowers the Kaleidoscope” je pense, ça reflète pas mal l’esprit du groupe et c’est plutôt entraînant.

Merci de nous avoir consacré un peu de votre temps. On vous souhaite une belle réussite pour la suite ainsi que vous voir revenir l’année prochaine encore plus haut sur l’affiche. Avant de terminer cette interview : une anecdote qui a marqué cette tournée à nous raconter ?

La fois où Tim (ndrl. violon, chant clair) s’est fait arrêter à l’aéroport de Londres pour un contrôle qui s’est éternisé, et a raté son avion ce qui a chamboulé le programme des jours suivants. 3 festivals sur 3 pays en 3 jours avec en tout et pour tout 2 heures de sommeil, ça rend pas mal fou !

KAMOULOX ! Le petit mot de la fin?

Paquebot.

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