[Interview] Max Beaulieu (EMBRYONIC CELLS)

En cette rentrée 2020, les français de EMBRYONIC CELLS reviennent avec un 5ème opus « Decline ». Entretien téléphonique avec Max (guitare et chant).

Merci pour cette interview Max, peux tu rappeler rapidement ce qu’est EMBRYONIC CELLS?

Notre dernier album « Horizons » est sorti il y a environ 2 ans sur le label Apathia Records, mais ce label, dans le contexte actuel, a malheureusement fermé ses portes. C’est très triste pour moi car on avait vraiment une belle collaboration avec eux et c’est un label historique sur la scène française et au delà. On s’est donc retrouvés orphelins de label, ce qui ne nous a pas empêché d’entamer l’écriture de notre nouvel album, qui s’appelle donc Decline. Lors d’un concert que nous avons donné à Paris, organisé par MusikÖ_eye, nous avons rencontré Gérôme Théodore, le manager, avec qui nous avons tout de suite matché, il nous a fait une proposition que l’on a tout de suite accepté. Il place la passion au dessus de tout et nous, ça nous allait, l’échelle humaine nous plaisait! C’est donc dans ce contexte qu’est sorti Decline.

C’est donc votre 5ème album, comment avez vous travaillé ce nouvel opus?

On a continué sur la même ligne que les précédents. Cet album, marque un tournant dans l’histoire de notre groupe, Horizons comprenait quelques parties de chants clairs et on en avait eu quelques retours intéressants et moi j’avais trouvé cette pratique du chant clair plutôt intéressante et c’est pourquoi sur ce nouvel album il y a à peu près 50% de chant clair. Cette nouvelle orientation, cette évolution a eu une incidence assez forte sur l’esthétique des morceaux et sur le processus créatif. D’une manière générale, on a fait ce qui marche bien pour nous, je compose des riffs, j’élabore un catalogue avec une première proposition de structure primaire et Djo et Fred, à la manière d’un Tetris, font des propositions, des arrangements, c’est une collaboration la moins verticale possible et la composition de l’album s’est faite d’une manière assez naturelle.

J’ai l’habitude sur les interviews autour d’un album de choisir un morceau qui m’a particulièrement plu et de demander quelques explications à son propos. Avec Decline cela a été plus difficile car j’ai apprécié l’album dans son ensemble et impossible de choisir un morceau plutôt qu’un autre tant les titres s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres, je choisi donc la solution de facilité et je vais parler du titre qui a fait l’objet d’une vidéo « You’re So Full Of Fear », morceau de 7minutes et une vidéo qui est donc plus proche du mini film, tu peux m’en dire plus?

C’est vrai que de choisir d’illustrer ce titre par un clip c’était un challenge en soi parce que la durée du morceau est assez longue, il faut tenir en haleine l’auditeur. Dès le départ, il était hors de question pour nous de faire comme ces groupes qui se filment dans un hangar ou dans un champ, on recherchait le challenge créatif. On a donc fait le choix de créer un vrai storytelling. C’est dommage que les groupes ne profitent pas plus de ces occasions pour écrire et rechercher un storytelling. C’est Timothé Beaulieu, qu’on ne remerciera jamais assez pour le temps et le talent. Le clip a été tourné près de chez moi, dans le Vercors, tout ce décor, c’est les promenades que je pratique régulièrement. J’encourage vraiment tous les groupes à solliciter Timothé par exemple pour créer vraiment de belles choses. Pour nous en tout cas, ce clip fait vraiment partie intégrante de l’album.

 

A propos de l’identité visuelle de l’album, peux tu me parler un peu aussi de l’artwork ?

L’artwork a été réalisé par Maxenegger, et qui se cache derrière ce pseudo? Et bien c’est moi! Je signe, de manière très égocentrique, tous les artworks de nos albums. Traditionnellement, les artworks d’EMBRYONIC CELLS sont plutôt très illustratifs, ici c’est un peu différent, l’abstraction est beaucoup plus forte, j’aime l’idée que les gens puissent se projeter avec leur propre imagination à travers cette espèce de fenêtre, dans cette espèce de monolithe Kubrickien, qu’ils puissent interprêter et en faire ce qu’ils veulent. Pour ma part, c’était une sorte de passage, de fenêtre, qu’on emprunter ou non et qui font le lien avec les textes de l’album.

Et justement, à propos des textes, quel message, quelle ligne directrice pour Decline?

Decline n’est pas vraiment un concept album mais il y a un fil rouge narratif, une logique dans la suite des morceaux. Il évoque, le fait que notre monde s’effondre de manière quasiment invisible mais certaine. on assiste à une multiplicité de signaux de nos écosystèmes qui nous alertent en nous disant que quelque chose ne fonctionne pas. On peut parler de la fonte des glaces, de l’état des océans, des phénomènes météorologiques, des feux, je pense même que la pandémie que nous traversons actuellement est l’un de ces signaux. Decline évoque notre incapacité collective à rentrer en action voire même à cultiver le déni. Decline est une sorte de récit collapsologique.

Lors de la sortie de l’album précédent, je vous avais également interviewé, ( interview à retrouver ici ) et il avait été question de vos influences de l’époque. Aujourd’hui, quelles sont celles qui ont marqué la création de l’album?

Nos influences, sont toutes assez diverses entre le black, le death, certaines formes de heavy, certains parlent même d’une résurgence de cold wave. Certains ont même rapproché mon chant avec celui de DEPECHE MODE  par exemple. Moi j’assume tout à fait ce côté « hybride ». Les influences dépendent aussi des morceaux bien sûr.

On est actuellement dans une phase assez compliquée, notamment en ce qui concerne la programmation de dates, comment vous situez vous par rapport à ça?

La scène est vraiment dans l’ADN d’EMBRYONIC CELLS, c’est pour ça que je joue, le partage avec le public, dans un contexte live. On avait vraiment à coeur de défendre ces nouveaux titres sur scène, c’est pourquoi on avait prévu 2 tournées en France et en Europe de l’Est. Mais tous ces projets ont été arrêtés et c’est très frustrant bien sûr; surtout que l’on n’a aucune visibilité. On va reconstruire un projet mais plutôt pour fin 2021, voire 2022.

Certains groupes proposent des concerts assis ou des concerts en ligne par exemple, qu’en pensez vous?

Personnellement, ce n’est pas vraiment ma came, ce n’est pas ma conception du lien avec le public. Mais je suis aussi dans l’obligation de m’adapter et c’est en cours de discussion au sein du groupe, je pense que c’est un projet qui peut s’amorcer. Comment font les groupes pour garder un lien avec le public et ce genre d’option est une possibilité donc on y pense.

Je n’ai plus de question, je te laisse le mot de la fin…

Merci à toi et à Lords of Chaos et plus globalement, j’espère que quand cette saloperie sera derrière nous, j’espère que les gens n’oublieront pas de reprendre le chemin des salles de concert, de théâtre,… On a tellement mais tellement hâte!

Ne t’inquiètes pas du point de vue du public, l’attente est très longue aussi et on a hâte de retrouver les groupes sur scène! Bonne journée et à bientôt! 

A bientôt!

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