[Interview] MANURAIN – le jour où j’ai croisé la route de Bernard-Yves Quéruel !

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
Bernard-Henri Leviathan

MANURAIN… peut-être avez-vous déjà vu passer dans nos colonnes la chronique d’ « Hybrid Mégalo Mélomane », premier album de ce projet musical ? Si tel n’est pas le cas, il est temps de vous rattraper urgemment ici. Quand vous serez à jour, on se donne rendez-vous ici-même car l’heure est à la rencontre avec Bernard-Yves Quéruel, l’homme derrière (ou devant) MANURAIN, celui qui dans son parcours a croisé des noms tels qu’ADX ou encore WITCHES. Ses expériences passées, chers lecteurs, je vous laisse aller les rechercher par vous-mêmes, aujourd’hui ce qui m’intéresse, c’est son actualité ! Et comme interviewer Bernard-Yves c’est un peu comme croiser un bon pote dans le rade habituel, il a beaucoup de nouvelles à nous donner. Silence, on écoute…

Bernard-Henri Leviathan : Salut à toi, Bernard-Yves, nous échangeons aujourd’hui pour parler de ton nouveau projet, MANURAIN, qui a vu le jour en 2016 avec un premier album chroniqué il y a peu sur Lords Of Chaos Webzine. Alors déjà, dis-nous, MANURAIN, ça se trame depuis quand ? Peux-tu revenir sur la genèse de ce projet ? Comment t’es venue l’idée ?

Bernard-Yves Quéruel : Il y a un truc qui m’a toujours travaillé, c’est de faire ma propre musique, exprimer mes propres idées plutôt qu’exprimer celles des autres. Ca me démangeait depuis longtemps et puis la vie a fait que je n’avais plus de projet musical, donc je me suis dit que c’était le moment. J’avais déjà commencé à avoir quelques idées avec des petits camarades avec qui je jouais. J’avais un batteur dont j’aimais beaucoup la façon de faire, je lui ai proposé de faire un essai. Ça, c’était environ 2 ans avant l’album, donc en 2014. J’ai commencé à écrire les premiers titres, le gars ça le branchait bien, on a pris un bassiste, puis le groupe s’est séparé du fait de problèmes familiaux du côté des musiciens, quelques petites tensions pas bien méchantes aussi car il s’agit de mon projet et si les gens veulent avoir la main dessus… et bien non ! (rires). Dans un premier temps, non ! Ça a donc splitté gentiment mais j’ai renquillé sur d’autres gens, j’ai fait écouter des répètes qui n’étaient pas forcément toutes de bonne qualité du point de vue du son mais ça a plu. Même si on n’est jamais sûr de rien, là, en l’occurrence, j’ai pu remonter une équipe qui fonctionne bien. Ils sont jeunes, ils sont dynamiques, ça leur plaît beaucoup. Pour le moment ça se passe super bien. Je leur ai dit : « S’il y a un souci, vous m’en parlez. S’il y a un souci, je vous en parle ! » Pas d’ambigüité, pas de dossier sous-jacent. On est intelligent, on va faire les choses intelligemment.

Voilà un bon état d’esprit. Il me semble qu’au départ, tu avais une autre idée en tête concernant l’orientation musicale, ou en tout cas l’interprétation des chansons. Comment en es-tu arrivé à ce qu’elles sonnent comme elles sonnent sur le disque ?

A l’origine, comme je me suis retrouvé seul, j’ai eu l’idée de me vendre tout seul  avec une guitare folk et faire les bars, les trucs comme ça. C’est pour cette raison que le premier album est relativement simple, pas très compliqué à jouer. Je devais m’accompagner seul et ce n’est pas un exercice que j’ai l’habitude de faire. Puis ça s’est un peu étoffé, des gens se sont greffés dessus. Je ne désespère pas de faire un album acoustique, mais de le faire bien proprement. Bien travaillé, ça peut être super intéressant. Dionysos faisait ça à une époque, sur certains de ses albums.

Dans ce disque, tu prends une direction très personnelle. Tu utilisais le terme « simple », je dirais plutôt qu’il sonne direct et franc, un peu punk même, assez revendicatif… C’est assez différent de ce que tu as pu proposer ou interpréter par le passé. Y a-t-il eu une réflexion sur le rendu ou était-ce une manière d’écrire qui sommeillait en toi et qui ne demandait qu’à être posée sur le papier ?

Ça sommeillait en moi, ça c’est évident surtout que tous les textes sont tirés d’expériences personnelles vécues. Il n’y a rien d’inventé là-dedans. Quand je vis un truc, je l’écris et ensuite, je vois si c’est intéressant à exprimer. Je pense que beaucoup de gens peuvent s’y reconnaître également. Je ne vais pas dire que c’est curatif mais c’est tout de même une bonne cure de désintoxication. Je sors tout ce qui m’a plu et déplu dans ma vie. C’est toujours à demi-mot parce que je ne veux pas que ce soit « moi, moi, moi qui parle de moi tout le temps », j’aime que les gens y voient ce qu’ils ont envie d’y voir. C’est pour cela que j’écris en français… Bon déjà, je ne sais pas spécialement écrire en anglais et c’est à mes compatriotes que je parle dans un premier temps. Il y a des gens qui m’écoutent puis disent : « Oh ! Il m’est arrivé un truc similaire » ou «J’aime bien parce que ça sent le vécu ! » J’ai beaucoup de retours comme ça et ça me plaît ! De mon côté, quand j’écoute un groupe, j’aime bien comprendre d’entrée de jeu ce que le gars va me dire, ne pas être obligé de creuser pendant des heures, prendre un dictionnaire pour comprendre ce qu’il essaie d’exprimer. Voilà, ma démarche est celle-là, m’exprimer et extérioriser ce que j’ai vécu.

Il y a un côté cathartique à la chose…

Oui. Si tu regardes bien, en général, les gens qui écrivent racontent leur vie. Après, il y a ceux qui racontent des histoires, des contes, des légendes et c’est louable aussi, mais ce n’est pas ma démarche. Je pense que la vie est largement assez riche pour qu’on puisse raconter des choses vraies. Dans un premier temps en tout cas. Après je ne dis pas que je n’écrirai pas sur d’autres choses, je ne suis pas quelqu’un d’obtus à ce niveau là…. Je suis obtus, mais pour d’autres trucs. (Rires)

De guitariste « au service de… », tu passes chanteur-guitariste-compositeur, etc. « au service de toi-même », quel effet ça te fait ?

Complètement ! Et c’est flippant au départ, faut assumer. Quand tu fais la musique des autres, tu peux un peu te cacher derrière le groupe alors que là, c’est toi qui es mis en pleine lumière. Tu t’exposes totalement, faut assumer le son de ta voix, tes compos, ce que tu dis. Après j’assume totalement, j’espère le dire le mieux possible.

Ça faisait longtemps que tu avais l’idée de chanter ? On te connaissait surtout en tant que guitariste…

Ça m’a toujours plu de chanter, faire les chœurs par exemple mais honnêtement, par le passé, je n’ai pas pu faire ce que je voulais vraiment. Donc ça vivotait depuis longtemps, oui. On est des chanteurs dans la famille, ma sœur est chanteuse, ma mère était chanteuse. On a quelque part un peu ça dans le sang. J’aime bien les mélodies, j’aime les beaux textes, les trucs intelligents quel que soit le genre. Il y a un moment donné, je fonctionnais par le Metal et je me suis rendu compte que j’aimais tellement de choses que j’ai dû un peu changer mon fusil d’épaule… même si je reste dans le milieu quand même assez Rock/Metal, truc que j’aime beaucoup, ça il n’y a pas de secret !

 Il y a aussi des guests sur ton disque (Renaud Hantson, Daniel Puzio et Cécile Debruge – la sœur de Bernard-Yves), peux-tu nous expliquer comment se sont faites les rencontres et comment tu en es venu à penser à eux ?

En réalité, ce n’est pas moi qui ai pensé à eux, c’est eux qui ont pensé à moi. Ce sont des gens pour qui j’ai beaucoup d’admiration, ne serait-ce que pour leur carrière. J’ai sollicité d’autres personnes mais que je ne connaissais pas personnellement, et qui ont décliné mon invitation. Ici, ce sont des gens que j’ai rencontrés au fur et à mesure des concerts, quand on jouait à droite à gauche. On a sympathisé, et quand je me suis retrouvé tout seul, spontanément, ces gens m’ont dit : « Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas » ! J’ai dit : « OK » ! Ça ne s’est pas fait instantanément car le temps que je mixe mon projet, que je l’enregistre, je leur ai proposé des chansons une fois l’album fini genre un an et demi, 2 ans après. Je leur ai dit : « – tu te rappelles ? », « – Oui, oui, t’inquiète pas, ça tient toujours ! » «- Ben voilà, j’ai fait l’album, je te l’amène, tu l’écoutes, s’il y a une chanson qui te plait, tu la reprends complètement, à ta sauce. Tu auras la musique, je te paie le studio et je mets ton nom en guest à la fin. » Les gens étaient un peu bluffés, ils pensaient qu’il s’agirait de faire des chœurs, des participations. « Non, non, non, tu reprends le texte et tu le fais à ta façon ! » Et ça a super bien fonctionné. Quand tu écoutes les titres, on dirait qu’ils ont été faits pour eux. Ça rejoint le message que j’essaie de faire passer comme quoi la musique est universelle. La « forme », c’est juste une forme, c’est comme si tu changeais de costume. Tu te mets en survêt’, tu te mets en costard, en robe, la personne derrière est toujours la même ! Pour la musique, c’est pareil, tu as un fond – et c’est ça qui m’intéresse – et après tu électrifies, tu travailles le son, pour lui donner une forme.

C’est vrai que leurs interventions sonnent vraiment personnelles. On sent aussi qu’ils ont pris plaisir à investir leur titre.

Oui, je pense et j’espère. Ils avaient le sourire en repartant en tout cas ! Et moi j’étais content. Tu vois des gens, comme ça, qui te regardent à travers la vitre du studio et qui te disent : « – Alors ? C’est bon comme ça ? », « – Attends, t’inquiète pas, si c’était pas bon je te le dirais ! ». Et puis des gens qui ont de l’expérience qui s’en remettent à toi !!! Non, c’était vraiment une très bonne expérience que je retenterai de toute façon sur le nouvel album, avec d’autres personnes que je vais solliciter. Il y a déjà des gens qui m’ont dit spontanément qu’ils voulaient bien le faire sur le deuxième. Donc on verra…

Ça donne de belles perspectives pour la suite… Et alors, au final, après un an qu’il est sorti, quel retour fais-tu de ton disque ? Te satisfait-il ? As-tu des pistes de choses à faire évoluer pour le prochain ?

Oui, le prochain va évoluer de toute façon car je ne serai pas seul à créer la musique. J’ai la main dessus et je ne laisse pas faire certaines choses mais le fait est que jouer en permanence avec des musiciens donne une espèce de dynamique faisant évoluer la musique. Le fond restera le même, ça va rester dans la même énergie parce que c’est ça qui m’importe et je n’ai pas envie de compliquer non plus les choses. Ce n’est pas un orchestre symphonique, je n’ai pas envie de ça, ça m’ennuie. Les autres font ça très bien, je ne vois pas l’intérêt de refaire encore un truc compliqué. Le but donc est de garder la même identité tout en faisant évoluer la musique par des choses un peu plus cossues au niveau batterie. Tu vois, Franck (Gasnier) qui m’a fait les batteries sur le premier, je répète avec lui tout le temps maintenant. Les morceaux, il les connait mieux, les nouveaux il les connait bien aussi, il peut placer des trucs un peu plus compliqués, tout en gardant le même esprit. Et c’est ça qui est intéressant. Ce sera le premier album « .1 », avec un boost dessus ! Au niveau guitares et basse, c’est pareil. Pour le premier album, j’avais fait toutes les guitares, les chants. Et là, même au niveau des voix, ils veulent prendre le micro et ça me va très bien. On n’a pas eu le temps de concrétiser mais là on va le faire. Il y aura d’autres sonorités, ça va évoluer un peu, c’est évident. Ne serait-ce que sur les photos de l’album… il n’y aura pas que moi (rires).

Au niveau du public et des médias, quel accueil as-tu reçu ? As-tu eu des retours ?

Pour le moment, j’ai eu de bons retours, il y a des gens qui aiment bien, qui trouvent ça sympa … bon on n’est pas très connu, on n’a pas beaucoup tourné, mais ça commence à faire son petit buzz gentiment. La preuve par rapport à toi et puis Roi de Trèfle (nldr : chroniqueur qui a fait un passage express chez Lords Of Chaos en publiant notamment cette chronique de l’album de MANURAIN) qui a vu un concert et qui a bien aimé. J’attends que ça fasse son petit buzz tranquillement mais je ne cours pas après les médias. Je n’ai rien contre mais j’attends que ça vienne, que les gens s’intéressent au truc. Là je trouve qu’on est arrivé à une démarche en sens contraire : ce sont les groupes qui courent après les médias pour qu’on parle d’eux… alors c’est vrai, c’est important, je le vois, dès qu’il y a un petit article, je vends un peu plus d’albums, surtout quand les chroniques sont bonnes. Jusqu’ici, je n’ai pas eu de mauvais retours, ça viendra forcément un jour ou l’autre, j’ai l’habitude mais ça ne me gêne pas plus que ça. Voilà donc côté média, ça commence à taper à la porte, ça fait son chemin. Je laisse le temps au temps. Bon, je ne te cache pas que si ça allait plus vite, ça m’irait mieux mais bon, pendant ce temps-là je construis la suite avec mes potes. Là, il y a des concerts qui se préparent, j’espère que de fil en aiguille MANURAIN fera partie de la fête.

 As-tu cherché à te rapprocher de labels, ou de structures de promo ou préfères-tu gérer personnellement ?

Je vais le faire tout doucement. Mes expériences passées m’ont fait comprendre que, finalement, avoir un label ce n’est pas toujours évident. Déjà, ton album ne t’appartient plus. T’en vends 10, tu touches 0,50 centimes ou 1 euro  à diviser par 5… là, c’est moi qui investis largement, c’est moi qui le produis, c’est moi qui en fais plus ou moins la promo avec mes petits moyens mais au moins quand ça retombe, ça retombe dans l’escarcelle du groupe. Je ne parle pas que pour moi, ce n’est pas pour aller jouer au Loto, c’est pour réinvestir dans le 2ème album, etc. Donc c’est un choix, si je devais signer ce serait pour un truc qui me boosterait plus. Il faudrait que j’y trouve mon compte. C’est vrai que les gens signés ont un peu plus de vision. J’ai vendu une dizaine d’albums à Metal Béret Distribution, il me l’a proposé, je ne voulais pas trop au départ et comme c’est un gentil garçon, que j’aime bien sa démarche, c’est un monsieur charmant et honnête, j’ai dit : « Ok, ça marche ! ». Je l’ai fait par amitié. Je le ferais peut-être par amitié pour d’autres mais on ne m’a pas sollicité. Sinon j’aimerais bien signer chez Sony par exemple (rires). Cette année, ça va être un peu cette recherche de visibilité sur des festivals un peu plus Rock que purement Metal. Bon, les festivals Metal j’aimerais bien aussi mais se faire les Vieilles Charrues, Rock En Seine, la Fête de l’Huma, je pense qu’on a notre place. On aurait une visibilité un peu différente, un peu plus large. Je suis parti sur quelque chose qui diffère d’avant. Je pense d’ailleurs que certains ont été un peu déstabilisés mais sans me dire que c’était mauvais, c’était plutôt de la surprise. Et c’était le but (rires).

Tu me devances puisque tu réponds déjà à ma question suivante qui était : Comment vois-tu l’avenir de ton projet ? Qu’aimerais-tu en faire ? Où as-tu envie de l’emmener ?

Je vais l’amener où il va m’emmener. Je ferai tout pour éviter les erreurs du passé. Je n’ai pas la science infuse non plus, j’ai suivi des conseils par le passé qui n’ont pas toujours abouti donc maintenant je vais faire mes propres erreurs. Je vais tester, on verra bien, quand il y aura un problème, ce sera pour ma gueule et puis c’est tout. Il y en a toujours pour te donner des conseils sur l’enregistrement, la pochette, etc. J’ai envie de dire : « Oui mais tu paies alors du coup ? Non ? Bon ben voilà alors tu te tais » (rires). En général, je ne demande pas l’avis des gens. Il y en a qui aiment à le donner sans que je ne l’ai demandé. Par contre, le mec qui me dit : « je te mets sur toutes les premières pages des journaux, tu vas jouer en première partie de PLACEBO », et bien là, Ok, je signe ! (Rires)

Tu nous as déjà un peu parlé de la suite, tu as des dates que tu peux annoncer ?

Oui, donc la prochaine date, ce sera à Equevilly (nota : le 4 novembre, au Barde Atomique, en compagnie de FACTOR HATE et LUNATIC POWER), où on avait joué pour notre premier concert, on y retourne une deuxième fois presque un an après. Il y aura une autre date un peu plus tard (nota : le Satan fest à Cergy Pontoise le 6 janvier 2018). Après, on cherche d’autres choses et également à organiser nos propres concerts. On est en recherche d’endroits, des boîtes pas trop chères, viables scéniquement parlant parce qu’il y a plein de petits trucs mais c’est l’enfer pour jouer… Tu vois parfois des mecs jouer dans des conditions, j’ai beaucoup d’admiration pour ces gens-là. La vache, les mecs ont envie de jouer… Moi aussi j’ai envie de jouer mais ça, je l’ai tellement fait que je n’en peux plus ! Je vais voir des potes jouer en concert, l’endroit est pas mal mais franchement, il n’y a pas de scène, pas de lumières, c’est quand même un peu dommage de faire payer les gens pour voir un truc qu’ils vont pouvoir voir partout. C’est pour ça que je m’entoure, j’ai un mec aux lumières, un mec au son, des gens qui nous connaissent. Ça donne un truc un peu à nous. Et sinon, on avait une troisième date sur Lyon mais elle a été annulée par manque de cohésion entre les vedettes. Ça devait être avec des groupes assez connus mais qui ne se sont pas entendus donc l’organisateur va reporter à un peu plus tard. Là il n’arrive pas à les caler tous ensemble. Si on arrive à ouvrir pour ces gens-là, ce serait extraordinaire. Je ne désespère pas. En tout cas, j’espère que le prochain concert va attirer des gens qui ne sont pas venus la première fois, en plus de ceux qui vont revenir et puis le reste suivra.

OK, le deuxième disque, tu sais à peu près quand tu aimerais le sortir ?

Le sortir, non, mais on va l’enregistrer dans 6 mois environ. On commencera à en parler sérieusement. Là, on est sur les compos. Ça commence bien, c’est assez marrant d’ailleurs parce que quand tu as fait un album tu te dis  « qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter après ». Mais bon, il t’arrive toujours des trucs… On peut aussi développer ce qui a été dit dans le premier et puis mes petits camarades amènent des idées aussi. Parfois ils m’amènent des paroles et je dis : « Hummm non ! (rires) Par contre ça, oui, mais je vais le faire à ma façon. » Parce que je veux que ça reste dans le même esprit.

Je ne sais pas si tu as encore en tête la chronique que mon ancien collègue avait écrite concernant ton album. Moi, ce que j’aime bien quand on est en interview, c’est aussi avoir un retour sur l’écrit. Savoir ce que tu en as pensé, est-ce qu’il y a des choses sur lesquelles tu souhaiterais revenir…

Non, il n’y a pas de choses sur lesquelles je souhaiterais revenir. Dans l’ensemble, elle est bonne, ça me plaît bien. Après, il y avait un petit truc sur le côté Punk Rock ou pas, je ne suis pas assez calé en la matière pour dire que ça ressemble à tel truc ou tel autre, ce n’est pas ma démarche non plus. Il a fait sa chronique, je l’ai bien aimée, j’aime bien le bonhomme aussi qui est super sympa. Après ce qu’il dit n’engage que lui. On est dans un pays où on est sensé dire ce qu’on veut. Le gars qui chronique peut dire ce qu’il veut…  tant qu’il n’insulte pas.

Oui, ça, ça fait partie des lignes conductrices du webzine qui sont aussi de respecter les musiciens qu’on chronique. Même si ça ne plait pas, si ce n’est pas forcément bon, il y a toujours du travail derrière. Le but est de faire progresser aussi.

Tout à fait, il faut juste respecter le travail qui a été fait. Après, ça te parle ou non. De mon côté, je n’ai pas d’a priori au départ. Quand je vais voir un concert, que je ne connais pas les groupes, je regarde toujours les trois premiers morceaux. J’écoute, je regarde comment les gens se placent et après je vois si ça me plaît ou non. Je n’apporte pas de critiques négatives, je n’en ai rien à foutre. Les gars ont fait leur truc, j’ai vu les mecs et c’est tout. Après tu le vois quand les gens ne se prennent pas pour des montagnes de talent, ça transpire l’honnêteté. Il y a des groupes mauvais qui m’ont vachement plu, ils avaient tellement envie de convaincre et ils étaient tellement dans leur truc que j’ai trouvé ça mieux que des gens qui jouaient hyper bien, qui faisaient des trucs super chiadés mais dont tu n’as rien retenu en sortant. Il y a des jeunes groupes qui m’ont fait marrer où alors dont je garde un petit truc en tête, ça c’est tout bon avec moi.

Bien, est-ce que tu as un dernier message à apporter à nos lecteurs, un truc qui leur donne envie de passer la porte pour venir soutenir ton projet si ce n’est pas déjà fait ?

Déjà, j’espère que cette interview va les convaincre un peu plus. Après, si vous avez l’occasion de venir nous voir en concert, ou d’écouter, ou si vous avez un pote qui a le disque et bien… copiez-le ! (rires) Et si il vous plaît, achetez-le ! Faîte-le tourner ! La musique, c’est fait pour s’amuser, ce n’est pas un dogme, prenez du plaisir à écouter de la musique, celle que vous voulez. Surtout, écoutez les conseils des gens qui ont réussi (rires) ! Pas les conseils de ceux qui rament !

Sinon, merci pour l’intérêt que tu portes au groupe avec ton canard, c’est super sympa. J’espère que tu auras l’occasion de venir voir un concert. Tu verras un peu comme ça envoie. Il y a de la communication avec le public, on se marre bien, on raconte des conneries, c’est très sympa (rires).

Tout à fait ! Et là on a une chronique, une interview, prochaine étape le live report ? En attendant, un grand merci Bernard-Yves, pour le temps que tu as nous consacré et à bientôt sur les routes !

Merci, salut ! A bientôt !

 

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