[Interview] GANG

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
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Après déjà sept albums et un parcours truffé de belles rencontres, GanG nous revient avec « Inject The Venom », un bon condensé de Heavy traditionnel. Après la chronique de cet album, à retrouver ici , Lords Of Chaos a souhaité leur donner la parole. Ce sont donc Bill (chant) et Steve (guitares) qui se sont collés à l’exercice pour nous apporter, non sans une certaine sagesse, leur point de vue sur une carrière dont ils peuvent déjà être fiers !

Salut à vous ! GANG est un groupe très présent sur la scène française seulement, on n’échappe pas à la phase introductive. Alors, pour ceux qui se seraient perdus en chemin, pourriez-vous vous présenter ?

Steve : Ouh là, il faut de la place… Disons que tout est parti des bancs d’un collège autour d’une histoire d’amitié et d’une passion partagée pour le rock. De là ont découlé tout un tas de projets musicaux qui ont pris des noms aussi divers que Snake, The Commodore, Maniak, Brightness avant d’aboutir à Gush X et GanG au début des années 90.

Quelques concerts et démos ont été réalisés sous la période Gush X (1990-1992) avant que l’on opte pour le nom GanG début 1993 et qu’on enregistre notre 1er album au CMA de Valenciennes qui venait de sortir les démos de « Sublime dementia » de Loudblast et « The Cube » de Supuration (la palette de cet album culte a d’ailleurs été livrée le jour de notre entrée en studio !).

On a alors enchainé concerts, enregistrements et changements de line-up pour arriver jusqu’à l’aube des années 2000 avec 2 albums au compteur, 2 vidéos, 3 démo tapes et un peu d’expérience… A cette période, il ne restait plus que Philty (basse) et moi (guitares) lorsque nous avons voulu enregistrer un concept album sur la 1ère guerre mondiale « Piece of War ». C’est là le point de départ de la formation actuelle, qui dure.

Bill : En effet, j’ai intégré le groupe pour l’enregistrement de « Piece of War ». De simple guest vocal, aux côtés de Greg « Scream » Paturet (Fifty One’s, Escape, Tucker …) et Tenebrius Rex (Eternal Rest), je suis devenu invité permanent ! Nous nous connaissons depuis l’époque du « tape trading », quand nous nous échangions démos et albums. GanG s’est ensuite retrouvé sans batteur quand nous finalisions ce troisième album. Étant tous très impliqué dans le milieu musical, nous avons, néanmoins, décidé de continuer ensemble l’aventure mais plus en tant que projet studio. Biggy nous a rejoints pour le tribute à Killers en tant que deuxième guitariste. Chaque album qui a suivi était un bon coup de pied au c… pour nous remotiver. Jusqu’à « V » en fait. Il y avait un peu de demande pour nous voir live. Cela a coïncidé avec les 20 ans du groupe. On s’est donné le pari de revenir sur scène après 10 ans d’absence pour le groupe (et un peu plus pour moi…) pour une date unique. Mais, il en fût tout autrement. Nous avons été sollicités de toute part et depuis 2010, nous enchaînons les tournées.

Vous venez de sortir « Inject The Venom », votre 8ème album déjà (en tenant compte de l ‘album de reprises et le live), et j’imagine votre fierté quant à cette nouvelle livraison. En regardant en arrière, pour quel autre de vos albums ressentiriez-vous une fierté toute particulière ?

Bill : Oui une grande fierté ! Comme pour chaque album. Sans augurer des réponses des uns et autres, j’ai envie de dire que chaque album est spécial. « Piece of War » le début de l’aventure avec le groupe, « Dead or Alive » plus abouti, « V » signifie notre retour live, « HM-666% » amorce ce qu’est GanG aujourd’hui. Chaque album apporte sa pierre à l’édifice. Mais, si j’en retiens un, hormis le dernier, je dirais « HM-666% » car il annonce notre grand retour au Heavy pur, cette musique qui nous a conquis dans notre enfance.

Steve : Comme évoqué dans le court historique de GanG, l’album « 1993 » a une saveur toute particulière pour Philty et moi. C’est le premier. Certes peut-être très loin de ce que nous voulions faire vraiment et faisons aujourd’hui, mais il est la première pierre à l’édifice. Après, je ne serai pas original en citant, comme Bill, « HM-666% » et « Inject The Venom » qui sont les meilleures représentations de ce que GanG a dans les tripes.

Auriez-vous une anecdote, un souvenir marquant de cette longue carrière sur lequel vous souhaiteriez revenir pour les lecteurs de LOC ?

Bill : Dur ! Entre la chute de Malo derrière son kit au festival « Delirium Tremens » avec Blaze Bayley ou les moments de camaraderie partagés avec les Tokyo Blade, ADX et autres M:Pire of Evil… A titre personnel, sortir de scène et avoir Jeff Mantas qui vient me voir pour me complimenter et me dire « Mec, faut qu’on fasse un truc ensemble, j’adore ta voix », ça fait tout drôle !!!

Steve : Sur scène comme dans la vie, nous sommes des personnes à dimension humaine. De fait, il nous arrive toujours un tas de trucs formidables et nous essayons toujours de nous servir des expériences négatives pour positiver l’avenir. Alors, en termes d’anecdotes, ça va du catering congelé au guitariste souffrant d’une cystite qui quitte la scène obligeant le reste du groupe à une présentation des zicos improvisée. De l’orga d’un concert qui nous demande de brancher les fûts de bière de leur buvette à un autre guitariste (en kilt) qui doit prendre une perche de micro pour aller récupérer son slip que le chanteur lui a perché au plafond d’une salle de concert… Du bons temps entre amis, entre musiciens, entre fans et, évidemment, des moments d’anthologie aux côtés de références comme Holocaust, M:Pire of Evil, Paul Di’Anno, Girlschool, Vulcain, Tokyo Blade, ADX, Tygers of Pan Tang, Blaze Bayley…

Penchons-nous sur le petit dernier. Comment s’est passé le processus de composition d’ « Inject The Venom » ?

Bill : même principe qu’auparavant mais procédé différent. D’habitude, c’est la fonderie Philty/Steve qui apporte une trame, riffs et textes. Ils m’envoient alors le son. Puis je bosse sur les mélodies et arrangements et chacun y met sa patte. Sur cet album, j’ai apporté l’essentiel des compos et chacun a apporté selon ses aspirations. Même quand le compositeur est unique, chacun donne son avis et on prend en compte les remarques des uns et des autres sur la structure, les mélodies, les solos, etc.

On a la chance d’avoir chacun de son côté notre petit studio. Donc on maquette et on s’envoie des démos. Je suis assez pointilleux sur les arrangements, là où Steve et Philty sont plus instinctifs et immédiats. De ce fait̀, cela apporte beaucoup de complémentarité.

Vous avez choisi d’enregistrer sans trigg, de manière analogique et c’est tout à votre honneur. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Bill : On en a soupé de ces productions formatées, surgonflées. Trop de groupes sortent de studios avec les mêmes samples de batterie, les mêmes sons de gratte, les mêmes mix et les mêmes masterings. Tout est hyper compressé, sans dynamique, sans relief. J’ai écouté les dernières prods d’Andy Sneap. Ok, c’est énorme. Mais entre Death Angel, Exodus ou d’autres, tout sonne quasi pareil. Et pourtant, j’adore ces groupes !

Quand tu lis des chroniques ou des discussions, tu n’entends parler que de « gros son ». Assez rarement de chansons. On a donc souhaité revenir aux bases et appréhender l’enregistrement comme si nous étions un petit groupe qui démarrait dans les 80’s. C’est pour cela que le choix d’enregistrer une vraie batterie sans trigg, sans samples s’imposait. Et pour ne pas être en reste, on n’a pas voulu compiler les pistes de guitares pour faire un mur du son. Écoute les premiers Saxon, oui, c’est pauvre côté production, mais côté chanson, c’est que du classique. A contrario, prends Symphony X, par exemple, tu peux interchanger tous les plans entre eux et recréer autant de chansons que tu veux. Essaye un peu de changer un plan de gratte sur un « Powerslave » !!! Même les solos tu peux les fredonner et mémoriser. Essaye de siffler ou chantonner un refrain ou un solo de Symphony X et consorts !

Alors, bien sûr, nous n’avons pas la prétention d’avoir écrit un album de classiques intemporels mais il contient d’abord, et avant tout, des chansons, des riffs et des mélodies que tu peux fredonner. Enfin, l’album et le mix ont d’abord été conçus pour une sortie LP. Le LP sonne différemment. Le spectre de fréquences est différent. Moins de bas et donc pas cette surenchère de grave, fatigante à l’écoute et un peu plus de chaleur.

Pour l’instant, quel accueil a été réservé à « Inject The Venom » ?

Bill : Pour les exemplaires promos que nous avons envoyés, c’est majoritairement très, très encourageant. La grande partie des médias que nous avons sollicités semblent avoir compris la démarche d’authenticité qui est la nôtre. Mieux, la plupart semble aussi apprécier les chansons. Et les fans nous le confirment à chaque concert. On est de plus en plus sollicités, chacun souhaitant nous voir interpréter tel ou tel morceau. Ça fait énormément plaisir, tout comme lorsqu’on voit dans le public les fans chanter les paroles ! Après, il reste des septiques et d’autres qui ne comprennent pas la démarche. Tout dépend généralement de ta culture musicale. L’album n’est pas parfait mais il n’est pas sous produit, écoutez-le au casque et vous verrez qu’il y a plusieurs couches de lecture et il n’est pas passéiste pour autant.

Depuis, « HM 666% », vos visuels prennent une toute autre mesure, « Inject The Venom » m’a notamment tout de suite attiré l’œil. A qui avez-vous fait appel et comment s’est passée la collaboration ?

Steve : L’idée était de revenir à des visuels dessinés et bourrés de détails comme dans les pochettes des 80’s. Je me suis mis en recherche via internet et je suis tombé sur le travail de Olivier Salin, alias Bones (NDR : rien à voir avec le premier chanteur de GanG, lui-même prénommé Bones). Ce qu’il proposait et avait fait, notamment pour le dictionnaire sur Iron Maiden, sorti chez Camion Blanc, correspondait parfaitement à nos attentes. Depuis, c’est une vraie collaboration qui s’est instaurée entre nous. On lui envoie un cahier des charges. Il nous propose un premier croquis au crayon puis nous peaufinons au fur et à mesure les détails jusqu’à la mise en couleur et la réalisation du produit final. Nous nous efforçons d’être le plus sérieux possible (Si, si ! C’est possible des fois !) et de développer des relations durables dans cette collaboration. Bones est, en quelque sorte, notre Derek Riggs. Et notre savant fou, alchimiste du Metal, n’a pas dit son dernier mot !

Si vous deviez choisir 3 titres pour faire découvrir ce dernier album à quelqu’un, lesquels choisiriez-vous et pourquoi ?

Bill : « The King Became A God » : du Heavy qui, pour moi, lorgne un peu du côté de Halford, Dickinson en solo. « State Of Disgrace », un morceau assez riche, presque épique, aux ambiances variées, très Judas Priest par moments. Et pour le dernier, j’hésite entre « Edge Of Time », un morceau plus sombre et complexe ou « Primal Reign » pour son côté « Ram It Down/Painkiller », le titre d’ouverture qui met la gouache.

Steve : « Chaos For Glory » et son riff à la Riot, totalement old school, quelque part un hommage au regretté Mark Reale. Dans une veine plus Saxon, « All Of The Damned » avec deux lead-guitars… Après, j’hésite entre « The King Became A God » et « State Of Disgrace », tous deux très Judas Priest… Bref, que du Heavy Metal !!!

Alors que vous aviez une approche très Thrash, votre style s’inscrit, depuis « HM 666% » (le choix des reprises n’y est pas anodin) dans un Heavy bien plus traditionnel. On pense effectivement parfois à JUDAS PRIEST, SAXON et l’instrumental « Midnight » renvoie complètement au « Coast To Coast » de SCORPIONS. Qu’est ce qui a amorcé ce virage ?

Bill : une envie de revenir aux sources et de faire la musique qui est celle que l’on écoute en majorité. Nous n’avons jamais été franchement Thrash, ou alors plutôt early Thrash. Plus « Kill´Em All », Metal Church que Kreator ou Slayer. Nous avons toujours eu une approche mélodique. Et même si on peut apprécier le renouveau Thrash, ça n’est pas comparable. On n’a pas démultiplié les tempi et je ne braille pas 2’30 sur les 3´00 d’un morceau (rires).

Je pense qu’il y a une prise en compte générale de ce qu’on écoute et apprécie au quotidien, même si c’est très large puisqu’allant des classiques (Judas, Maiden, Black Sab, Saxon,…) au plus « underground » (Riot, Manilla Road, MSG) en passant aussi bien par Venom, Purple, Kreator, Mötley Crüe,… La liste serait longue, mais il s’agit essentiellement de groupes qui sont nés dans les 70´s et 80´s et je pourrais citer bon nombre de groupes français dont je ne me lasse pas.

Steve : On n’est pas là pour être la nouvelle sensation du genre. On aime le Hard Rock et le Heavy Metal depuis plus de trois décennies et il était temps pour nous d’assumer nos vraies racines à travers notre musique. Pas de compétition ou de business, juste du plaisir à partager.

Après « V », « Inject The Venom » est votre deuxième signature sur le label EMANES METAL RECORDS. Alors que vous avez beaucoup fonctionné en auto-production ou via l’association Underground Investigation, quelles portes ce deal vous ouvre-t-il ?

Bill : Nous avons conscience des difficultés actuelles. Nous cherchons un partenaire qui nous accompagne et nous soutient. Nous n’attendons pas tout du label. Nous restons actifs. Nous continuons à faire des envois promos d’albums, à solliciter les médias, nous jouons autant où nous le pouvons et nous essayons d’avoir un rythme de sorties et d’actualité régulier afin d’aider le label à nous promouvoir. Il est important que le label nous soulage d’une partie des investissements, notamment sur les pressages de disque et de promo, non pas pour en faire moins mais encore plus.

J’imagine que les projets actuels sont totalement tournés vers la scène, vous enchainez notamment les dates… mais après ?

Bill : Après ? On prépare les 25 ans du groupe. Nous travaillons déjà sur le prochain album. 6 morceaux sont déjà maquettés. D’autres sont en ébauche plus ou moins avancées. Nous avons un EP quasi prêt aussi. On reprend le concept du « HM-666% » avec de nouvelles reprises. Même si, cette fois-ci, nous devrions couvrir des groupes moins « évidents ».

Steve : C’est vrai que 2015 sera un nouveau cap, ponctué par le 25ème anniversaire de GanG. On y travaille, autant pour la sortie d’un nouvel album que pour quelques prestations mémorables.

Vous les avez évoqués, Paul Di’Anno, Blaze Bayley, VULCAIN, ADX, GIRLSCHOOL, TYGERS OF PAN TANG…. On ne cite plus tous les grands noms avec qui vous avez déjà partagé la scène. Avez-vous une rencontre marquante que vous aimeriez relater?

Bill : A titre personnel, plusieurs. L’amitié des ADX, c’est très, très fort pour moi. Ce groupe a beaucoup compté pour moi. J’ai des souvenirs très forts de mes rencontres avec Iron Maiden et Steve Harris, de l’après concert passé avec Uli Jon Roth à discuter de Scorpions, de Biff Byfford assis à côté de moi lors d’un sound check me demandant de prendre tout le temps nécessaire pour avoir un bon son sur scène. Mais, la plus marquante reste ma rencontre avec Dio, un monstre d’humanité et de simplicité et un talent vocal hors norme.

Steve : Nous sommes conscients que grâce à GanG et nos activités avec Underground Investigation, nous avons vécu des moments que tout passionné de Rock & Metal rêve de vivre. On se dit souvent qu’on n’aurait jamais imaginé, du haut de nos 12 ans au collège, qu’un jour nous serions aux côtés de ceux dont nous découpions les photos dans Enfer magazine pour décorer nos cahiers. Et pourtant… Recevoir Daniel Puzio (Vulcain), Philty Garcia et Gégé (tous deux ex-H-Bomb) pour un repas convivial à la maison… Se retrouver au resto avec Fabienne Shine et Ross the Boss qui fête son anniversaire et qui parle guitare avec toi tout simplement. Doro qui t’invite dans son tour bus et toi qui renverse malencontreusement son café… Holocaust qui n’avait jamais joué en France et qui passe deux jours à Fismes avec leur manager grec venu exprès pour l’occasion… Tony Dolan et M:Pire Of Evil (ex-Venom) qui reste une journée de plus sur un fest juste pour te voir jouer et assiste au concert, au premier rang avec un de tes tee-shirts sur le dos… Robb Wier de Tygers qui t’offre des bonbons au Jack Daniel’s ou Craig Ellis (Tygers Of Pan Tang) qui te reconnait sur une date en Belgique et qui passe une heure à se remémorer leur concert en ta compagnie à Fismes… Mark Shelton de Manilla Road qui t’attrape par le cou et t’appelle « brother »… Quand tu te rends compte que la personne qui regarde le concert de Whitesnake à côté de toi n’est autre que Doug Scarrat de Saxon… Etc., etc.

C’est notre rêve de gosse qui est devenu réalité ! Tous ces moments hors du commun, c’est notre fuel et il vaut tout l’or du monde !

Il existe un véritable comité de soutien dans l’hexagone mais est-il évident pour un groupe de Heavy à l’ancienne, français de surcroît, de faire sa place dans le monde actuel du Metal ?

Bill : C’est toujours plus dur pour un groupe français… Après, il faut lutter contre les a priori. Quand j’ai démarré, avec Gloomy Gherkin fin 80’s, chanter en français était has been. Quand nous avons mélangé voix Heavy et growls début 90’s, c’était mal perçu. Avec le revival Heavy et les rééditions, chanter en anglais n’était plus la norme. Aujourd’hui, faire du Heavy et revendiquer une étiquette 80’s, c’est la roulette russe. On est prêt à encenser n’importe quel groupe étranger plutôt qu’un groupe français. Il y a toujours eu au moins un groupe phare français, Trust, ADX, Vulcain, Loudblast, Gojira. Mais, sauf à te fondre dans la masse, le reste est mal perçu. Prends le « Keep It True » en Allemagne, tu n’as que des groupes des 80’s et c’est sold out d’une année sur l’autre. Tu vas au « Ages Of Metal » en Belgique, tu as Manilla Road en tête d’affiche, Avenger, Tygers Of Pan Tang et le fest est sold out avec des jeunes de 20 ans qui connaissent les paroles par cœur. J’ai l’impression qu’en France, il y a un dogme qui s’impose. C’est malheureux. Maintenant, avec GanG, on y va à la force du poignet. On joue ce qu’on aime, on n’écoute que nous mêmes et on fonce avec nos moyens et nos envies. Une chose est sûre. Seul le travail paye et finit par payer. C’est aussi pour cela qu’on s’efforce d’avoir des sorties d’albums régulières et une actualité quasi permanente. A moins de t’appeler Metallica, attendre 5 ans pour sortir un album et faire deux ou trois concerts dans l’année ne sont pas les meilleurs moyens de te faire connaître et de t’imposer. Il y a tellement de groupes, d’albums et de changements.

Prenons quelques nouvelles d’Ungerground Investigation et, notamment, de la convention de Fismes. Etes-vous satisfait de la tournure que prennent les choses ? Comment cela évolue-t-il ? Quels sont les projets à venir et futurs ?

Steve : Avec l’actualité de GanG, Underground Investigation est revenu à son activité première : le management du groupe. On est quelque peu contraint de laisser le fanzine en stand by même si on réfléchit au moyen de poursuivre durablement notre publication papier… Alors, management de GanG, management de Dynasty (le seul tribute band français dédié à Kiss) mais également organisation avec 3 manifestations annuelles : la Convention Rock n’Metal dont la 18ème édition aura lieu le dimanche 1er mars 2015, le Fismes France Hard Rock Rendez-Vous dont le 4ème est fixé samedi 24 mai 2014 (dans 2 jours !) et la British Steel Saturday Night n°3 qui aura lieu le samedi 4 octobre 2014 avec Oliver/Dawson Saxon, Absolva, Chariot, Nick Hellfort, Spirit, etc.

Comme tu peux le voir, on essaie d’être aussi actifs au-delà de GanG même si tout se fait en symbiose étroite entre le groupe et l’association. Même si GanG ne joue pas, on essaie de bouger sur les concerts et d’apporter notre soutien dans la promotion de cette musique qui est notre raison d’être. Comme le précisait Bill, dans la question précédente, on n’attend pas que les choses arrivent. On va au devant, on les provoque et l’activisme associatif est l’un des meilleurs moteurs qui soit pour ça.

Vous avez maintenant la parole pour vous adresser directement à nos lecteurs… qu’aimeriez-vous ajouter ?

Bill : Ouvrez-vous, écoutez, forgez-vous votre propre avis, utilisez la technologie pour découvrir réellement les groupes, allez aux concerts et faites vous plaisir au delà des « qu’en dira t’on ». Restez libres de vos choix !!!!

Steve : MERCI pour votre soutien précieux ! N’hésitez pas à nous contacter et à venir nous rencontrer en live lors des concerts. Long live rock’n’roll !

Lords Of Chaos Webzine vous remercie pour le temps que vous nous avez accordé et vous souhaite une longue suite de carrière encore !

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