[Interview] Clémentine Delaunay – Visions of Atlantis

En amont de la sortie de leur nouvel album, Wanderers, prévu pour le 30 Août prochain chez Napalm Records, Lord of Chaos a pu rencontrer Clémentine Delaunay, chanteuse de Visions of Atlantis depuis 2013, dans un hôtel parisien.
Elle nous parle de ce fameux nouvel album, de sa carrière et de celle de Visions of Atlantis.

Aniron : Bonjour Clémentine, comment vas-tu ?

Clémentine : Ça va bien ! C’est la course mais ça va !

A : Peux-tu présenter Visions of Atlantis, son histoire rapidement, et ton parcours en tant que Chanteuse ?

C : Visions of Atlantis est  un groupe qui existe depuis 19 ans et qui est un des pionniers du Metal Symphonique. Il a la particularité d’avoir le Chant Masculin et Féminin en chant clair, ça a toujours été un des Trademarks du groupe.
Le groupe a eu beaucoup de changements de Line-up durant toute son aventure. La réussite d’un projet, ce n’est pas vraiment ce qu’on ne fait ni avec quels moyens, mais c’est avec les gens qu’on le fait. Et malheureusement Visions of Atlantis en a payé le prix fort, de ne pas s’allier avec les bonnes personnes. Parfois on pense avoir trouvé les bonnes personnes et puis finalement non jusqu’à il y a peu de temps puisque le Line-up est stable depuis 2013. Même s’il y a eu des changements entre temps, le projet s’est stabilisé, ainsi que son identité. C’est ça qui est le plus important.
Musicalement parlant il y a eu pas mal d’évolution selon qui composait la musique. Aujourd’hui nous sommes arrivés à une formation stable, avec qui nous faisons du Metal Symphonique mais avec une plus grande ouverte musicale sur ce nouvel album, sans être restreint aux caractéristiques de base de ce style.
Moi j’ai rejoint le groupe en 2013 après avoir été chanteuse chez Serenity, compatriote de Visions of Atlantis, et également sur le même Label. C’est comme cela que nous nous sommes connus. J’ai une formation de chant, je chante depuis que je suis toute petite, dans des gospels, des chœurs. Puis j’ai pris des cours de chant classique, et j’ai chanté dans des chœurs semi-professionnels de musique sacrée. Enfin j’ai découvert le Metal Symphonique. Et c’est là que je me suis dit que je voulais faire ça.
En 2010 j’ai eu ma première formation avec Whyzdom, j’ai rencontré Serenity au passage et j’aurais bien voulu garder les deux projets, puisque ça se complétait et aucun des groupes n’avait une carrière qui empêchait de partir en tournée.
Sauf que Whyzdom m’a demandé de faire un choix, que j’ai fait et je suis allé là où il y avait matière à développer les choses de façons professionnelles car c’est ce à quoi j’aspire.

A : Et c’est un bon choix !

C : Merci !

A : Wanderers est votre nouvel album, peux-tu me parler de son contexte et du processus de création ?

C : Par rapport à The Deep & the Dark qui a mis 5 ans à naître, Wanderers a été beaucoup plus rapide puisque nous avons pris les mêmes et nous avons recommencé. C’est une bonne équipe, ça fonctionne, nous travaillons avec un producteur qui a tout à fait compris notre style, notre vision et notre direction. Quand on lui amène des idées, il est complètement capable de rendre cela présentable sous le nom Visions of Atlantis. Donc c’est allé assez vite, les bases étaient déjà là, le processus créatif ne s’est presque pas arrêté depuis la sortie de The Deep & the Dark car nous savions que nous voulions sortir quelque chose de rapide derrière pour continuer sur cette lancée.
Nous avions un peu l’impression que le groupe était un peu renaquit de ses propres cendres, après 5 ans où nous avions tout juste sorti un EP de reprises de compositions du groupe.
Là nous avions compris la recette, qui nous a permis de faire un album pour lequel nous étions très confortables et satisfaits, pour le prochain il fallait pousser les choses encore plus loin mais avec les mêmes personnes.
Après par la suite, nous avons tout de même changé la prod, car il fallait qu’elle soit plus moderne et plus massive, il y a eu plus de moyens dans l’enregistrement de la batterie. Nous avons quand même fait les choses différemment, et de mieux en mieux, mais la base des personnes avec qui le faire elle est là.

A : Il semblerait que les thèmes principaux de Visions of Atlantis (Histoires, légendes, etc…) soient toujours présents, est-ce important pour vous de continuer dans cet esprit ? Ou est-ce plutôt l’inspiration qui vient et vous conduit directement vers ce style d’écriture ?

C : J’écris tous les textes. Il n’y a pas vraiment de légendes, des contes de la mer, présents depuis deux albums. J’écris des histoires, je crée des personnages, et je leur donne un contexte qui va bien avec la musique de Visions of Atlantis, quelque chose d’assez cinématographique quelque part. Mais au fond, nous parlons de choses dont tout le monde fait l’expérience, des sentiments, des émotions que tout le monde peut ressentir. Donc je m’inspire principalement de ma propre avancée en tant que personne, ma propre évolution, mon chemin spirituel.

C’est vrai que ces temps-ci je sentais que dans ma vie, il fallait qu’il y ait un changement. J’aspire à quelque chose qui me pousse à me dire qu’il faut que je quitte la France, que je me trouve, que je m’assume plus, que je sois totalement consciente de mon identité et que j’arrête d’aller chercher de l’inspiration ailleurs qu’en moi-même, et de me réaliser moi-même en tant que personne. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de phrases, de choses qui reviennent, qui disent qu’il faut faire le voyage. Mais ce serait plutôt un voyage introspectif.
Que le voyage soit toujours une introspection est déjà quelque chose de présent sur le dernier album. Il y a une continuité là-dessus.

A : Une lyric Vidéo est sortie hier, est-ce qu’un clip sortira prochainement ?

C : Oui ! Deux même, avant la sortie de l’album. Si tout se passe bien !

A : Tu es dans Visions of Atlantis depuis 2013 et c’est le deuxième album studio où tu en es la chanteuse. Quel regard as-tu sur ces 6 dernières années ?

C : Disons qu’au départ, cela m’a pris du temps de trouver mes marques dans Visions of Atlantis, parce que lorsqu’on ne joue pas ses propres morceaux et qu’on ne chante pas ses propres textes, pendant des années, j’ai eu l’impression d’être dans un groupe de reprises. Les gens aussi, il leur faut un temps d’adaptation. Le line-up a tellement changé qu’ils se disent que les membres vont aller-venir.
Il a fallu que j’accepte d’être la chanteuse de Visions of Atlantis.
Le passé, c’est le passé. Il fallait que moi déjà, je prenne mon propre rôle bien en main. C’est pour cela que j’ai vraiment voulu prendre part, encore plus sur ce nouvel album, à l’écriture des paroles, des lignes de chant, des morceaux. Le titre éponyme c’est une de mes compositions, où j’ai même joué le piano. Ce qui permet de donner encore plus de ma personnalité dans la musique, et c’est à partir du moment où nous avons sorti The Deep and the Dark, qu’il y a eu un processus créatif, que ce groupe est devenu le mien où il m’a été permis d’y mettre ma créativité, ma personnalité, mes idées, mes sentiments, mes émotions. Visions of Atlantis a vraiment commencé à être mon groupe fin 2017, où nous étions dans la phase de composition.
Jusqu’avant c’était bien, nous jouions ensemble, nous passions de très bons moments, nous avons toujours eu une très bonne entente dans le groupe, et c’est ce qui a fait que nous avons tenus jusque-là.

A : Parce que c’était long !

C : Oui, c’était long ! Nous avons eu des hauts et des bas tout le long, parce que The Deep and The Dark devait se faire avec d’autres personnes, qui finalement ne pouvaient pas assumer. Il a donc fallu trouver d’autres membres et une nouvelle déception à enmagasiner.
Mais maintenant nous sommes boostés. Le public apprécie notre musique. Le groupe est reparti de plus belle, nous avons fait des tournées, que nous ne pensions pas imaginables, avec Kamelot, en Amérique Latine en headliner. Il y a donc des choses qui se sont débloquées, et ça a donné encore plus envie de tout donner pour la suite.

A : Quel est/sont ton/tes titre(s) favoris de ce nouvel album ? Et dans toute la discographie de Visions of Atlantis ?

C : Aujourd’hui nous avons remis au gout du jour Memento qui date de Delta, qui est la Bonus Track du Earbook.
C’est Thomas, le Batteur, qui adorait ce titre, qui voulait absolument qu’on le joue live l’année dernière. Et c’est quand tu joues un titre que tu rends compte de sa portée. C’est vrai que lorsqu’on est musicien, il y a une différence entre écouter et jouer. Il y a des titres que tu apprécies écouter mais à jouer tu t’ennuies et inversement. Memento c’est ce genre de titre, qui en live a une aura, qui a fait que nous avons souhaité en faire une nouvelle version.
Winternight c’était le titre qui m’avait fait adhérer au groupe à l’époque.
Sur le nouvel album, j’attends surtout de pouvoir en jouer plus. Jusqu’à présent nous n’en jouons que deux. Nous en jouerons plus dès jeudi au Bang Your Head Festival. Mais là, j’attends vraiment de pouvoir en jouer d’autres pour savoir lesquels sont mes favoris.
J’aime beaucoup le premier titre, Release my Symphony. J’ai toujours aimé les longs morceaux. J’aime aussi les titres plus rapides, qui envoient davantage, Journey to Remember ou Heroes of the Dawn que nous avons sorti hier, qui sont très catchy.
Il y a aussi un morceau qui est très important pour moi qui traite d’un sujet qui m’est très cher, The Silent Scream, qui est sur l’écologie. C’est la première fois que dans des paroles je sois plutôt directe, pour éveiller un peu les consciences sur le monde dans lequel nous vivons, que nous n’en prenons pas soin et qu’il va disparaître.
Je pense qu’il est important en tant qu’artiste de profiter de la scène qui nous est donnée pour faire passer des messages qui pourraient peut-être améliorer le monde. The Silent Scream a donc une saveur différente pour moi, et puis Wanderers que j’ai écrite. C’est difficile de dire qu’on aime son propre titre, mais c’est forcément lié à moi.

A : C’est une part de toi.

C : Oui, tout à fait.

A : La tournée du nouvel album va bientôt commencer. Est-ce qu’une ou plusieurs dates en Headliner sont prévu en France ?

C : Oui ce sera annoncé fin août. Nous avons une tournée de 4-5 dates en Allemagne en Headliner pour la sortie de l’album en septembre. Cela fait très longtemps que le groupe n’a pas eu de date en Headliner.

A : C’est une bonne nouvelle ! Vous avez sorti un album live, en février 2019. C’était important pour vous de proposer un support live ?

C : Ça s’est fait de la manière la plus spontanée du monde.
Notre nouveau chanteur Michele est ingé son de métier, et pendant la tournée, tout se passait bien, les réactions du public étaient super, nous nous sommes rendus compte que nous avions le matériel pour enregistrer avec nous.
Avec l’ingé son de la tournée et Michele, ils se sont mis d’accord et nous ont proposé de faire un CD de cette tournée. C’est parti de là, nous avons commencé à enregistrer, avant de voir comment cela allait sonner. Nous avons enregistré 3-4 dates, pour avoir les meilleurs morceaux car sur un seul concert il y a toujours des petites erreurs, ou parfois nous entendions moins la foule car les micros n’étaient pas placés pareil.
Quand Michele a mixé le tout, et que nous avons écouté l’album, c’était super. Et nous l’avons sorti.
Aussi simple que ça. Il n’y avait pas de plan promo drastique. Nous allions sortir Wanderers, l’album était en cours. Nous n’avions pas besoin de meubler. Nous pouvions le faire, donc nous l’avons fait. Cela permet au public de garder un souvenir de la tournée

A : C’est plus un cadeau pour les fans finalement ! Et un DVD Live serait-il envisageable prochainement ?

C : Oui le concert de Bang Your Head Festival, avec l’orchestre sera enregistré pour un DVD.
Jouer avec un orchestre, ça n’arrive pas tous les jours. C’était le moment d’immortaliser.

A : Quels sont les futurs projets de Visions of Atlantis pour 2020 ?

C : Le DVD sortira en fin d’année 2020, avant ça il y aura une tournée en Headliner, des festivals entre temps, et un nouvel album pour 2021.

A : Vous enchainez donc !

C : Oui, mais mine de rien c’est le rythme. Un groupe qui a une activité bien dense, c’est un album tous les un an et demi deux ans maximum. Après c’est difficile, les tournées s’épuisent. C’est difficile de faire de la promo, quand l’album date un peu. Surtout à notre échelle, nous n’avons pas un niveau de notoriété qui nous permette de faire des tournées sur deux ans avec un même album.

A : Pour conclure, je te laisse le mot de fin.

C : Merci beaucoup d’avoir eu envie de me parler aujourd’hui. J’espère que les lecteurs de Lords of Chaos apprécieront notre nouvel album, que nous rediscuterons pour le prochain album et que nous nous verrons sur la tournée en 2020 !

Retrouvez très prochainement un premier aperçu de Wanderers très prochainement sur Lord of Chaos.

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