[Chronique] ZERO DOWN – Larger Than Death

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

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Bon, si vous avez une logique d’acheteur similaire à la mienne, pas besoin de vous fatiguer à lire cette chronique pour acheter l’album, car vous l’aurez déjà commandé en vous moquant de ce qui suit ! Pourquoi ? Ben à cause de la pochette ! C’est comme ça et c’est pas autrement, dès que je vois du Ed Repka – style reconnaissable entre mille, fleuron de la pochette metal réussie et collector -, j’achète, et je découvre après, pour le meilleur et parfois pour le pire ! Et ça tombe bien, car c’est déjà le troisième album que signe le légendaire illustrateur pour le compte du groupe de heavy rock de Seattle, Zero Down. Donc, cela veut dire, pour ce qui concerne les curieux qui vont quand même lire la chronique, que j’avance en territoire connu. Pour en terminer côté illustration, Repka, c’est un style, et c’est aussi celui qui vous crée des mascottes en moins de deux ! Le Vic Rattlehead de Megadeth, sublimé par Peace Sells et surtout Rust in Peace, le Governator (Schwarzie !) d’Austrian Death Machine, les bad-guys d’Evildead et Sanctuary, et pour ce qui nous intéresse le Snake Handler de Zero Down ! Kézako un snake handler ? Un prédicateur pentecôtiste américain mettant la foi de ses fidèles à l’épreuve des serpents : tu les tiens, et s’ils te laissent pépouze, tu es pur, mais s’ils te mordent et que tu gonfles et expires dans d’atroces souffrances, bien fait pour toi, t’avais qu’à pas pécher ! Radical, comme l’approche du groupe !
Pour la signature de ce nouvel album des ricains de Zero Down, l’illustrateur a carrément poussé le blasphème en prêtant les traits du Snake Handler à ceux du puritain et sauveur de la Nation, Abraham Lincoln !
Et la musique dans tout ça ? Blasphématoire bien sûr ! Evil, évidemment !!! Et quand on dit Seattle, on pense au grunge, à Queensryche,… et ben là c’est pas ça du tout ! Zero Down donne dans un mélange savamment dosé de heavy, de punk et de thrash, le tout saupoudré de hardcore. Vétérans de ces diverses scènes, les musiciens sillonnent les routes depuis 2002, emmenés par leur leader au physique impressionnant, Mark “Hawk” Hawkinson.
Groupe de live, Zero Down sait également donner le meilleur de lui-même sur album, livrant une musique carrée, efficace, évitant le remplissage. 10 titres en moins de 40 mn (35 ici !), on s’embarrasse pas du superflu et on va à l’essentiel. Les ricains se sont toujours démarqués par un style propre, évoluant entre heavy et punk. La recette est simple : binôme classique couplet refrain, de solides riffs, quelques soli bien placés (plus marqués dans les œuvres précédentes, il faut le signaler), une rythmique en fer forgé avec notamment une basse épaisse comme une corde d’amarrage, et un timbre de voix plutôt rauque, qui se permettait souvent des stridences aiguës bienvenues renforçant l’aspect metal façon NWOBHM, et qui seront moins présentes sur l’opus qui nous intéresse.

Alors, avec moins de soli, moins de cris aigus, Larger Than Death se révèle t-il plus punk que metal ? Pas vraiment, mais il renforce son aspect rebelle par ces éléments, tout en réservant aux guitaristes, Lenny Burnett et Matt Fox de belles envolées qui seront d’autant plus remarquables que rares. C’est du coup le binôme basse et batterie qui s’en trouve renforcé, carrément remarquable sur cet album : tandis que la basse lourde de Ron E. Banner se fait toujours menaçante, jouant sa partition en maraude prête à te mordre à la vitesse d’un serpent à sonnettes, les fûts de Chris Gohde sont martelés avec une précision toute chirurgicale ; sur le terrible Horns, le break de batterie nous donne presque à regretter de ne pas enfler en un puissant solo (du coup, ce sera le moment idéal pour le live !). En peu de temps, Larger Than Death en donnera pour tous les goûts : du mid-tempo qui sait mesurer ses effets avec l’imparable single High Priestess, le groovy Mean Machine, qui risque de faire mal dans la fosse malgré ses faux airs de Thin Lizzy survitaminé, le punk et énervé Lightening Rod, le phénoménal et méchant Racoon City (qui fera plaisir aux amateurs du jeu Resident Evil !), les relents thrash à la Anthrax (époque John Bush) sur Western Movies ou à la Megadeth sur Lone Wolf (on pense inévitablement à Sweeting Bullets, avec la mélancolie plombant l’ambiance de The System Has Failed), du style thrash sud-américain avec Curandera et un impressionnant dernier titre (lancé par l’instrumental portant le titre de l’album), Horns, que l’on n’avait pas vu venir et qui lance les traces du combo sur les terres d’un Five Finger Death Punch avec son metal moderne et bien énervé, tout en rythmique gonflée à la testostérone. Euh… du coup, j’ai presque tout cité ! Mais n’allez surtout pas croire que ces influences ôtent à Zero Down une once de sa personnalité ! Au contraire, elles épicent l’aura vénéneuse du groupe et donnent à chaque morceau une envie de “reviens-y”, et ce même si tu joues dangereusement dans la fosse et qu’avec un morceau comme Horns, tu risques fort avoir goûté la première cuvée du wall of death avec ton propre sang (d’ailleurs, Mark le chante “it’s raining blood !”) !

Pour tous les amoureux de musique allant droit au but, gardant un un aspect punk tout en ne laissant pas la mélodie de côté, je ne peux que vous recommander cet album nerveux qui a déjà plus que de raison tourné sur ma platine ! Je ne lui souhaite que de vous envoûter de la sorte, car il le mérite assurément !

Titre préféré : Horns ! Car il y a tout dedans, de la rythmique d’enfer, des soli flamboyants, une voix evil mêlant influences punk et metal, et un pouvoir de destruction phénoménal ! Et il te convainc d’emblée que c’est en live qu’il faut les voir !

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