[Chronique] WHIPLASH – Power And Pain

Mike Elektrökuthör

Mike Elektrökuthör

Archéologue du Metal (Thrash Old School en particulier) à la recherche de la petite pépite méconnue ou mésestimée. Les 80's/90's regorgent de groupes comme ça et c'est mon devoir de les trouver, les écouter et partager mon avis sur ma découverte.
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Rares sont les groupes à avoir sorti un premier album tellement bon qu’il reste le meilleur de toute leur discographie. Il y en a quelques uns bien sûr comme EXODUS, POSSESSED, DESTRUCTOR, INFERNÄL MÄJESTY et EXUMER mais le plus souvent les albums suivants sont bien meilleurs que les premiers ! WHIPLASH est de la partie avec ce « Power And Pain » qui, à mon avis, reste le meilleur disque du groupe.

En 85, le trio de Tony (Tony Scaglione à la batterie, Tony Portaro au chant et à la guitare et Tony Bono à la basse) nous offre son premier album. Et quel album… Très inspiré par METALLICA et SLAYER, WHIPLASH nous balance un Speed/Thrash de toute beauté avec des riffs acérés qui alternent les notes graves et aigües, ce qui donne un grain très différent par rapport à ce que l’on a l’habitude d’entendre (« Power Thrashing Death », « Stage Dive », « Warmonger »). Les rythmiques de Portaro peuvent aussi se montrer particulièrement vicieuses et techniques (« Message In Blood », « Warmonger ») mais ses parties solo restent toujours très mélodiques sur la totalité des morceaux (mes préférés sont tout de même ceux de « Stage Dive » et « Message In Blood »). Et puisqu’on parle de Portaro, sa voix éraillée n’est pas sans rappeler celle d’un certain James Hetfield sur « Kill ‘Em All » mais en mieux maîtrisée. Le bougre passe facilement de ce timbre arrangé au papier de verre à une voix plus rauque (« Spit On Your Grave », « Red Bomb ») en allant jusqu’à nous sortir quelques sonorités plus gutturales sans trop lorgner sur le Death non plus (« Warmonger », « Power Thrashing Death », « Stirring The Cauldron », « Nailed To The Cross »).
Côté batterie, on comprend pourquoi Scaglione a pu remplacer Lombardo lors d’une tournée. Son jeu, tout en étant relativement (pour ne pas dire totalement) conventionnel est bourré de feeling et d’une fluidité déconcertante. Les nombreux passages à la double sont un plaisir à entendre (« Last Man Alive ») et l’utilisation à outrance mais maîtrisée des cymbales fait bien plaisir.

Malgré toutes ses qualités, WHIPLASH n’est pas aussi accrocheur que ses modèles et peine un peu à laisser transparaitre une identité propre. Il est assez difficile de ne pas penser à METALLICA ou SLAYER pendant toute l’écoute du disque, ce qui n’en fait pas un mauvais album pour autant. Chaque morceau est assez bien construit, les mélodies et quelques riffs rentrent/restent bien dans la tête ainsi que les refrains qui sont plutôt entrainants et ont aussi tendance à ne plus vouloir sortir du crâne (« Stage Dive », « Last Man Alive », « Message In Blood », « Warmonger », « Power Thrashing Death », « Spit On Your Grave » et « Nailed To The Cross » en sont les meilleurs exemples).

En 85, WHIPLASH frappe fort mais ça sera insuffisant face à « Bonded By Blood », « Seven Churches », « Hell Awaits » ou même « Spreading The Disease » qui marqueront un peu plus le Thrasher lambda grâce à une identité qui sera propre à EXODUS, POSSESSED, SLAYER et ANTHRAX.
WHIPLASH retentera sa chance en 87 avec « Ticket To Mayhem » mais le résultat n’est pas aussi terrible que sur ce « Power And Pain » qui aurait largement mérité plus d’attention.

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A propos Mike Elektrökuthör
Archéologue du Metal (Thrash Old School en particulier) à la recherche de la petite pépite méconnue ou mésestimée. Les 80's/90's regorgent de groupes comme ça et c'est mon devoir de les trouver, les écouter et partager mon avis sur ma découverte.

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