[Chronique] WARNING – Métamorphose (réédition 2015)

Wicasa Wakan
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Label : Verychords
Note : 8/10

 Voilà une réédition qui va me permettre de me racheter… Fan de WARNING de la première heure, j’avoue avoir à l’époque totalement boycotté cet album, déçu que j’étais du départ de Rapha, chanteur emblématique et fantasque, que je vénérais au plus haut point ! Je vais donc pouvoir donner une deuxième chance à cette galette devenue culte, maintenant que j’ai fini de bouder ! ^^

« Métamorphose », il est vrai que le titre se prêtait plutôt bien… Après un premier album incroyablement prometteur qui avait propulsé le groupe au rang de star du Hard français aux cotés de TRUST – un groupe de Hard gaulois signé chez une major (Polydor, et non pas Poulidor, même si en France quand on est un groupe de Hard on a souvent l’impression de pédaler dans la semoule), je peux vous dire qu’à l’époque ce n’était pas de la gnognotte – et un deuxième où Dieter Dierks, producteur légendaire de SCORPIONS était aux manettes, le groupe eut quelques déboires… Lâchement abandonné par sa maison de disque malgré deux disques d’or (mais oui Madame…), cela avait induit une certaine lassitude chez certains et enfin la débandade dans les rangs du combo, après que Rapha et Didier (Bernoussi – RIP 2011) aient raccroché les gants, bref…
Christophe Aubert (RIP – 1994), en combattant qu’il était, décida tout de même de continuer l’aventure avec un line-up remanié. Le résultat fut donc ce surprenant troisième album.

Surprenant à plusieurs titres car, déjà, WARNING sans son chanteur charismatique Rapha, ce n’était pas gagné. Ensuite, Christophe, toujours à la recherche d’originalité, a su renouveler le style de WARNING et l’adapter à Francis Petit (successeur de Rapha), tout en restant dans le son si particulier et personnel du groupe. Et je dois dire que se replonger dans cet album plus de trente ans après, est une belle (re ?)découverte !
Première constatation, le jeu de guitare de Christophe n’a pas pris une ride, bien au contraire ! C’est intelligent, mélodique, moderne, technique mais pas trop, un vrai régal ! Ensuite, il y a ici quelques perles de compos que j’avais bien eu tord de mépriser à l’époque car, hormis le single « Petit peuple » auquel j’avais bien voulu accorder une chance, les autres titres méritent que l’on prenne le temps de s’y attarder, comme l’envoutant « L’Aveu », ou le très original « L’Accident » (titre prémonitoire ?).
Francis Petit, sans vraiment faire oublier Rapha car il faut dire que passer derrière quelqu’un d’aussi charismatique n’est vraiment pas un cadeau, s’en sort bien et sans chercher à imiter son prédécesseur. Il se glisse finalement bien dans l’univers du groupe et prouve que lui aussi était un très bon chanteur de Hard Rock. Les textes sont moins surréalistes tout de même et c’est peut-être dans ce segment que la différence avec les deux premiers disques est la plus grande. Musicalement, le style est moins Heavy que sur le « II » mais plus technique que sur le « I » .
Coté « bonus », on a droit à 3 titres inédits (Challenger – Warninger – Héritier), enfin sur un album de WARNING, car on pouvait déjà en profiter sur le « Shooting Star », le tribute à Christophe Aubert sorti en 1996, qui auraient du être sur le quatrième WARNING du temps où Christophe y croyait encore… Ces morceaux sont chantés par Pierre Magnin, ainsi qu’une version de « L’Aveu » réenregistrée avec ce dernier. Vocalement, on est encore moins proche de Rapha (ce qui n’enlève rien aux qualités de vocaliste de Pierre), autant dire que la flamme commençait à vaciller sérieusement, mais cela à au moins le mérite de nous faire goûter à ce qui aurait pu être la suite de Warning, d’autant que je crois savoir que Christophe et Rapha avaient gardé le contact et avaient tenté de se réunir plusieurs fois… Enfin, l’album se termine sur une version live enregistrée lors de la tournée « Métamorphose » avec donc Francis au chant de l’incontournable « Tel Que Tu L’Imaginais ». Intéressant, si vous vous êtes toujours demandé ce que pouvait rendre les titres de Rapha interprétés par Francis.

Cet album, s’il sonne international dans sa globalité, conserve ce je ne sais quoi de profondément français mais du bon coté, c’est-à-dire, ce coté classe, haute couture et Champagne qui fait la réputation de notre pays partout dans le monde. Sans doute plus proche de « Warning I » que du « Warning II » dans son style, c’est-à-dire plus Rock, on ne peut tout de même s’empêcher de penser à ce qu’il aurait été avec Rapha, mais l’histoire est ce qu’elle est et cela n’enlève rien aux qualités de ce très bon album…
Des étoiles filantes, WARNING et son guitariste l’auront été sans aucun doute et, au-delà de la nostalgie qu’engendre aux contemporains de ce groupe le fait de se replonger dans sa discographie, c’est le sentiment d’un immense gâchis incombant aux professionnels du milieu musical qui en ressort, car entre ceux qui y croyaient mais n’y connaissaient rien et ceux s’y connaissaient mais n’y croyaient pas, on ressent comme l’amertume d’un citron dans lequel on aurait croqué à pleines dents…

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