[Chronique] VULTURE INDUSTRIES – Stranger Times

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
Bernard-Henri Leviathan
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« Il n’y a point de génie sans un grain de folie ». Voilà l’un des enseignements qu’Aristote n’aura pas emmené dans sa tombe.

J’ai découvert les Norvégiens de VULTURE INDUSTRIES avec leur précédent disque, l’excellent et barré « The Tower »,  mais surtout lors d’un concert à Lyon en 2015, où, attendant impatiemment mes héros d’ARCTURUS,  j’avais été soufflé par le show réellement habité de ce groupe semblant venir d’une autre époque, bretelles et chemises blanches à l’appui. J’avais été  conquis par la spontanéité, la prise de risque des musiciens, le charisme et la frénésie de son chanteur. Très théâtral, voire joyeusement dangereux, ce dernier nous avait offert un véritable spectacle, n’hésitant pas à descendre dans la foule pour grimacer au milieu du public et l’emmener dans une folle orgie. J’ai dès lors vu en eux l’une des nouvelles pointures de l’avant-garde.

La réception du visuel bizarre et somptueux de ce “Stranger Times”, quatrième album déjà, me laissait logiquement rêveur. Ce rhinocéros en tutu jouant l’équilibriste sous l’influence de démons accusateurs transpirait déjà le génie… Seulement peut-être fallait-il également y décoder la dangereuse marche du pachyderme menaçant de glisser du fil à tout moment. Car du risque il y en a dans ce disque…mais pas forcément là où je l’attendais…

“Stranger Times” se découvre avec persévérance car il est du genre à ne pas spécialement marquer de prime abord… sa poésie, baroque et romantique, se dévoile au gré des écoutes. C’est ainsi que les 9 titres révèlent quelques secrets.

« Tales Of Woe », en ouverture d’album, résume très bien ce qu’on trouvera dans cette nouvelle offrande. Le groupe prend le temps d’installer l’ambiance, Bjørnar E. Nilsen, très versatile dans ses interprétations vocales, arrive en rampant. La musique se pose puis monte en puissance. Le morceau se fait plus intense, mélodique puis grandiloquent. C’est ainsi tout au long du disque,  les chansons se déroulent progressivement, d’une manière plus posée qu’antérieurement mais toujours sensitive et sombre.

Tout en gardant une homogénéité et une fluidité dans l’écoute, “Stranger Times” présente des arrangements empruntant au Rock des grands espaces à la NICK CAVE (« As The World Burns »), au cabaret (« Strangers », où la trompette vient prêter main forte très naturellement, comme a déjà pu le proposer LACRIMOSA), aux partitions alambiquées laissant la batterie tricoter des contretemps. On pense aussi à BOWIE (« My Body, My Blood ») ou au dernier FAITH NO MORE. Il y a cette ambiance de triste clown qui traîne, à l’image du visuel de cirque ambulant. Et d’un coup, les mélodies de guitares s’exposent au grand jour pour préparer le terrain aux envolées lyriques et expressives de Bjørnar E. Nilsen, renvoyant à un passé où le groupe se rangeait aux côtés des ARCTURUS, AGE OF SILENCE et consorts.

Cependant, si je ressors avec le sentiment d’un disque subtile et intelligent, un élément manque cette fois-ci à l’appel. Je parlais de prise de risque sur cet album… Mélancolique, lyrique, décadent, VULTURE INDUSTRIES assoit une fois de plus une personnalité bien trempée mais à trop polir les angles en se servant du papier de verre qui faisait l’abrasif de son style, le groupe accouche d’un “Stranger Times” à la beauté profonde mais manquant tout de même du grain de folie qu’on était en droit d’attendre pour marquer durablement. Et comme le disait Aristote, c’est ce manque qui ne me permet pas d’apposer le terme “génie” à cette fraîche production. Il reste néanmoins un disque au charme particulier et le temps, car il en faut encore, nous dira s’il gagne sa place dans le classement des grands disques de l’année… place que j’avais donnée un peu trop à la hâte dans mon esprit avant même d’avoir enfoncé la touche “Play”!

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A propos Bernard-Henri Leviathan
Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon ! Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,… et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux! Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal “Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc. Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire

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