[Chronique] UNSCARRED – 100 Lashes

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uns-fedfb4ceNote : 9/10
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Pas mal de choses à dire pour ce premier album d’Unscarred, tant sur l’album en lui-même, que le groupe ou le microcosme metal qui l’entoure ou encore ses performances scéniques.

Le premier EP d’Unscarred révélait un produit extrêmement prometteur, je m’étais d’ailleurs autorisé à spéculer sur la puissance live que le groupe pouvait développer et … je ne m’étais pas trompé.
Clairement, passer sur scène après eux, il faut soit être très très bon, soit avoir un gros moral.
J’ai pu les voir plusieurs fois depuis, le constat est toujours le même, Unscarred fédère et surtout atomise sans pitié ni relâche.
Promoteurs, organisateurs, ne vous trompez pas, la place d’Unscarred sur vos affiches, c’est en haut, ce groupe constitue actuellement une des meilleures offre thrash de notre scène nationale, je dis thrash et je vais même m’autoriser à dire death-thrash, je vais y revenir plus tard.
Un groupe c’est un ensemble de personnes, si personne n’est irremplaçable comme on dit, il faut bien dire que nos plus nobles formations nationales ( No return, Loudblast et bien d’autres dans le registre) ont eu ou ont des line-up plus parfaits que d’autres au fil des années.
Unscarred c’est LE line-up, un peu à l’image d’Arch Enemy qui avait de très bons musiciens compositeurs, l’arrivée de la frontwoman parfaite les a révélé à hauteur de ce qui était mérité.
Très clairement, la présence et les aptitudes de Nelly sont absolument indissociables de la performance du groupe, là aussi on va y revenir.
Nous pouvons maintenant en venir à l’album.

«100 Lashes», le titre de cet album fait immédiatement référence au titre éponyme phare de l’EP.
On retrouve d’ailleurs le titre dans la set-list sans surprise avec deux autres issus de l’EP.
Chez pas mal de formations je craindrais un album au rabais avec quatre nouvelles compositions et de vieux morceaux, mais là, je m’attends à une bonne réorchestration.
On retrouve un artwork de Stan W Decker, ça devient presque classique dans le milieu autour du logo précédemment créé par Vincent Above Chaos.

Et là nous rentrons dans le vif du sujet.

« Refuse » premier titre de cet album envoie une énorme rythmique à coup de batterie death (on pensera au virage musical de Loudblast pour ceux qui ont connu le groupe depuis ses débuts).
On sent immédiatement que le groupe a mûri et qu’il choisit maintenant une direction plus précise.
On pouvait souligner de manière très légitime un caractère très Kreator (assumé par des reprises sur scène), dans le chant notamment.
Là, Nelly présente une voix beaucoup plus sombre bien que toujours aussi incisive, une voix de gorge, pas uniquement de tête qui pousse vers le rocailleux et surtout qui démontre une volonté d’aller au bout de ses capacités.
Je le souligne car il est devenu bien trop rare de trouver des groupes qui enregistrent des choses qui pourraient les mettre en difficulté sur scène, car oui, il faut assumer derrière.
Une voix beaucoup plus étalée, sur une composition beaucoup plus dense, qui montre que ce groupe qui pouvait marcher sur la pelouse de Kreator peut aussi marcher sur celle de Testament ou beaucoup d’autres formations Thrash, qu’elles soient brutales ou mélodiques.

« Cross the line », renoue avec la volonté initiale des rythmes effrénés d’Unscarred, c’est encore une bombe dans son genre, typiquement le genre de titre que j’affectionne avec une belle envolée de guitare sur la fin. On trouve beaucoup d’influences mélangées dans ce morceau relativement long, je me permets de revenir sur Testament (entre autres) d’ailleurs.

« Headshot », retour à la lourdeur en intro pour un morceau à l’influence rythmique très punk qui ramène aux origines du thrash.

« Reborn », titre issu de l’EP est ici comme je m’y attendais totalement retravaillé. Il est beaucoup plus complet, gros boulot sur les guitares qui donnent à ce titre une dimension très supérieure à la version d’origine.

« Meet your fate », autre titre de l’EP, subit le même traitement bien que l’apport soit à mon sens moins significatif.

« Tzar », nouvelle compo. Je constate que le groupe a bien écouté Biohazard lorsqu’il a fait sa première partie.
Le placement de voix est un peu nouveau dans la manière de faire de Nelly, et la manière de scander sur un beau riffing de fond parlera à beaucoup de personnes plus habituées au hardcore original (parfaitement).

« 100 Lashes » était le morceau atomique de l’EP, je rassure tout le monde, c’est pire qu’avant, l’art de repousser les limites.

« It’s over » est un titre toujours marqué Unscarred et qui permet de piocher dans le coté plus heavy du thrash original.

Un seul défaut pour moi, trois titres remaniés sur les neuf qui constituent cet album c’est peut-être un ratio un peu élevé malgré le travail effectué sur ces derniers.

Les fans acquis d’Unscarred ne pourront qu’être ravis de cet opus, c’est le moment de monter dans le bateau pour les autres.
Les petites filles, les sensibles des côtes ou les fragiles des dents, par contre, restez un peu au fond lorsque vous irez les voir, leur thrash est certes moderne sur de belles bases traditionnelles, pour l’ambiance c’est à l’ancienne…

Dernier point que je souligne, le groupe auto produit tout, absolument tout, comme beaucoup d’autres groupes méritants de notre hexagone, c’est une initiative que j’encourage vivement à une époque ou beaucoup de labels sont assez « planplans » pour des raisons sûrement aussi légitimes que polémiques. Si un label courageux et efficace a envie d’un beau produit national, je crois que c’est le moment.

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