[Chronique] TOM SHEPPERD’S PRODUCTION – Synolon-Subconscious

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
Bernard-Henri Leviathan
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Au départ rien ne laissait présager un doux voyage. L’accueil était plutôt du genre dérangeant, fort d’un artwork sombre et pourtant somptueux. Des images rappelant à l’inconscient une Venise gangrenée, la peste encrassant les rouages d’un organisme mécanique, et la grisaille extérieure battant l’âme à grands coups de dents dans l’optimisme.

L’intrigue se poursuivait avec un nom de groupe digne des tapis rouges, TOM SHEPPERD’S PRODUCTION, et un titre de disque, « Synolon-Subconscious », en appelant à Platon, à la métaphysique et à la psychologie. (Je vous laisse faire les recherches par vous-même au risque de vous noyer dans un tas de concepts dont je ne ressortirais moi-même pas indemne !)

Avec tout cela, il y avait une évidence : je n’avais pas affaire à un groupe ras des pâquerettes. Ça fleurait bon l’intellect chez ces italiens et la musique développée sur les 5 pistes que comporte cet EP appuyaient parfaitement cette idée. « Synolon-Subconscious » fait suite à une démo et un premier EP, et est en fait la première partie d’une histoire qui se tient dans une ville où les habitants sont en plein émoussement affectif. Au fil des 5 titres, les choses vont changer…

Au milieu d’un fourmillement citadin, “Awakening” ouvre la pièce sur une horloge qui tourne et des klaxons stridents. Clavier et rythmique typiques des essais progressifs avancent prudemment dans ce tumulte avant de prendre complètement possession des lieux. L’ambiance aérienne renforcée à l’orgue Hammond prend des détours à la PENDRAGON ou PORCUPINE TREE pour se dérouler et monter en intensité durant 5 bonnes minutes…

Ce premier titre, instrumental, est lancé à la manière d’une belle introduction à l’EP, plongeant l’auditeur dans un voyage plus coloré que ce que le visuel annonçait. On attend alors sur la suite l’éventuelle arrivée d’une voix… qui ne se montrera en fait qu’à la 4ème piste (si nous mettons de côté les discours au mégaphone). Les expériences sonores aux diverses textures, composées par la guitare ou le clavier, se poursuivent alors sur “Looping Voices” à la superbe résonance, au son de basse travaillé et à la batterie en contre-temps, et “Dead Dream” qui se développe lentement au fur et à mesure de son rythme qui se réveille. Certaines ambiances confèrent à du AYREON et surtout du PINK FLOYD, oscillant entre le Rock et le Metal mais toujours tous deux progressifs. Le son est très bien équilibré et les partitions sont composées avec classe, bien que parfois attendues ou déjà entendues. Il reste également toujours le problème de l’instrumental et du risque de perdre l’auditeur dans la lassitude, même si les morceaux évolutifs laissent en fin de compte peu de place à du chant. La qualité de la chose et le fait que les longueurs ne soient pas à outrance permettent de garder néanmoins le cap.

C’est à ce moment de l’interrogation que TOM SHEPPERD’S PRODUCTION place “The Craze” – au démarrage assez Funk-Rock faisant évoluer le disque vers d’autres sphères pour ensuite revenir vers des influences planantes très 70’s, orgue Hammond et ambiance floydienne à l’appui. Surprise ! Un chant masculin, a priori extérieur aux 4 membres du groupe, fait son entrée. Et on a ce sentiment de quelque chose un rien plus abouti. D’abord légère, s’intégrant aux instruments, cette voix rappelle la belle expérience que fut GUILT MACHINE. Puis plus théâtrale et appuyée par une rythmique plus lourde, elle est introduite par un court solo très inspiré de la main de maître Gilmour, doublée de chœurs féminins, succédée d’un autre solo et d’une collaboration constructive entre guitare et clavier. Judicieusement placé et bien construit, ce titre relance le disque et en fait le meilleur morceau de l’EP.

Enfin, “The Thing” enclenche une boîte à musique qui sera écrasée par une rythmique très Metal. La piste laisse les solistes se répondre (et non se répandre, il y a de la finesse ici) sur une rythmique en pleine évolution. On pense à LIQUID TENSION EXPERIMENT en moins démonstratif et plus harmonique. Puis, en guise de conclusion, le groupe lâche les brides. Une dernière montée en puissance laisse place à un discours de conclusion pour apaiser les esprits jusqu’au prochain chapitre.

L’écoute de “Synolon-Subconscious”, malgré quelques accroches difficiles à saisir du fait des progressions instrumentales, laisse l’agréable sentiment d’avoir parcouru de belles choses. Très professionnel, TOM SHEPPERD’S PRODUCTION a des atouts à faire valoir. Peut-être l’ajout plus régulier du chant lui vaudrait-il une meilleure adhésion encore ? Dans tous les cas, nous attendons la suite de l’histoire parce qu’avec ces pistes entraînant au voyage, il serait incompréhensible que les individus de cette sombre ville que le groupe décrit restent encore dénués d’émotion ! Pour ceux qui aiment prendre le temps d’une écoute contemplative, pour ceux qui n’ont rien besoin d’autre que de bonnes constructions instrumentales, TOM SHEPPERD’S PRODUCTION est fait pour vous…. pour les autres, la curiosité est un vilain défaut mais, entre-nous, elle ne fait jamais vraiment de mal non plus!

 

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A propos Bernard-Henri Leviathan
Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon ! Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,… et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux! Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal “Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc. Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire

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