[Chronique] SPIRIT – Ni Dieux, Ni Maîtres

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
Bernard-Henri Leviathan

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Note : 7.5/10

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Après un « Hommes ou Diables »  existentiel (2013) mais pour lequel, vu le monde dans lequel nous évoluons, nous n’avons pas de réponse, SPIRIT s’en prend cette fois aux dieux et aux maîtres avec le célèbre adage conjugué au pluriel de toute une génération d’anarchistes. Je venais seulement de terminer de pisser sur le tapis du Dude que je me retrouvais pris aux mains des nihilistes… (ici-même!)

Le temps de me descendre un bon russe blanc et je me détendais du peignoir. Parce qu’en fait de nihilistes, j’avais affaire à un groupe qui s’accroche depuis maintenant près de 20 ans pour faire vivre son art et faire voyager son nom de festival en festival. Déjà quelques mois que ce groupe des Hauts-de-France a présenté, par le biais d’Emanes Metal Records, son troisième album, il était temps que nous nous penchions sur le sujet !

Sur ce nouveau disque, SPIRIT continue de puiser aux sources de la NWOBHM, de la culture allemande façon Schenker brüder ou encore de l’identité française (ADX par exemple, voire TRUST rien que pour le titre de l’oeuvre) et fait murir son Hard‘n’Heavy selon cette philosophie où l’efficacité est recherchée avant tout excès de démonstration (grand bien nous fasse!). En rythme et tout en mélodie, pas question de s’éparpiller, le propos est cohérent et s’enchaîne avec facilité.

Après une introduction où moines, à défaut d’être trappistes, chantent en monodie sur fond de rouages industriels (« Compos Mentis »), ce sont dix morceaux bien électriques qui vont se succéder, à commencer par «Ni Dieux, Ni Maîtres » (la chanson) – sorte d’hymne nous cueillant d’entrée de jeu avec son bon chorus de guitare introductif.

Pourtant moins immédiat et peut-être moins poussé que son prédécesseur, dans lequel les refrains très identifiables accrochaient d’emblée pour rester durablement en tête (Ah! « Vida Loca », « Gori », « Jérusalem », « La Havane », …), « Ni Dieux, Ni Maîtres » nécessite quelques écoutes avant que l’on soit happé par le sens mélodique des chansons qui, je vous rassure, est toujours la marque de composition du groupe. Moins rentre dedans aussi, les guitares sont posées, les rythmes sont appuyées et entraînants pour proposer un ensemble aux tempi mesurés, de mid tempo (« Triades », « Nuova Malizia », « D Day ») à plus dynamique (« Apprenti Sorcier », « Rouge Sang », « L’éternel »). Je vous rassure encore, il y a toujours un petit peu de place pour quelques « speederies » (les très bons « Prophète » et « Novembre Noir »), voire une entrée en matière presque thrash (« Exécution »). D’ailleurs, « Novembre Noir », titre qui voit les gars de GANG (Bill et Biggy) rejoindre le clan le temps d’un featuring très cool et célébrant la fraternité entre les deux groupes, porte sur les couplets quelques traces de la mélodie du « Creeping Death » de vous-savez-qui.

On reconnait distinctement la patte de Thierry Tripenne dans les soli et chorus bien pensés, et l’arrivée d’Aurélien Pauchet à la seconde guitare la complète, l’harmonise parfaitement, tant le style de ce dernier se fond bien dans l’ensemble. La section rythmique (Jean-François Chapelet à la batterie et Christophe Tripenne à la basse) sait là où il faut frapper pour fluidifier le tout. Au dessus, on retrouve le grain de voix rocailleux d’Arnaud Ducrocq qui, loin des tessitures habituelles, apporte une touche singulière à la musique. Parmi les modulations auxquelles il s’essaie, c’est ce timbre granuleux qui garde ma préférence. Les textes contemporains, qu’il chante en français, sont faits de mots sonnant justes, étendards de valeurs sociales et du devoir de mémoire, et portant la musique comme il se doit.

Un cran au dessus du précédent, la mise en son réalisée au BGS Music (GANG n’est jamais très loin!) est plus claire et puissante, brute aussi, presque live. Ici, pas d’effets superflus, ni de traitement à outrance et c’est tant mieux ! Quelques sonorités pourraient parfois être rééquilibrées mais cette musique vit et l’on pourrait presque toucher ses tripes du bout des doigts.

En définitive, Avec « Ni Dieux, Ni Maîtres », SPIRIT continue à ancrer son style dans le paysage français avec une nouvelle collection de chansons solides et à reprendre en chœur, qui feront sans nul doute des ravages sur scène. Un disque très agréable, recommandé pour tout fan de bonnes références en matière de Hard tricolore !

« Ni Dieux, Ni Maîtres »… à quelques mois de la constitution de notre nouveau gouvernement, il y avait comme un cri du cœur… Putain de nihilistes, c’est qu’ils n’ont pas toujours tort !

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A propos Bernard-Henri Leviathan
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