[Chronique] SORCIERES – Sombres Danses (EP)

Bernard-Henri Leviathan
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« Dur, dur, y a que ceux qui sont dans le charbon qui vivent bien ! Les autres, c’est que des miséreux.. Pi ça meurt jeune là-bas, ça meurt très jeune […] En été, ça va parce que tu as 0, 0,1 mais l’hiver, ça descend, ça descend, ça descend -10, -20, -30. Tu dis « je reste couché », ils te foutent du -40. Tu vois ? C’est le Nooooord ! Tu m’as demandé mon petit, c’est le Noooord ! »

Saleté de film ! Et peut-on compter sur ces ambiances de forêts lugubres et humides, où le vent glacial s’engouffre entre les branches craquantes et nues, dans des bruits d’écorces las, que nous offre SORCIERES pour nous sauver de la pensée rigide condamnant nos contrées ? Pas sûr… mais au moins on aura passé un bon moment !

L’association de ces 6 ménestrel.les aux nez crochus est née dans la contrée lilloise il y a tout juste  2 ans et, entre divers concerts et ce premier EP sorti en début d’année, elle n’a pas chômé pour faire vivre son Black/Dark Metal aux jolis accents folkloriques.

« Sorcières », « Grim », « Ophidia », « Sombres Danses » et « Défloraison », cinq titres sont ici réunis. Bercés par les tantôt doux tantôt noirs pizzicati du violon, les incursions acoustiques des guitares, la valse violente mais toutefois enjouée des frappes de fûts, ils placent le groupe au beau milieu d’un genre dont caractère et tradition ont pu être érigés par des noms tels que FINNTROLL ou encore BELENOS, pour recentrer sur un propos national.

Cet EP au nom envoûtant déroule des compositions variées, amenées de manière progressive, en développant des aspects caractéristiques du Black, et des ponts mélodiques et ambiancés. Dans ces aspects les plus bruts ou guerriers, j’aime également à penser à BATHORY ou encore SATYRICON. On sent également, dans la tenue des guitares, un héritage heavy pas très lointain.

La voix écorchée récite ses poèmes dans la langue de Molière mais, un peu trop sous-mixée, elle laisse parfois le glaçant sentiment d’un blizzard soufflant entre les riffs rendant la compréhension des mots peu aisée. Peut-être faudra-t-il lui laisser davantage de place, ainsi qu’au violon, dans le mix des prochaines productions ?

Le disque se referme, en dernière piste, sur un beau voyage, une ode acoustique qui nous laisserait presque entrevoir un lever de soleil. Ce soleil qui sait, oui, qui sait marquer de ses rayons brûlants les terres du Nord. Dunkerque, plage la plus chaude de France en ce mois de juillet 2019, on s’en souviendra ! Prions SORCIERES, qu’il nous ponde un album complet pour confirmer son écriture et pour rafraichir l’atmosphère d’ici la prochaine canicule ! En attendant, je vous invite à entrer dans la danse, il y a des chances que vous y trouviez chaussure à votre pied !

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