[Chronique] SOEN – Lotus – L’étreinte du Phénix

Rating:

On ne va pas se mentir, ça fait un petit moment que je n’étais pas revenu parmi vous partager une de mes découvertes. La flamme, bien que toujours présente, s’était adoucie et voletait fébrilement au rythme de mes déceptions musicales de cette décevante fin d’année 2018.

Plus qu’une étincelle, ma foi réclamait un véritable bijou pour renaître, un cristal tellement pur et puissant qu’il lui redonnerait sa vaillance d’antan.

Cette perle je l’ai trouvée et je l’ai trouvée là où je ne m’attendais pas à la trouver….dans le Prog ! Oui, cette vilaine bête tentaculaire parfois incompréhensible, ce style que j’avoue tout autant méconnaître que partiellement ignorer.

Soen a su se glisser dans ma playlist virtuelle comme une véritable terreur nocturne. Elle s’est approchée de moi, m’a saisi de ses longs doigts fantomatiques et ne m’a plus lâché avant que son terrible dessein soit accompli. La dernière note qui s’évanouissait dans les dernières lueurs de lune me laissait secoué, perdu mais convaincu que je venais de vivre une véritable révélation. Le temps d’une deuxième écoute, je me rendais à l’évidence, j’avais vu clair, fini les déceptions, le phoenix m’était apparu, je ne ressentait plus la flamme, j’étais la flamme. 

Lotus est un véritable film, il captive par sa narration, par ses rebondissements et nous amène brillamment là où il le souhaitait. Même si la veille j’ignorais totalement l’existence de ce super-groupe suédois, à la fin de l’écoute, j’avais l’impression de l’avoir toujours connu, d’avoir ressenti ses faiblesses passées, l’avoir vu grandir, évoluer pour en percevoir aujourd’hui toute son essence.

La progression des chansons est excellente et pour une fois les singles sont judicieusement choisis. « Martyrs » est un véritable chef d’oeuvre progressif, la chanson commence avec de lourds riff très modernes avant de laisser place à toute l’étendue vocale de Joel Ekelöf (Willowfree) . L’ensemble est extrêmement bien amené, les guitares de Cody Ford sont extrêmement précises et servent l’action sans jamais en faire trop. Elles se font reines dans le morceau éponyme « Lotus » où une véritable ambiance Gilmourienne vient sublimer la narration. Le lead sur la deuxième partie est probablement le plus bel hommage à Pink Floyd que j’ai jamais entendu et je me demande toujours après la quinzième écoute (oui oui!) comment on peut atteindre ce niveau de perfection. Martin Lopez (Opeth, Amon Amarth) membre fondateur du groupe, en plus d’être impérial à la batterie se permet d’être un créateur hors pair, aidant un peu plus à chaque minute à poser l’univers du groupe de par ses talents de compositions.

On ressent çà et là ses origines, les bribes Akerfeldtiennes ont été tamisées jusqu’à n’en obtenir que son nectar et le groupe vient prouver par ce nouvel opus qu’il ne supporte plus aucune comparaison et qu’il s’est forgé sa propre identité.

L’album en plus d’être très constant, se révèle être un savant mélange entre parties planantes et très aériennes, des vocals très purs et habités (« River ») et des riffs beaucoup plus modernes et énergiques (« Rival »). On ne voit vraiment pas passer les 54 minutes de ce nouvel effort et en creusant un peu la discographie du groupe, on ne peut qu’admirer l’élan actuel dont il fait preuve et qui ne peut qu’augurer de bonnes choses pour l’avenir.

Hunter pour LoC

Je vous laisse avec ce fabuleux « Martyrs » qui ne m’a définitivement pas laissé de marbre que je ne saurais trop vous conseiller d’agrémenter par l’écoute du titre « Lotus » avec qui il forme un diptyque tout simplement sublime.

Share This:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *