[Chronique] SEPTICFLESH – Titan

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septicflesh

Note : 8/10

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SEPTICFLESH est sans doute l’un des groupes de metal grec les plus connus avec ROTTING CHRIST. Je ne reviendrai pas sur la biographie et la discographie des athéniens depuis leur formation en 1990 mais je me pencherai plus particulièrement sur la seconde partie de leur histoire : la reformation en 2007 avec les sorties successives des albums Communion, The Great Mass et enfin Titan. Depuis lors SEPTICFLESH propose un dark metal symphonique qui penche très sévèrement du côté death avec des albums très denses, très lourds et marqués de leur empreinte. On peut également noter une approche presque théâtrale ou cinématographique des compositions du combo. Cet opus ne dérogera pas à la règle, de par son titre déjà : car les Titans, ces forces de la nature, divinités géantes qui ont précédé les Dieux de l’Olympe, ont maintes fois inspiré les dramaturges et les cinéastes. Le travail effectué sur l’artwork semble aussi se hisser à la hauteur de ce patronyme.

En lisant la biographie des musiciens du combo ont pourrait s’attendre à une démonstration bien indigeste de technique. Ils ont préféré utiliser la maitrise de leurs instruments au service de la composition pour nous offrir des titres très riches en complexité mais toujours abordables. Contrairement à bon nombre de groupes dit « symphoniques » où les orchestrations sont ajoutées comme pour un quelconque effet de mode, elles trouvent ici toute leur place dans les compositions de groupe. Comme si l’orchestre symphonique était un membre à part entière du combo. On pourrait s’amuser à parcourir l’ensemble des titres de l’album pour constater que rien ne manque :

Intro symphonique suivie d’un mur de son sur le 1er titre « War in Heaven », voix death très en avant très gutturale, ambiance qui met mal à l’aise avec les violons puis belle envolée et beaucoup d’ambiance avec les cuivres. La 2ème partie du titre m’a moins plu avec ces espèces de guitares bourdonnantes… La machine se lance sur « Burn » avec sa rythmique typiquement death metal et son blast maitrisé. Le refrain peut surprendre avec cette voix claire volontairement dissonante. La fin du morceau est carrément une balade symphonique avec toujours ce refrain qui revient que je trouve vraiment dérangeant. Je préfère largement la voix claire de Sotiris sur un morceau comme « The First Immortal ». On y trouve aussi des riffs de guitares très accrocheurs parsemés de touches symphoniques sur « Order Of Dracul », de superbes mélodies, des moments endiablés avec la section cuivre, des voix féminines très bien posées ; une véritable bande son de film fantastique très sombre avec « Prototype ». on trouve du mid-tempo très lourd (« Dogma ») avec des orchestrations plus subtiles et même du didgeridoo !!! La voix claire y est très juste et apporte quelques bons moments à ce morceau. « Prometheus » après son intro inquiétante s’oriente vers du magnifique dark metal symphonique ! Mais non finalement c’est du gros death qui tâche avec la voix de Seth Siro Anton qui écrase tout. On a parfois le sentiment d’avoir déjà entendu certaines mélodies dans des morceaux précédents. On peut parfois penser à du THERION au niveau des guitares.

Encore projeté au mur tel un vulgaire moustique sous le coup de cette 1ère partie d’album, la magie me fait moins d’effet sur la longueur… S’il est plutôt agréable d’écouter 4 ou 5 titres d’affilée il est plus dur d’apprécier l’œuvre dans sa totalité. Il me vient d’ailleurs à l’esprit ce fameux dicton :

« c’est là que les Athéniens s’atteignirent,

que les Perses se percèrent,

que les Satrapes s’attrapèrent,

et que les Mèdes s’emmerdèrent… »

« Titan » est peut-être le titre le plus classique death metal de l’album avec ses rythmiques et ses breaks trop souvent entendus… sans réelle surprise en tout cas. Un élément positif tout de même la présence de chœurs qui donne un peu de dimension au titre. « Confessions of a Serial Killer » et son intro digne d’un film d’horreur est un morceau alternant riff effréné et passages beaucoup plus posés, la basse se fait entendre. « Ground Zero » et ses sonorités orientales pourra peut-être en décevoir plus d’un. On passe carrément d’un death metal bien burné à quelque chose de beaucoup plus mélodique voire pop sur certaines parties. « The First Immortal » démarre avec une montée symphonique qui laisse présager que tout va exploser pour l’ultime morceau mais finalement on se retrouve en pleine tempête… de calme. Un petit bémol pour la fin de ce disque.

Cela dit, Titan reste un excellent album qui conforte la place de SEPTICFLESH dans les monuments du death metal européen voire mondial. Que l’ont soit fan depuis la 1ère heure, depuis la reformation ou que l’on découvre simplement SEPTICFLESH grâce à cette œuvre, il se peut que les sonorités des grecs se fassent entendre un bon moment cet été depuis les fenêtres ouvertes de votre appartement.

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