[Chronique] SARCOFAGO – Rotting

Mike Elektrökuthör
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Après un « I.N.R.I. » devenu culte parmi les fans de Metal noir et mortuaire, SARCOFAGO revient en 89 avec une nouvelle offrande.
On ressort les bracelets à clous de 120, le cuir, le corpsepaint, les croix renversées et les cartouchières faites à partir de piles usagées*.

Comme souvent, quand un album nous a bien plu, on a tendance à espérer une suite similaire. Combien espère un « Painkiller 2 » ?? un nouveau « Master Of Puppets » ?? Bref, on aurait été en droit de s’attendre à un I.N.R.I. bis mais il n’en est rien. SARCOFAGO a évolué. Un peu. Exit les ambiances glauques et le côté Black bien prononcé avec un son dégueulasse et de vieux effets de voix démoniaque, place à une sorte de Death Metal plus conventionnel.
Les morceaux sont plus travaillés, plus rapides et surtout, beaucoup plus longs (6 minutes en moyenne).
Et c’est là que le bât blesse, les morceaux sont beaucoup trop longs. Ça en devient presque imbuvable car au final, ça tourne en rond et c’est répétitif. Du coup, on s’ennuie un peu.
Pourtant, chaque titre est efficace à la base. Ça riff violemment, ça blast de façon correcte, la voix de Wagner n’a jamais été aussi « evil » mais le fait que ça dure des plombes rend le tout indigeste. Paradoxalement, le seul titre qui n’excède pas les 3 minutes est le moins bon car il ne s’apparente qu’à du bourrinage gratuit mais aussi inoffensif qu’un pétard mouillé (« Sex, Drinks & Metal »).

Il est important de noter une vraie évolution. L’apparition de clavier dans certains morceaux (« Tracy » et « Nightmare » qui, avec les claviers prend une autre dimension et donne un rendu plus malsain que sur « I.N.R.I. »). Ça peut paraître bénin comme changement mais ça sera important pour la suite discographique de SARCOFAGO. Le titre « Tracy » renvoi directement à « Midnight Queen » qui verra le jour 2 ans plus tard sur « The Laws Of The Scourge». Que ce soit l’ambiance, les arpèges et le fait que ça soit majoritairement du mid-tempo, tous les ingrédients sont là. Sauf sur la fin ou ça tabasse sauvagement. Les mecs ont dû se dire que d’être gentil ça va le temps d’une intro et d’un couplet/refrain.

Sans être vraiment indispensable, « Rotting » est un EP qui permet juste de faire la liaison entre « I.N.R.I. » et « The Laws Of The Scourge » car c’est un gouffre qui sépare ces 2 albums. Loin d’être aussi bon que son prédécesseur, plus direct et hideux, « Rotting » montre un groupe qui semble avoir envie de décoller un peu en étant « plus accessible » en faisant du Death Metal comme tout le monde en 89. Malheureusement, SARCOFAGO y perd son âme et tout ce qui faisait son originalité à l’époque. Dans ce naufrage, on sauvera quand même des titres comme « Alcoholic Coma » et « Tracy » qui sont de purs bijoux dans leur genre.

* Selon une anecdote de Max Cavalera, à cette époque, il était interdit aux civils de porter de vraies cartouchière. Max expliquait qu’il faisait de fausses balles avec des piles usagées et demandait au photographe de ne pas prendre la photo de trop près afin d’éviter que cela se voit.

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