[Chronique] SACRAL NIGHT – Darkness Process

Bernard-Henri Leviathan

Bernard-Henri Leviathan

Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon !

Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,…et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux!

Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal“Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc.

Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire
Bernard-Henri Leviathan

Facebook

Note : 7,5/10

Tout est déjà dans le visuel. Une photographie sans vernis qui laisse peu de chances aux contrastes, où la couleur est absente comme l’espoir de cette femme à la robe blanche maculée de sang, agenouillée sous les faux auspices d’une lune pleine, lune de film sépia. Sur la jaquette de dos, les membres du groupe disparaissent sous une épaisse pellicule noire et même le logo, d’un rouge brûlé, se noie dans l’encre de la nuit. Cela comme pour dire que tout est sous l’emprise de l’ombre et qu’on ne trouvera pas une once de lumière en plaçant le disque dans la platine. Tout était déjà dans le visuel.

Sans être forcément reconnue pour être le berceau des ténèbres, la région Rhône-Alpes reste le foyer de plusieurs groupes qui se sont déjà fait un nom dans l’hexagone : SANCTUAIRE, NECROWRETCH, ELVENSTORM, LONEWOLF, ELECTRIC SHOCK, etc.  Et c’est du croisement de toute cette scène qu’est né SACRAL NIGHT, sous l’orchestration de Florent B-Manquat aka Amphycion (basse, SANCTUAIRE, ELVENSTORM, ex-NECROWRETCH), piochant ses membres ci et là au sein des groupes précités. C’est dans ce paysage que SACRAL NIGHT s’installe, signe chez Infernö Records et débarque avec « Darkness Process », un premier EP diabolique conçu pour déverser une lave noire sur nos campagnes.

En grand amateur du travail du bassiste, surtout sur SANCTUAIRE, j’ai d’abord été un tantinet décontenancé aux premières écoutes car il fallait se rendre à l’évidence : ce n’était bien sûr pas du SANCTUAIRE, ce n’était pas la voix de SANCTUAIRE. J’ai peut-être été un peu déçu car les morceaux sont compacts et taillés dans la pierre selon des schémas fort similaires les uns des autres. Pas immédiat donc mais fort heureusement, « Darkness Process » dévoile ses accroches, ses secrets au fur et à mesure, de sombres secrets.

« Darkness Process », « Fullmoon Creep Sacrifice », « When The Coven Is Opening The Pit », « Under The Moonlight », « Witness Of Death »…  des morceaux qui parlent d’eux-mêmes. On pourrait dire que SACRAL NIGHT dispense un Dark Heavy Metal tirant ses racines de la frange originelle du style, mais aussi du Black Metal et du Thrash occulte. De ce fait, on aura droit à cinq titres avec une base rythmique qui carbure pas mal, des riffs typiques Black en allers-retours, voire même quelques détours Power Metal sur « Under The Moonlight ». Le chant Heavy sait aussi bien gratter le grain agressif des graves (de rien pour cette belle allitération !) que monter dans des envolées lyriques rappelant forcément le terrain de jeu de King Diamond, même si les hululements fantomatiques garnissant l’intérieur des chansons s’approcheraient plus, dans la forme, de ceux de PORTRAIT par exemple.  Ce sont ces suraigus soudains qui donnent l’originalité aux titres et une folie que le groupe ne doit pas hésiter à poursuivre à l’avenir.

Évidemment, on trouve tout de même des réminiscences SANCTUAIRE dans la musique, dans la manière d’écrire ou d’organiser les guitares qui amènent des mélodies discrètes au service des rythmiques, et non de ces mélodies ouvertement harmonisées que l’on retrouverait dans MERCYFUL FATE, ATTIC ou NOCTUM, par exemple. On sent que le maître d’œuvre est à la source des compositions des deux groupes.

Côté son, on est à l’ancienne. Avec beaucoup de réverbe, notamment dans la voix, cela donne un ensemble parfois un peu sale mais pas désagréable pour les nostalgiques du son analogique comme je le suis.

Des cinq titres que comporte l’EP on retient un ensemble uniforme, malsain, sanglant et empreint d’une once de folie. Il y a un quelque chose de très plaisant dans ce disque encore un peu jeune dans la démarche mais avec de belles pistes à exploiter pour la suite. On y trouve des surprises mais il manquerait peut-être d’une ou deux accroches mélodiques dans les riffs et chorus de guitare qui rendraient l’exploration complète.  En attendant, on obtient ici ce que je qualifierais de « Battles in the North » version Heavy… et ce n’est pas un mince compliment ! Les messes de l’enfer ont de beaux jours devant elles.

Share This:

A propos Bernard-Henri Leviathan
Chroniques, live reports, interviews, piraterie psychique… et danses de salon ! Styles de prédilection : Heavy, Speed, Black et Proto-black, Avant-garde, Doom, Thrash,… et plus ça sonne vieux, plus c’est savoureux! Albums cultes: Angra “Holy Land”, Helloween “Walls Of Jericho”, Megadeth (… n’importe quel album entre “Killing Is My Business…” et “Cryptic Writings”), Death “Sound Of Perseverance”, Black Sabbath “Black Sabbath”, Ghost “Opus Eponymous”, Therion “Theli”, Mercyful Fate “Melissa”, Immortal “Battles In The North”, WASP “The Crimson Idol”, Yngwie J. Malmsteen “ Trilogy”, Notre Dame « Nightmare Before Christmas », Arcturus « La Masquerade Infernale », etc. Devise : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire » - Baudelaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*