[Chronique] REFUSED – Freedom

Zedkuesde

Chroniqueur d'album - passionné de musique (du jazz au métal extrême) - guitariste - photographe - étudiant à ses heures perdues

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Découverts via leur notoriété et leur concert au Hellfest en 2012, les punks suédois de Refused nous offrent un nouveau skeud, près de 17 ans après l’excellent The Shape of Punk to Come . C’est donc avec un faible bagage que je me suis lancé dans l’écoute de Freedom.

Single et morceau d’ouverture, Elektra est un morceau puissant et efficace. Malgré une structure plutôt banale, le morceau fonctionne très bien. Je retrouve ce que j’appréciais chez Refused : une voix profonde, des guitares mortelles et un esprit punk malgré des sonorités allant bien au-delà.

C’est par une intro vocale et rythmée que commence un de mes morceaux préférés de l’album : Old Friends / New War . Une rythmique lourde et puissante au profit d’une guitare folk (piezo ?) foutrement bonne. Le morceau est plus complexe ; on retrouve plus d’arrangements, une voix clean et des effets wah/reverb/delay. Grâce cette évolution, les éloignant de leurs origines, Refused évolue. Il est clair que Freedom ne sera pas un réchauffé de The Shape of Punk to Come .

Une voix féminine, rappelant du Prodigy, porte ce Dawkins Chris t. Là encore, la gratte sonne d’enfer, la pression monte. Ce titre plus Rock’n’roll ne fait cependant pas tâche, tant l’énergie caractéristique de Refused est omniprésente. Les breaks « à la Refused » sont bien là, portant la voix de Dennis Lyxzén.

Entendue en single avant la sortie de l’album, Françafrique ne m’a pas tout de suite accroché. Mais c’est bien après plusieurs écoutes que j’ai compris … compris que ce titre est une bombe ! Déjà par le sujet abordé et les paroles , mais également par cette montée simple mais jouissive : « Just an other world for genocide ». Notons également l’ajout de cuivres et de choeurs afin de porter au 7e ciel l’auditeur. MURDER MURDER MURDER ! Sûrement la pépite de cet album.

Thought is Blood commence par une complainte, un message veut à nouveau être transmis. Malheureusement, la mélodie possède un air de déjà entendu, le tempo lent et lourd fait son effet, mais pas à 100%. Refused s’éloigne un peu trop à mon goût. Heureusement que cette longue « intro » de 1 min 30 laisse place à un riff funk Rage Against The Machiniens couplé à du Red Hot sous testostérone. Ce titre est un des plus rock, voire pop de cet album de par ses choix artistiques (et non le taux de distorsion/cris).

Le hard rock revient en force ? Oui, à en croire le riff de War on The Palace , ses cuivres, et sa rythmique. Back to the 80’s ! On croirait à un revival du hard/glam/sleaze/rock, mais on est bien toujours sur du Refused ! Sympa, mais peut être pas nécessaire, déjà vu.

Le plus rythmique et plus sombre Destroy The Man est là pour rattraper le coup ! La syncope et la complexité nous mènent dans une sorte de progressif/math/punk très personnel. La touche Refused est toujours là ! Malgré les titres qui s’enchaînent, les Suédois gardent de l’idée, s’approchant d’un Dillinger Escape Plan simplifié tout en restant eux même.

Le plus lent 366 , malgré une bonne construction, des choeurs accrocheurs ne reste pas en tête. La recette ne prend pas, il manque quelque chose à mon goût. L’album commence-t-il a tourner en rond ?

Servants of Death remonte la barre, grâce à un riff refusediens, une batterie lourde et sèche. Ça n’est pas le premier titre de l’album à utiliser cette recette, mais la cocotte de guitare fait son effet. Un titre taillé pour le live à mon avis, un peu trop mollasson sur CD.

Terminons sur le long Useless Europeans . Début en voix claire, guitare acoustique. Un milieu plus expressif et rythmé qui traînera en longueur jusqu’à la fin du morceau. On est presque sûrs de l’ambiant post-hardcore (dans l’idée de Cult of Luna je trouve, mais à la mode Refused , plus gentil).

Dennis Lyxzén n’a pas pris une ride, son chant est toujours aussi hargneux, puissant, et juste. Il chante avec ses tripes et ça s’entend ! David Sandström martèle toujours aussi bien ses fûts, excellant dans l’art de la transmission d’énergie par la percussion. Magnus Flagge, qui prend officiellement la basse sur cet album, laissant l’intérim, assiste la rythmique d’une des manières les plus efficaces en symbiose avec la batterie. Et enfin, le guitariste Kristofer Steen, seul derrière la 6 cordes sur ce disque possède un son de malade, et des rythmiques d’enfer : funky et brutal comme il faut. Le mix est à la hauteur des musiciens, détachant bien chaque instrument tout en gardant l’unité nécessaire à la puissance du groupe. Évidemment plus propre et plus produit que le précédent, Freedom garde son authenticité et son efficacité. Très bon boulot réalisé de ce côté-là !

Après ces 10 titres le constat en clair : un excellent début, avec 4 morceaux extraordinaires suivis de 6 titres bons, mais pas assez. Refused est un groupe puissant, expressif et engagé, on le ressent à l’écoute. Mais appliquer trop de fois la même recette au fil d’un album ne fonctionne pas à tous les coups. Il ne faut pas pour autant cracher dessus, Freedom reste un très bon album, très bien produit et royalement mixé par Nick Launay . Il est, à ce jour, un de mes disques préférés de cette année 2015 !

À écouter : Elektra – Old Friends/New War – Françafrique

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