[Chronique] RAZOR – Violent Restitution

Mike Elektrökuthör

Archéologue du Metal (Thrash Old School en particulier) à la recherche de la petite pépite méconnue ou mésestimée. Les 80's/90's regorgent de groupes comme ça et c'est mon devoir de les trouver, les écouter et partager mon avis sur ma découverte.
Mike Elektrökuthör
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Formé en 84, RAZOR fait parti des instigateurs du mouvement Thrash au pays du sirop d’érable aux côtés d’EXCITER, VOIVOD et SACRIFICE. Après 4 albums, le groupe se retrouve en pleine crise et perd son bassiste ainsi que son batteur. Après avoir retrouvé de nouveaux gus pour jouer et pour prouver que RAZOR n’est pas mort et enterré, le groupe enregistre « Violent Restitution » et ce sera malheureusement le dernier, avec son emblématique chanteur Stace « Sheepdog » McLaren.

Si je devais choisir un mot pour définir cet album, ce serait « violence ». En effet le titre du disque ne ment absolument pas sur le contenu. « Violent Restitution » est de loin la galette la plus violente du groupe, un Thrash supersonique qui ne laisse aucun moment de répit à l’auditeur. De l’intro « The Marshall Arts » avec le cri de Stace qui s’étire sur 30 secondes non stop, au titre final « Soldier Of Fortune », le groupe bombarde à la vitesse du son. Les seuls titres à être épargnés par cette violence purement gratuite sont « Eve Of The Storm » et « Discipline » (ce titre rappelle beaucoup VENOM mais sous speed), l’intro de « Edge Of The Razor » (qui me fait penser à l’intro de « Hell Awaits » de SLAYER) et le break du titre éponyme « Violent Restitution » reste ravageur même si le tempo est ralentit.
Le reste de l’album est une boucherie sans nom, on le ressent davantage avec les bruits de tronçonneuse (« Taste The Floor », « Soldier Of Fortune »), les riffs sont plus affûtes que jamais, les solos endiablés, la batterie est dans une frénésie constante et le chant transpire la haine et la rage qui n’ont jamais été aussi palpables. RAZOR distille son Thrash de façon à ce que chaque ralentissement amène aussitôt à une accélération vicieuse qui vous prend par surprise. Les quelques passages un peu plus Heavy (« I’ll Only Say It Once », « Fed Up », l’intro de « Disciplines » qui est plutôt fun et dénote un peu du reste du disque) ne sont que des leurres et ne servent qu’à tromper l’auditeur qui serait tenté de s’attendre à une accalmie mais il n’en est rien ! Et puis, tant qu’à faire, autant en profiter pour marteler les refrains avec la délicatesse d’un marteau piqueur (« Taste The Floor », « Out Of The Game », « Enforcer », « I’ll Only Say It Once », « Violent Restitution », « Discipline»).

En 88, RAZOR déballe l’artillerie lourde et signe un très bon album. Mais le fait qu’il soit bourré de titres ras la gueule (14 tout de même), que la production donne un son très compact, additionné à la violence des titres, rend le disque relativement difficile à écouter d’une traite malgré ses 40 petites minutes qui semblent durer une heure entière. Le manque d’air se fait sentir après quelques titres seulement…

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