[Chronique] PESTILENCE – Consuming Impulse

Mike Elektrökuthör

Mike Elektrökuthör

Archéologue du Metal (Thrash Old School en particulier) à la recherche de la petite pépite méconnue ou mésestimée. Les 80's/90's regorgent de groupes comme ça et c'est mon devoir de les trouver, les écouter et partager mon avis sur ma découverte.
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Si PESTILENCE a sorti des albums que l’on peut qualifier d’originaux, (au sens où ce sont des disques contenant des morceaux peu conventionnels) en témoignent les récentes productions et plus anciennement « Spheres », le début de carrière du groupe s’est fait de manière plus primitive. Soyons honnêtes, les 2 premiers albums de nos néerlandais ne sont que du Thrash « Proto Death » à tendance « Black » pour « Malleus Maleficarum » et du simple Death Metal bien basique et peu imaginatif pour « Consuming Impulse ». Le groupe trouvera sa marque de fabrique avec « Testimony Of The Ancients » et surtout sur l’imperméable, le dérangeant, le diviseur, l’incompris (pour certains) « Spheres ».

Cependant, je dois avouer avoir un énorme faible pour ce « Consuming Impulse », et ce pour plusieurs raisons. La première, c’est la pochette avec ce mec qui se fait dévorer vivant par des fourmis et qui m’a tout de suite attiré et donné envie de découvrir le groupe. La seconde, c’est le millésime car il est de notoriété publique que la plupart des albums de Death ayant vu le jour en 89/90 sont en général des tueries. Et enfin la dernière, c’est que cet album transpire la mort, et la lourdeur de son atmosphère rend le tout bien rance et putride.
Combiné au fait que la majeur partie des morceaux soient directs, très rentre-dedans et sans la moindre finesse, on obtient un concentré de violence en mode char d’assaut en plein dans les gencives. Il suffit d’écouter « The Trauma » et « Chronic Infection » avec leurs refrains crachés au visage, « Dehydrated » et « Out Of The Body » dont les breaks bien lourds ont de quoi mettre KO, suivi par des accélérations de malade qui saccagent tout ; pour se rendre compte de la brutalité dont fait preuve PESTILENCE.  Mais le groupe sait aussi faire preuve d’un soupçon de finesse et le prouve grâce aux claviers très discrets mais lancinants sur les morceaux « Echoes Of Death » et « Suspended Animation ».
Dans tout ce foutoir, PESTILENCE a eu l’intelligence de glisser un titre instrumental qui permet d’aérer l’album. « Proliferous Souls » est un enchaînement de solos qui semblent torturés, avec cependant des mélodies bien planantes, mais lourdes et pesantes.
Un autre détail qui a son importance et qui participe grandement à l’atmosphère de « Consuming Impulse », ce sont les vocaux sauvages et quasi inhumains de Martin Van Drunen. Cette voix est à la limite entre le guttural forcé et des hurlements de souffrance presque réelle, comme si ce dernier était à l’agonie durant la session d’enregistrement. Ce point de détail participe plus qu’activement au rendu global de cet album. En plus de la prod’ bien crasseuse.

Aujourd’hui renié par ses géniteurs, « Consuming Impulse » reste pourtant à mes yeux une référence du Death Metal européen au même titre que « Left Hand Path », « Into The Grave », « Of Darkness… », « Like An Everflowing Stream » et « Dark Recollections » malgré un cruel manque d’originalité. Il en ressort un album bourrin avec quelques finesses par-ci par là qui tombent à pic car ce disque est particulièrement véloce. On suffoque et on se perd facilement si on décroche ne serait-ce qu’un instant.

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A propos Mike Elektrökuthör
Archéologue du Metal (Thrash Old School en particulier) à la recherche de la petite pépite méconnue ou mésestimée. Les 80's/90's regorgent de groupes comme ça et c'est mon devoir de les trouver, les écouter et partager mon avis sur ma découverte.

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