[Chronique] NECROVORE – Divus De Mortuus

Mike Elektrökuthör

Archéologue du Metal (Thrash Old School en particulier) à la recherche de la petite pépite méconnue ou mésestimée. Les 80's/90's regorgent de groupes comme ça et c'est mon devoir de les trouver, les écouter et partager mon avis sur ma découverte.
Mike Elektrökuthör
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32092_necrovore_divus_de_mortuusDans le métier de croque mort, on est parfois amené à faire des exhumations afin de déplacer des corps en terre vers des caveaux ou pour les mettre dans des reliquaires à cause de l’usure du cercueil.

Pourquoi je parle de ça ?
Tout simplement parce qu’il m’arrive d’avoir des déformations professionnelles de temps en temps. Non, je ne m’amuse pas à chercher des cadavres n’importe où. C’est juste qu’en farfouillant dans les archives du Metal, j’ai parfois l’impression de déterrer certaines productions. Ça peut être des reliques injustement oubliées ou des bouses qui méritent leur sort, ça dépend. On pourrait apparenter ça à de l’archéologie mais il arrive que je tombe sur des trucs qui sentent tellement la mort que je préfère parler d’exhumation.

Qu’est-ce qu’on a aujourd’hui ?
Une démo.
Et pas n’importe laquelle. Une démo qui serait apparemment culte. Culte parce qu’elle est devenue introuvable au format original et qui est par conséquent, est un trésor pour tout collectionneur qui se respecte.
Quatre titres qui font trembler les néophytes et même les auditeurs les plus aguerris et un nom qui impose le respect dès qu’il est prononcé.
Je parle évidemment de « Divus de Mortuus » de NECROVORE.

Mékécécé ??

C’est simplement la seule et unique production d’un groupe qui n’a plus donné signe de vie depuis un paquet de temps. NECROVORE fait partie des rares groupes qui ont réussi à concilier les fans de Death et de Black tant leur musique s’apparentait aux 2 genres sans vraiment le vouloir.
« Divus De Mortuus » est la définition même de « Metal extrême ». Un son pourri qui fait passer les démos de MORBID ANGEL et SARCOFAGO pour des friandises auditives, une voix criarde qui aurait pu passer dans un casting de bruitages pour films d’horreurs, des guitares qui sonnent façon tronçonneuse où chaque solo semble être un cri d’agonie de l’instrument lui-même et une batterie qui est tellement martyrisée qu’il a fallu appeler les services sociaux après l’enregistrement afin de la placer en foyer.

A l’écoute de cette… euh… chose, on pourrait presque sentir un million de démons qui surgissent de la chaine hi-fi pour s’infiltrer dans les oreilles et tout saccager dedans. Chaque titre semble avoir été engendré en Enfer par le Malin en personne. Le chaos a désormais un son et c’est celui-ci.
Il faut savoir qu’en 87, « Scream Bloody Gore » venait tout juste de voir le jour et beaucoup pensaient que c’était là, le summum de l’horreur. Et puis sans prévenir, il y a ça qui sort, qui bouscule tout le monde et qui ravage tout partout où ça passe…

C’est d’ailleurs cette bestialité sans limite qui a surement fait défaut à NECROVORE et qui les a empêchés d’aller plus loin dans leur carrière. Imaginez juste la tête du mec qui cherche des groupes pour son label quand il écoute cette cacophonie et qu’il se rend compte que pendant l’écoute il a buté toute sa famille sur un autel, brulé la maison et qu’il est maintenant à poil dans un cimetière en train de manger les restes de son arrière grand-mère. Ça donne pas envie de les engager les bonhommes.

Je dis souvent que telle ou telle production est parfois réservée à un auditoire spécifique mais là c’est vrai. Les curieux peuvent bien sûr y jeter une oreille dessus mais à moins d’être fan de trucs mal enregistrés et ultra brutaux , ça donnera juste l’impression d’écouter du bruit avec un agressif parfum de décomposition (Note de Bernard-Henri Leviathan : Oh ouaiiiis, je veux!!!). Après, si vous êtes du genre à écouter des démos pour le plaisir de découvrir des groupes extrêmes à leurs premiers balbutiements, que le son qui crache et qui grésille vous procure des sensations agréable à certains endroits, alors « Divus De Mortuus » ne devrait pas vous choquer plus que ça et vous y trouverez votre compte.

Pour la petite anecdote, Jon Deplachett (le beugleur guitariste) avait demandé à David Vincent et Trey Azagthoth de rejoindre NECROVORE juste avant l’enregistrement d’ « Altars Of Madness ». Évidemment, cette collaboration n’a pas eu lieu mais j’imagine le truc de fou que ça aurait pu donner… dommage.

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