[Chronique] My Name is Peck, Sean Peck… Part IV – DENNER/SHERMANN – Masters of Evil

Herbert Al West - Réanimateur Recalé
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Note : 07,5/10

Le blitzkrieg musical lancé par Sean Peck en octobre 2015 fait désormais partie du passé, même si pour nombre de fans les sorties simultanées des albums de Cage (Ancient Evil), Death Dealer (Hallowed Ground), et celle de l’EP de Denner/Shermann (Satan’s Tomb) resteront comme autant de dates gravées dans l’histoire, celle d’une certaine idée du metal, ralliant dans leur giron les amateurs de Judas Priest, Manowar, Iron Maiden ou encore Mercyful Fate (dans leur période de gloire). Le bombardement par V1 que représentait Satan’s Tomb ne suffisait pas ? Alors il est temps de balancer les V2 ! Un missile plus gros, qui frappe plus loin, et surtout plus fort !

Masters of Evil, c’est donc plus de riffs, plus de basse, plus de tout ! Et certains défauts que l’on pouvait reprocher au premier essai se voient en partie corrigés.

La place de Sean Peck tout d’abord, source de reproches de la part de nombreux fans, principalement ceux qui guettaient dans le nouveau projet un succédané de Mercyful Fate, priant pour entendre un nouveau King à la barre du navire. Et ce que Denner/Shermann n’est pas, c’est du Mercyful Fate, même si la pochette “Don’t Break The Oath’s style” – toujours signée Thomas Holm -, laissait penser le contraire ! Le groupe d’origine était un manoir hanté bourré de surprises, versatile et théâtral, devant beaucoup à l’interprétation schizophrénique d’un King Diamond habité de plusieurs esprits, donnant un alibi aux guitares pour changer de direction toutes les trente secondes et enchaîner riffs et soli à un rythme de forcené. Là où Sean avait sur l’EP plus de mal à parfois poser justement sa voix sur des compositions pas forcément pensées pour sa tessiture, tout s’arrange avec un album cette fois-ci effort d’un véritable groupe ayant tout pensé de A à Z. Angel’s Blood rassure d’emblée avec une aisance toute naturelle retrouvée pour le chanteur, les montées dans les aigus paraissant beaucoup plus naturelles et moins forcées. Ce constat s’imposera sur la presque totalité de l’album, et il faudra juste arriver à l’ultime offrande, The Baroness, pour trouver une performance évoluant trop sur le fil du rasoir, au bord de la rupture, et trop vite énervante (un morceau cauchemardesque à interpréter sur scène). Mais le californien aura entre temps eu l’occasion maintes fois de nous faire vibrer et grimper au rideau, comme sur l’épique et mémorable Son of Satan, tout en screams et breaks vocaux gonflés à la testostérone. Il ira jusqu’à muter en un clone d’Ozzy Osbourne sur The Wolf Feeds at Night, probablement inspiré par un sujet proche du célèbre Bark at the Moon de qui vous savez ; j’ai d’ailleurs vérifié à deux fois le livret pour être sûr que la voix du Black Sabbath originel n’était pas inscrite sur la liste des guests ! C’est à s’y tromper !!! Belle performance aussi sur le title-track, avec ce refrain qui s’incrustera dans votre cervelet et vous donnera envie de pousser la chansonnette. J’ai testé et le carrelage de ma douche est depuis sévèrement fendillé, sans parler des plantes vertes qui se sont fait la malle (Note de BHL : Mais qui peut bien mettre des plantes vertes dans sa douche?!)

Denner et Shermann, c’est aussi l’assurance d’une rythmique d’enfer, avec une basse de Mister Grabowski ayant enfin trouvé la place qu’elle mérite, notamment sur Servants of Dagon, morceau bénéficiant d’un vif regain d’intérêt lorsqu’est lancé le break annoncé par le bassiste. Et que dire de la frappe sèche et précise du géant blond ? On reconnaît d’emblée le style inimitable du suédois, imaginant sans peine ses longs bras frapper de façon chirurgicale, travail sublimé sur des titres comme Son of Satan, The Baroness ou Escape from Hell (morceau qui vaut surtout le détour pour le travail accompli par Snowy Shaw).

Et les guitares dans tout cela ? Et bien elles s’en donnent à cœur joie, proposant ce que les duettistes savent le mieux faire, à savoir enchaînement de riffs et soli et rupture de la structure des morceaux au détour d’un break ou deux afin de partir explorer une autre direction, ne confondant jamais vitesse et précipitation. Alors non, ce n’est pas du Mercyful Fate, ok, mais même si ça manque un brin de folie, il faut bien avouer que les deux musiciens sont encore une fois en parfaite osmose, rappelant qu’en la matière la jeune génération n’a hélas guère d’équivalent à offrir. Son of Satan est un véritable plaisir pour les oreilles (et à tous les niveaux, le refrain “simpliste” trouvant quant à lui toute sa justification dans les mantras sataniques ici de rigueur. Putain, c’est Damien, la Malédiction !) : ça break une fois, deux fois, montant de niveau à chaque fois, et ça nous laisse sur le carreau, la bave aux lèvres et l’air idiot d’hébétude ! Et comme Sean a l’intelligence de ne pas ramener la couverture à lui (à la différence parfois de Mr Steene sur Force of Evil !), le tout s’imbrique à merveille pour proposer de bons morceaux à l’ancienne.

Alors oui, tout n’est pas parfait. La production s’avère un peu plate, recherchant sans doute un peu trop l’approche old-school, mais on ne peut lui reprocher l’équilibre ici parfait entre les cinq participants, imposant le groupe comme un modèle du genre à recommander à certains cadors du metal dotés d’un ego démesuré. Il y a aussi, ici ou là, des titres à l’intérêt discutable, Servants of Dagon brillant par son intro groovy mais s’essoufflant hélas aussitôt avant de capter enfin l’intérêt quand explose le break et qu’un riff faisant furieusement penser au Symptom of the Universe de Black Sabbath change soudain la donne. Pentagram and the Cross s’avère limite exaspérant avec son refrain à deux balles, même si là encore ça s’améliore au changement de rythme rencontré en milieu de morceau et que basse et batterie se répondent. Mais dans l’ensemble, Masters of Evil s’avère vite digne d’intérêt, dépassant le stade du all-star band ne valant que par l’étiquette collée sur le CD. Une âme véritable se dégage de tout cela. Elle est peut-être moins evil qu’on l’attendait, c’est certain, mais elle compense largement par l’étincelle encore palpable qui se dégage de cette réunion de vétérans du metal ayant déjà tant fait pour la cause défendue et promettant encore tant. A retrouver sur scène où nombre de titres promettent de prendre une toute autre dimension.

Voilà, ce quatrième volet consacré à Sean Peck se termine et vient clore la série qui lui était consacrée, mais quelque chose me dit qu’un nouveau chapitre est en train de s’écrire. Mon petit doigt m’a glissé à l’oreille qu’un nouveau projet prenait forme, un nouvel album de Cage n’accueillant plus Sean comme unique vocaliste, mais lui assurant le renfort de Tim “Ripper” Owens et celui d’un autre invité non encore dévoilé… Nom d’un scream, elle est pas belle la vie ?

 

Note de BHL encore :  Un bon album que ce “Masters Of Evil”… Seulement, “bon”, ce n’est pas assez pour la paire de gratteux! L’oeuvre aurait dû être un chef d’oeuvre si…. Snowy Shaw avait été derrière le micro, bordel!!! … Bon OK je me tais, il est pas mauvais le Sean Peck et je dois te dire, mon petit Herbert, que je m’y fais toujours plus à chaque écoute! C’était pas gagné au départ, non pas que je n’autorisais pas Denner et Shermann à s’affranchir de leur roi Diamant mais il s’agissait plus d’une question de dimension qui a mis un peu de temps à me parvenir, trouvant les lignes vocales un brin redondantes et parfois éprouvantes. Et puis, il existe un Dieu qui m’a entendu suite à l’EP, on entendra quand même Snowy sur quelques choeurs, là, dans le fond. Par contre, les mecs qui voulaient faire semblant de pas faire du Mercyful, ça aurait certainement été plus crédible sans le gros clin d’oeil du visuel (même si celui-ci est absolument génial) ou avec une direction musicale légèrement différente. Cet album sonne tout de même comme une bonne suite du “9” déjà cité, ne serait qu’à l’écoute du reconnaissable “The Baroness”. Allez, je file me le repasser tiens, le “Masters” pas le “9”… quoique… Sinon, c’est pas mal ce truc de discuter là, sur ta chronique, pendant que tout le monde nous lit… Ça va la famille? Il y a beau temps chez toi?

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