[Chronique] METALLICA – Hardwired… To Self-Destruct : Alors, bien ou pas?

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Bernard-Henri Leviathan : A moins que vous ne veniez de vous réveiller d’un long sommeil entamé au fin fond des montagnes du Wulingyuan, vous êtes à peu près au courant que METALLICA a sorti un nouvel album…. publication forcément accompagnée du débat de circonstance, comme à chaque fois que les mecs essaient de pondre un truc : Alors? Bien ou pas? Pour répondre à cette question épineuse, je vous laisse entre les mains de nos deux thrasheux, ThrashManiac et Mike Elektrökuthör, qui auront plein de choses à vous dire. Moi, je me casse boire un coup, ‘y a de l’underground dans le bar d’à côté!

ThrashManiac (Note : 3/5) : Ca s’annonçait déjà mal avec une pochette pareille… la plus moche de la discographie du groupe selon moi. “Hardwired”, le premier extrait dévoilé et premier titre de l’album, m’avait cependant agréablement surpris avec ses riffs bien Thrash rappelant les débuts du groupe, son rythme bien rapide… Le groupe allait- il faire un “retour vers le passé” ? (Note de BHL : Ah bah attends, si tu fais des blagues, je reste un peu!)

Le double album en main, je découvre la suite. “Atlas, Rise!” et “Moth Into Flame”, bien que moins rapides, offrent quelques harmonies de guitares qui rappellent le Heavy Metal estampillé 80’s et James Hetfield s’en tire très bien niveau chant. “Now That We’re Dead”, situé entre les deux titres cités précédemment, comporte un rythme assez proche d’“Enter Sandman”, pas mauvais, mais assez banal en fin de compte. “Dream No More”, le cinquième titre du premier CD, fait penser aux titres plus Heavy de METALLICA comme “The Thing That Should Not Be“, “Harvester of Sorrow“ ou “ Sad But True”, avec un chant plutôt original sur les couplets…. Petit clin d’oeil au passé, le titre parle de Cthulhu, la créature crée par H.P LOVECRAFT. Enfin, le titre “Halo Of Fire” commence de façon mélodique avant de partir sur des guitares en son clair sur les couplets. Je n’ai pas trop aimé à la première écoute, il m’a fait penser à “Bleeding Me” de “Load” avec sa partie plus lourde en fin de titre. Mais à force, je m’y suis habitué même si ce n’est définitivement pas mon titre favori….

Allez, passons au deuxième CD qui comporte également six titres et débute par un “Confusion” au rythme faisant penser à l’intro de “Am I Evil” (fameuse reprise de DIAMOND HEAD) avant de s’accentuer, laissant James chanter de façon mélodique. “ManUNkind” débute par une intro de basse, mélodie composée par Robert Trujillo. Selon ses dires, il aurait pensé à Cliff Burton, jouant d’ailleurs cette partie aux doigts… Ensuite le titre continue sur un mid tempo pas désagréable. Les riffs font un peu penser à “Load”, soit pas la période la plus appréciée, j’aime cependant….le refrain est sympa. “Here Comes Revenge” débute un peu comme “Leper Messiah” mais revient sur un mid tempo avec encore ces riffs rappelant l’époque post-“Black Album”. Pas le meilleur titre, mais j’ai trouvé pire… le titre suivant….patience… Le mal nommé “Am I Savage” sera en effet le morceau le plus faible de l’album… Pourquoi, me direz-vous? C’est un peu du recyclage de riffs, avec cette ambiance “Load” encore, et il n’apporte rien à l’album…. même le chant n’est pas top… ”Am I Savage”? Non, désolé… “Murder One” est un titre dont les paroles rendent hommage à Lemmy, alors que la musique ne ressemble pas à du MOTÖRHEAD, loin de là. L’intro mélodique fait penser à “Welcome Home (Sanitarium)”, puis la chanson se poursuit sur un tempo bien lourd. On progresse quant au titre précédent… mais le meilleur est à venir!!! L’album se termine avec “Spit Out The Bone”, référence à G.B.H. d’après James Hetfield, qui envoie bien comme il faut, c’est à dire façon Thrash simple et efficace. On y trouve un riff qui peut faire penser à SLAYER (toutes proportions gardées faut pas déconner!). Voilà un excellent morceau pour conclure, avec James se montrant plus agressif, bref, mon préféré avec “Hardwired”!!!!

En résumé, si vous espériez un “remake” des années glorieuses, passez votre chemin, ça n’arrivera pas… Cet album est bien fichu mais j’ai préféré le ANTHRAX pour ma part… Points positifs : James Hetfield, la production moins saturée que “Death Magnetic”, Lars qui utilise la double (il va devoir pratiquer pour restituer tout ça…). Points négatifs: où est Rob Trujillo ? On ne l’entend pas des masses sauf sur le dernier titre, trop de chansons… un simple cd aurait suffit, mais bon, après huit ans, je ne vais pas chipoter…

Mike Elektrökuthör (2/5) : Dire que ce disque était attendu est un euphémisme. En plus, METALLICA a eu la délicatesse de nous offrir quelques titres en guise d’apéritif et il faut dire que le menu semblait alléchant avec ces 3 premiers jets. Le plat de résistance était donc attendu de pied ferme avec un appétit d’ogre.

Une fois le plat sur la table, il a fallu faire face à la présentation qui, pour le coup, laissait vraiment à désirer. C’était moche et ça ne donnait pas envie de goûter. Et puis, en fermant les yeux et en se bouchant le nez, on finit par mordre dedans afin de voir ce que ça donne. Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est un plat surchargé car 2 galettes principales, plus une autre en bonus, ça fait quand même beaucoup… Même pour un gros mangeur. Du coup, on a l’impression de retrouver le menu que METALLICA nous avait servi sur “St Anger” mais avec les recettes de “Load” et “Reload” (principalement), soit un méli mélo de toutes les idées qui sont passées par la tête de nos lascars. Là où il aurait été judicieux de bien doser avec parcimonie, le groupe nous sert tout d’une traite sans nous laisser le temps de digérer ce qu’on vient à peine d’ingurgiter. Et c’est là que le bât blesse… à vouloir trop en faire et être sûr de nous régaler façon “repas du dimanche chez la Grand Mère ”, on ressort groggy, les dents du fond qui baignent et avec un mal de bide qui force à prendre un Malox et de la citrate de bétaïne pour aider à la digestion…

Plus sérieusement, on se serait contenté de 6 où 8 titres au lieu de 12, en gardant bien sûr “Hardwired”, “Atlas, Rise”, “Moth Into Flame”, “Spit Out The Bones”, qui sont de “‘bons” titres et aussi “Lords Of Summer” (qui est en bonus, ce qui est bien dommage…). Le reste est vraiment dispensable car le groupe tourne en rond et se saborde tout seul en ajoutant des longueurs inutiles ou en nous ressortant des airs/riffs déjà entendus et vraiment usés jusqu’à l’os. On savait que l’idée du double album poquait du derche et c’est confirmé, malheureusement. Pourtant, j’y ai vraiment cru quand les premiers titres ont été révélés mais la suite m’a vraiment laissé un arrière goût amer dans la bouche. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas le fait que METALLICA s’éloigne du Thrash au profit d’un Heavy lorgnant sur le Stoner qui me pose problème. Ce qui me dérange, c’est le fait que le groupe n’apprend pas de ses erreurs passées et continue à nous balancer des titres trop longs basés sur un riff en particulier et, du coup, ça tourne en rond et ça devient répétitif et chiant… Un petit peu d’avarice au niveau de la longueur des titres et de leur nombre ne fera pas de mal. Meilleur que “Daube Magnetic” mais les gros points noirs du disque lui enlèvent toute sa saveur… Et puis 4 titres sympas, dont 2 qui seraient presque bons, sur un double album contenant 12 titres, ça ne fait pas un bon album. D’où l’intérêt d’en mettre moins la prochaine fois… Si prochaine fois il y a…

Bernard-Henri Leviathan : Bah alors? Vous y êtes encore ? 2,5/5 de moyenne, on va dire “bof” alors…. Bon les mecs, on va boire un coup? ‘Y a de l’undergound à côté!

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