[Chronique] LUCER – Ghost Town (2019)

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos !
Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...
Herbert Al West - Réanimateur Recalé

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Si je vous dis Danemark, vous commencez à frétiller ! Scène active ayant souvent donné matière à réaliser vos rêves les plus fous, et tout d’un coup vous vous mettez à penser King Diamond (il arrive, il arrive…), Royal Hunt, Pretty Maids, Volbeat, Artillery, Anubis Gate… Ben non, je vais vous parler de tout autre chose, de rock tout simplement, du easy-listening même, car autant vous avouer de suite qu’il y a carrément de gros éléments pop chez Lucer ! Ce n’est pas pour autant qu’il faut fuir, car ce jeune groupe – premier EP en 2014, premier album en 2016 – a de sérieux atouts pour conquérir la scène internationale et maîtrise suffisamment d’éléments nous rapprochant du genre un peu plus costaud qui vous a forcément attirés ici pour vous donner envie de continuer la lecture.

Lucer est donc un groupe de Copenhague, mené par les frères BøgemarkLasse & Anders (chant, basse / guitare), qui a connu un joli succès avec son premier album, Bring Me Good News, suivi d’une tournée européenne intense, avec pas moins de 250 concerts ! Il faut dire que quand on est aidé par Mike Tramp himself (White Lion, Freak of Nature, Mabel, carrière solo… une pointure du hard-rock tout de même !), cador qui les a menés en tournée et jammé avec eux plus d’une fois, ça permet d’avancer plus vite et surtout d’apprendre deux ou trois trucs ! Et comme Lucer est naturellement doué… Leur truc, c’est la mélodie qui accroche, celle que tu as envie de suivre jusqu’au refrain, du genre que tu vas avoir dans la tête toute la journée, et condensé sur un format court : 10 titres, 37 mn ! Alors si vous êtes metalleux – ce que vous êtes forcément si vous lisez ces mots, car Lords of Chaos, c’est pas de la guimauve ! -, il va vous falloir se montrer clairement plus éclectique dans vos goûts pour accrocher un tantinet, genre écouter du Liam Gallagher ou les Dandy Warhols pour commencer. Mais si vous vous penchez sur cette machine à hits qu’est Ghost Town – j’ai compté, 10 titres, 10 tubes potentiels pouvant inonder les radios, et ça, ça ferait un bien fou, faut l’avouer ! -, vous trouverez les échos de quelques références vous parlant plus. C’est ainsi que vous pourrez d’emblée penser à l’efficacité de leurs cousins suédois d’Eclipse en écoutant le titre d’ouverture, Indestructable, en moins hard évidemment, avec ces chœurs efficaces, ce riff enrobant et cette voix qui se lâche sur le refrain. Après les échos de cette guitare reggae que sait si bien manier Sting, on voit passer le spectre éthéré de Muse sur les claviers hantant le titre éponyme, écho de cette banlieue morte située aux alentours de la capitale danoise. Party Like a Rockstar est en droit de vous rappeler SIXX:A.M., avec ses guitares plus saturées que d’ordinaire et ce phrasé typique, composé de ruptures de tons agressives et de montées entraînantes dans le refrain. The Good Life se révèle très catchy, la guitare ne se laissant pas damer le pion par les claviers, pourtant bien présents, et rend difficile l’envie de résister de taper du pied. California, le dernier titre, sera en droit de vous rappeler, en plus édulcoré bien sûr, du Iggy Pop, la voix de Lasse se faisant plus grave et adaptée aux propos de la chanson, montrant un rocker parfumé à l’old-school, avec des claviers me rappelant fort le Clones (we’re all) d’Alice Cooper ! Pour le reste, il y a de quoi accrocher, avec des titres courts et souvent enlevés (pas plus de 3 mn !) et deux ballades bien menées, la plus belle s’avérant être The Night The Music Died, sacré hit en puissance, le côté rock l’emportant sur la mièvrerie habituelle, avec une belle guitare qui traverse le morceau de part en part, telle une flèche perçant un cœur, accompagnée de chœurs et d’un piano sachant se faire discret. Killer se la joue plus acoustique, usant de douceur avant de durcir le ton sur le final. De quoi “slower” comme au bon vieux temps !

Le tout est interprété dans un anglais parfait, très appliqué (on sent bien que ce n’est pas leur langue d’origine et que Lasse fait de gros efforts pour conquérir le monde, alors pas besoin du livret pour comprendre !), aidé par une production au son clair, moderne et massif (Thunder & Lightning Music). Et si je vous dis que le tout a été mixé et masterisé par Tue Madsen en personne (Moonspell, Dark Tranquillity, Dagoba, Hatesphere…), vous comprendrez mieux pourquoi Lucer a toute sa place en ce lieu, même s’il est volontiers pop et traversé de machines et d’effets qui rebuteront les adeptes d’une scène plus musclée. Ghost Town est le genre d’album qui pourra ravir votre femme si elle ne goûte pas du tout votre Marduk et se révèle être un album de rock moderne fort agréable à écouter, empli d’échos qui parleront à certains, et qui embrasse large afin de mieux conquérir le monde (envie clairement affichée et compréhensible de quitter un lieu perdu, comme le montre fort bien le clip de Ghost Town).

Un groupe dont on pourrait bien entendre parler dans le futur, et à l’échelle que visent ces jeunes aux dents longues. On prend le pari ?

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