[Chronique] JOSE RUBIO – Forbidden Dreams

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Herbert Al West - Réanimateur Recalé

Grand amateur de films d'horreur et de musiques de films, j'ai découvert le monde du metal par ce biais là. D'abord de façon presque subliminale en découvrant, jeune adolescent impressionnable, le clip d'Alice Cooper réalisé pour Vendredi 13, Chapitre VI (la chanson He's Back, The Man Behind The Mask). Mais c'est surtout le visionnage du film Shocker (Wes Craven, 1989) et sa formidable bande son qui me firent basculer du côté obscur. J'ai donc commencé par Alice Cooper, Kiss, Megadeth, Bonfire et pas mal d'autres. Mes goûts en matière de metal sont très variés, selon l'humeur, allant de l'AOR au Death Metal en passant par beaucoup de Heavy classique, du Thrash et du Prog, sans oublier le Metal Sympho. Les albums que j'ai le plus usé sur ma platine sont incontestablement : Rust in Peace, de Megadeth, Painkiller, de Judas Priest, Seventh Son of a Seventh Son, d'Iron Maiden, Antichrist Superstar, de Marilyn Manson, Great Escape, de Seventh Wonder, The Divine Wings of Tragedy, de Symphony X, In Their Darkened Shrines, de Nile, Victory Songs, d'Ensiferum, 1614, d'Opera Diabolicus, At The Edge of Time, de Blind Guardian, Herzeleid, de Rammstein, Opus Eponymous, de Ghost, Seasons in the Abyss, de Slayer, Hell Destroyer, de Cage, Bent out of Shape, de Rainbow, Legendary Tales, de Rhapsody, Cruelty and the Beast, de Cradle of Filth, Battle Magic, de Bal-Sagoth, A Retrospective, d'Empyrium, The Fourth Legacy, de Kamelot, Horrorscope, d'Overkill, Panzer Division Marduk/Nightwing, de Marduk, et l'intégrale de Dio, d'Alice Cooper et d'Iced Earth ! Je déteste voir de brillants projets sombrer dans l'oubli et le split pur et simple, comme par exemple le sublime Slaves for Life d'Amaseffer, qui restera à mon avis fils unique à tout jamais. J'ai tenu un blog orienté metal, mais aussi BOF et films tout court. Mais il me manquait pour m'épanouir de rejoindre cette bande de fous que forment les Seigneurs du Chaos !
Ah oui, et comme vous l'avez remarqué, j'adore écrire long...
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Votre serviteur est comme tous les autres, après les réveillons, il a la tête en vrac, mais n’a pas pour autant voulu réduire son travail de chroniqueur, bien au contraire (l’effet “bonnes résolutions”, vous devriez me voir pas mal dans les prochains jours !). Alors il a pioché tout doux dans la vaste pile accumulée. Le plus simple étant de s’attaquer à quelque chose de dépouillé au possible, et pas du trop bruyant. Forbidden Dreams, de l’espagnol Jose Rubio, lui parut ainsi le meilleur choix. Pensez donc ! Un album de guitar hero, sans voix, avec un gaillard qui s’est occupé comme un grand de tous les instruments, et sur un format court ne dépassant pas les 35 mn ! Parfait pour commencer 2019 en douceur.

Présentation du bonhomme, qui est loin d’être un manche dans le monde de la guitare (notez le fin jeu de mots !). Très vite convaincu que son avenir passerait par la six-cordes, Jose acquit une solide formation niveau blues et jazz (cela se ressent dans le feeling qu’il dégage encore aujourd’hui) et très vite s’orienta vers sa passion première et genre qui nous intéresse, le heavy metal ! Membre de plusieurs groupes, il se battit une belle réputation, fut souvent remarqué par les revues spécialisées et reçut des formations de maître en la matière tels que Robert Rodrigo (Airless), Steve Morse, Richie Kotzen et Frank Gambale parmi les plus connus.

Au nombre des groupes auxquels il participa, on peut citer notamment Nova Era, avec le fabuleux chanteur qu’est Ronnie Romero (Rainbow, The Ferrymen, Lords of Black), et je ne peux que vous recommander leur premier album, qui ravira les amateurs de guitares et de cette voix déjà si prometteuse ! On peut y rajouter Warcry, Evil Hunter, Galilea, Megara et Ouroboros. A noter que la réputation du guitariste grandissant, son nom fut modestement rajouté au patronyme de l’un de ses groupes, et on vit ainsi apparaître Jose Rubio’s Nova Era. Le bonhomme sortit également en 2008 un album solo, portant déjà son nom seul, Castles in the Moon.

Côté influences majeures pour l’album qui nous intéresse, on peut citer sans hésiter un certain Joe Satriani, même s’il est à noter ici ou là la patte de Vinnie Moore ou celle de Marty Friedman (en solo). Et puisque l’on parle du grand Satriani, maître étalon en matière de guitar hero, on pense assez vite après quelques écoutes à l’album The Extremist (1992), qui ne restera pas, et pour beaucoup, le plus mémorable de sa carrière, avec le recul que celle-ci offre aujourd’hui. Et malheureusement, il faut avouer que Jose joue de plus un cran en dessous de l’inspiration qu’avait Satriani à l’époque. Alors attention, tout est relatif et reste à mesurer, car je dois avouer prendre du plaisir à réécouter de temps en temps (pas trop quand même) The Extremist, voyant s’imposer sur certains titres des images de surfeurs montés sur d’impossibles vagues (la faute à Hulot et son émission Ushuaïa, il adorait mettre Satriani en fond, surtout Surfing with the Alien, modèle que Jose Rubio eut été bien plus inspiré de suivre). C’est très bien interprété, surtout quand on sait que le bonhomme a travaillé seul sur tous les instruments, mais cela manque de variété, de variations dans les mélodies. Et surtout d’une émotion pour faire vivre les titres ! Qui, en écoutant le premier morceau, Land of Terror, va imaginer un seul instant une musique collant au titre et aux promesses qu’il laissait entrevoir ? Et puis, là où Satriani savait relever l’intérêt d’un morceau en livrant un break bienvenu, une nouvelle direction musicale, l’ibère se contente d’aligner l’équivalent couplet/refrain, la force de la voix en moins. Infinity est hélas à ce titre le morceau peut-être le mieux nommé, avec ses 5 mn 30 fort peu relevées par un court intermède qui tombe très vite à plat. C’est long, c’est long. Until the End (The Red String) nous lance doucement sur la piste d’une belle mélodie intimiste, mais s’avère trop vite coupé (1 mn 48) et dénote un intérêt douteux. Vient ensuite la ballade de l’album, toute en feeling et doigté, Without You. C’est indéniablement beau, avec une guitare dont on ressent toute la sensibilité, mais là encore, le rythme reste le même du début à la fin, faisant de ce beau morceau un titre digne d’une fin de banquet de mariage, quand tout le monde est à moitié grisé, moitié parti. Et que dire du solo de claviers, qui n’ajoute rien au morceau, bien au contraire. Mastermind ressemble à du Satriani, trop pour être honnête et s’appesantir dessus (il est pourtant bon, mais déjà entendu). Reste l’étonnant Lionheart, un morceau épique comme pouvait le laisser deviner le titre (enfin une promesse tenue !). Rythmique enflammée, vaillante au possible, qui réveille l’auditeur et lui faire croire qu’il a changé d’album. Cela démarre au piano, par légères touches, comme si l’on se trouvait devant un paysage embrumé, puis la machine s’emballe et les cavaliers chargent ! Dommage qu’interviennent ces chœurs en plastique, venant d’un sample acheté au rabais. Pourquoi ne pas avoir fait intervenir de vrais chœurs ? Question de moyens peut-être ? Il a bien quelques potes quand même qui auraient pu pousser la chansonnette ! A un moment, j’ai cru reconnaître le thème de l’Agence Tous Risques, et ça m’a fait bien rigoler (c’est assez fugace, mais quand même vous me direz si comme moi vous l’avez noté). Pêchu, relevé par une batterie plus impliquée, ce morceau est pour moi le plus réussi de l’album, et heureusement car il s’agit du plus long. Jose s’y montre enfin comme un bon schredder, même si là encore, un gros break eut été le bienvenu.

Tout se termine avec No Mercy, titre facile pour Satriani, euh, pour José Rubio. En fait, c’est pas mal du tout, et ça varie et avance vite sur une plus courte durée, mais cela fait trop penser au travail déjà accompli, et en tellement mieux par qui vous savez, même si je le répète la référence The Extremist (alternance de titre pêchus et de ballades plus douces), n’est pas la meilleure du oeuvre maître. En bref, Jose Rubio nous livre avec Forbidden Dreams un condensé de ses influences, un album vraiment réservé aux amateurs de guitar hero ayant totalement mis de côté l’apport des voix. Pas mauvais, mais certainement pas de quoi relever la flamme d’un genre old-school n’ayant pas non plus fait d’étincelles depuis longtemps. Bon, j’avoue ne pas être un amateur des prouesses individuelles, hormis quand elles entourent une personnalité hors du commun (Burzum ou Devin Townsend, au hasard et dans un tout autre genre ?), ce que n’a pas à mon sens Jose Rubio. Alors mon avis ne peut en l’état qu’inciter à la prudence et inviter l’amateur passionné du genre à se forger une opinion par lui-même. Il aura peut-être une agréable surprise. Mais je le répète, si vous voulez entendre l’artiste à son meilleur, jetez les deux oreilles sur Nova Era !

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